PSYCHOS IN LOVE
Titre: Psychos in Love
Réalisateur: Gorman Bechard
Interprètes: Carmine Copobianco

 

Patty Chambers
Carla Bragoli
Carrie Gordon
Angela Nicholas
 
 
Année: 1987
Genre: Comédie gore
Pays: USA
Editeur Uncut Movies (VHS)
Critique:

Petit budget ayant acquis une vague réputation culte, PSYCHOS IN LOVE offre exactement ce que promet son titre : l’histoire d’amour passionnée entre deux tueurs en série. Nous découvrons donc Joe, un barbu débonnaire qui explique à la caméra sa grande passion : assassiner de jolies filles. Un quotidien routinier bientôt modifier par la rencontre de Diane, une très jolie demoiselle…Le grand amour est donc là mais une inconciliable différence (elle adore les raisins, il les déteste) pousse Joe a supprimer Diane.

Heureusement notre brave serial killer finit par rencontrer Kate, une belle manucure qui, elle aussi, déteste le raisin. Devant ce signe du destin Joe invite Kate à une soirée drive-in avant de lui révéler qu’il est un tuer en série. Mais la manucure aime elle aussi tuer des gens…Joe et Kate sont donc fait pour vivre ensemble et ils décident de s’installer tous les deux et de profiter de leur amour.

Bien sûr, Joe et Kate préfèrent opter pour une relation moderne et saine qui les autorise à quelques écarts : chacun pourra donc continuer à tuer de son côté, Joe se concentrant sur les filles chaudes et faciles, Kate sur les dragueurs de bar. La vie continuerait donc tranquillement, même si l’ennui s’installe comme dans tous les couples, si Herman, le plombier cannibale, ne décidait de venir chasser dans la même ville que nos deux amoureux.

PSYCHOS IN LOVE est davantage une comédie satirique qu’un authentique slasher. Tourné par Gorman Bechard (auteur du similaire CEMETRARY HIGH), le métrage aligne les meurtres saignants et les répliques humoristiques avec une vraie bonne humeur. Au niveau du gore, Bechard se montre relativement généreux mais les effets sont souvent assez faciles et les maquilleurs se contentent d’asperger de sang les personnages.

Le film est donc quelque peu décevant à ce niveau même si certains excès ne seront pas du goût de tout le monde. De manière générale l’horreur se veut seulement comique, à la manière de TOXIC AVENGER ou BLOOD DINER. Les gags et passages humoristiques sont nombreux, citons par exemple cette scène au cours de laquelle une victime n’arrête pas de revenir à la vie sur une musique très connotée slasher (« qui est elle ? Le Terminator ») renversant le cliché du psycho killer se relevant sans cesse. Couteau, poëlle à frire, fusil,…il en faudra beaucoup pour arrêter la pauvre femme couverte de sang.

Notons aussi une scène de mariage complètement délirante et, surtout, de nombreuses lignes de dialogues satiriques et décalées, voire complètement absurdes (« nous pourrions avoir des bébés dans ce living room » déclare très sérieusement une future victime). Et les problèmes conjugaux de nos deux tueurs se révèlent eux aussi souvent drôles, en particulier lorsque la lassitude et la routine finissent par tuer le désir et la passion (« Tuer des gens n’est plus amusant à présent » soupire Kate).

Pour s’occuper le couple loue également des cassettes à la consternation du personnel du video club (« Donc, voilà VENDREDI 13 première partie, deuxième partie, troisième partie, quatrième partie, cinquième partie, HALLOWEEN, HALLOWEEN 2, HALLOWEEN 3, PSYCHOSE, PSYCHOSE 2,… »). Dans une tradition purement burlesque (ou films Z), le microphone apparaît parfois dans le champ mais les acteurs se contentent de le repousser et de continuer leur scène comme si de rien n’était. Lors du final un plan plus large révèle les techniciens en train de filmer Joe aspergé de sang par des maquilleurs enthousiastes.

Un discours récurent nous apprend aussi à quel point le personnage principal déteste le raisin : « je déteste le raisin, je peux pas supporter le raisin, toutes les sortes de raisins, je hais les raisins violets, les raisins verts et les raisins avec des pépins et les raisins sans pépin, avec la peau et sans la peau, je les déteste par grappes, je déteste le raisin seul, par deux ou par trois, je déteste ces putains de raisins ». Un monologue complètement aberrant qui fit pourtant beaucoup pour la réputation de ce métrage hors normes.

Bref, PSYCHOS IN LOVE donne dans toutes les formes d’humour avec plus ou moins de réussite, à la manière des métrages des Monty Pythons ou des productions Troma. Au niveau de l’interprétation il ne faut pas attendre des performances exceptionnelles mais les deux acteurs principaux sont parfaits pour le rôle. Debi Thibeault est mignonne, sexy et disjonctée, ce qui la rend idéale pour incarner la tueuse en série souriante. Carmine Capobianco, également scénariste du film, est amusant et concerné par son rôle.

Le reste de la distribution compense son amateurisme par un bel enthousiasme, tous semblent conscients de jouer dans un titre décalé et non un simple slasher de série. Les actrices sont, pour leur part, plutôt sexy et ne se privent pas de révéler leur anatomie pour les raisons les plus futiles.

Gorman Bechard a compris les ingrédients essentiels à un slasher humoristique : des gags, des références, des dialogues absurdes, des meurtres sanglants, des filles seins nus toutes les cinq minutes…Sans oublier une musique décalée et une chanson titre aussi catchy que stupide. Le tout fut plus tard adapté sous forme de pièce de théâtre, grossissant encore la réputation culte de cette oeuvrette sans prétention.

Dans l’ensemble PSYCHOS IN LOVE est donc un divertissement sympathique en dépit de ses nombreuses faiblesses. Le manque flagrant de rythme et le scénario troué de partout (sans doute en grande partie improvisé) empêchent toutefois de le considérer comme une vraie réussite.

En dépit d’une durée restreinte (un peu moins de 90 minutes), PSYCHOS IN LOVE paraît souvent longuet et saccadés, ressemblant davantage à une suite de sketches plus ou moins aboutis qu’à un véritable film. L’absence de conclusion accentue encore cette impression et laisse le spectateur sur une impression mitigée. Les amateurs de micro-budget, d’humour absurde, de nudité gratuite et de gore parodique peuvent toutefois y jeter un œil amusé.

A condition de ne pas en attendre un chef d’œuvre, PSYCHOS IN LOVE se révèle agréable, même si sa réputation de « cult-classic underground » semble largement usurpée.

Pour les curieux, donc.

Fred Pizzoferrato - Octobre 2008