PROWL
Titre: Prowl
Réalisateur: Patrik Syversen
Interprètes: Courtney Hope

 

Joshua Bowman
Perdita Weeks
Ruta Gedmintas
Saxon Trainor
Bruce Payne
 
Année: 2010
Genre: Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Deux ans après son très prévisible mais relativement efficace MANHUNT, Patrik Syversen revient avec une nouvelle série B tournée sous l’égide de la After Dark Films. Chaque année, cette compagnie, dirigée par Courtney Salomon, propose ainsi une salve de huit titres à budget réduit majoritairement destinés à la vidéo et regroupé sous la dénomination « After Dark Horror Fest – 8 Films to die for ».

Très convenue, l’intrigue de PROWL suit la jeune Amber (Courtney Hope) partant pour Chicago afin de changer de vie et décidée à laisser derrière elle son petit bled de province. La demoiselle est accompagnée de quelques amis qui, suite à une panne de voiture, acceptent l’aide d’un chauffeur routier. Ce-dernier se propose de les véhiculer et les installe à l’arrière de son camion pour parcourir un bout de chemin. Malheureusement, en dépit de toutes leurs précautions, la bande de jeunes est tombée dans un piège mortel. Le camionneur, en effet, les conduit droit vers un entrepôt où ils serviront de gibier à une escouade de vampires bestiaux assoiffés de sang.

Illisible dans ses scènes d’action shootées avec une insupportable shaky-cam qui empêche de discerner quoique ce soit, PROWL ne démontre jamais, hélas, la plus infime originalité, que ce soit dans son intrigue ou dans ses rebondissements. De grosses invraisemblances n’aident pas, non plus, à apprécier une ballade mettant à rude épreuve la trop galvaudée « suspension d’incrédulité » du spectateur. Ainsi les jeunes en panne préfèrent s’en remettre à un inconnu plutôt que de chercher de l’aide dans leur ville natale, pourtant si proche que l’un d’eux déclare « pouvoir voir sa maison ». Dans le même esprit, ils prennent des photos du camion et les envoient par précaution à leurs amis mais cette bonne initiative se voit aussitôt oubliée par le scénariste. En effet, ces idées frappées du sceau du bon sens n’aboutissent à rien et ne dissuadent absolument pas le chauffeur routier de les envoyer au trépas.

Tout PROWL semble ainsi ouvrir l’une ou l’autre porte et proposer un minimum d’originalité ou de crédibilité avant que le film ne revienne, paresseusement, à un schéma éculé et linéaire.

Choisissant, probablement pour des raisons budgétaires, de situer les trois quarts de son scénario dans un lieu clos (tout d’abord un camion puis un vaste entrepôt), Syversen opte également pour un tournage nocturne conférant à PROWL une certaine atmosphère et masquant surtout la pauvreté des moyens. La caractérisation des vampires, véritable horde hurlante proche de 30 JOURS DE NUIT, reste, pour sa part, rudimentaire et leur faculté de se déplacer en plein jour peut choquer les puristes.

Heureusement, l’actrice principale, la débutante Courtney Hope, parvient à nous intéresser à son personnage et à le rendre suffisamment intéressant pour que le gros retournement de situation final touche réellement le spectateur. Ce twist, pas trop mal amené et plutôt logique, fonctionne donc correctement et rend PROWL sympathique même si les nombreuses incohérences et pistes laissées inexplorées empêche de le considérer comme une réussite, même mineure.

Toutefois, PROWL se révèle plaisant dans sa modestie et constitue une manière acceptable d’occuper quatre-vingt minutes de son temps. Les effets spéciaux et les maquillages gore, confectionnés avec les moyens du bord, restent également satisfaisants et le principal reproche que l’on peut adresser au métrage réside surtout sans sa caméra épileptique épuisante.

En dépit de ses nombreux défauts, le second film de Syversen remplit globalement son contrat, de préférence si on le visionne en Festival et dans une ambiance adéquate. Néanmoins, son manque d’originalité, sa mise en scène atteinte de Parkinson aigu et ses invraisemblances criantes ne permettent pas de l’élever au-dessus de la moyenne.

Le film fut présenté au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF) - 2011

Fred Pizzoferrato - Avril 2011