PUMPKINHEAD - LE DEMON D'HALLOWEEN
Titre: Pumpkinhead
Réalisateur: Stan Winston
Interprètes: Lance Henriksen

 

Jeff East
John D'Aquino
Kimberly Ross
Joel Hoffman
Kerry Remsen
George 'Buck' Flower
Année: 1988
Genre: Horreur / Fantastique
Pays: USA
Editeur  
Critique:

PUMPKINHEAD est le premier des deux longs-métrages réalisés par Stan Winston. Ce dernier, décédé en juin 2008, fut un des plus grands spécialistes des effets spéciaux et travailla sur des productions de prestige comme les TERMINATOR, PREDATOR ou encore JURASSIC PARK. Au milieu des années 80, comme bien d’autres maquilleurs, Stan Winston décida de se lancer dans la mise en scène. PUMPKINHEAD fut sa première œuvre, un récit d’épouvante très convenu mais sympathique devenu depuis un modeste classique et ayant suscité trois séquelles (un direct to vidéo signé Jeff Burr en 1993 et deux téléfilms en 2006 et 2007).

Produit pour un petit budget (estimé à 3 500 000 dollars) par Dino De Laurentis, PUMPKINHEAD propose une intrigue convenue dont toute la première moitié rappelle fortement le roman « Simetierre » de Stephen King.

Lance Henricksen, lequel venait de jouer dans ALIENS et AUX FRONTIERE DE L’AUBE, incarne Ed Harley, un père vivant tranquille avec son jeune fils dans un bled perdu des Etats-Unis. Malheureusement une bande de jeunes crétins adeptes de l’alcool et de la vitesse débarque pour faire de la moto et ce qui devait arriver finit évidemment par se produire : un des teenagers écrase le gamin et s’enfuit sans demander son reste. Fou de douleur Ed Harley se rend chez une sorcière locale et lui demande de le venger. Le démon Pumpkinhead, ainsi réveillé, part traquer les jeunes…

A partir d’une intrigue somme toute prévisible Stan Winston parvient à tirer une réflexion sur la soif de vengeance de son personnage principal. Au départ présenté comme plutôt sympathique, Ed Harley perd progressivement son humanité alors qu’il développe une étrange relation avec le démon, lequel pour sa part s’humanise légèrement. Lance Henricksen joue avec beaucoup de conviction ce pauvre père brisé par la mort de son fils et apporte une véritable plus-value au récit alors que les adolescents, malheureusement, se contentent de se comporter comme n’importe quelles victimes de Jason ou d’un quelconque tueur en série.

La partie centrale de PUMPKINHEAD s’apparente d’ailleurs à un slasher routinier, le monstre démoniaque traquant et tuant ses victimes dans une suite de mise à mort légèrement sanglantes mais sans excès. On pense aussi, vaguement, à EVIL DEAD pour le cadre forestier de ce carnage et certains plans d’attaque mais nous sommes loin de la folie visuelle du métrage de Sam Raimi. Au contraire, Stan Winston développe une atmosphère plus traditionnelle et se réfère volontiers à l’épouvante à l’ancienne via un classicisme bienvenu inspiré par le fantastique gothique.

Au niveau des effets spéciaux, le studio de Stan Winston a confectionné un démon à la silhouette décharnée, rappelant parfois un Alien, qui évolue dans des décors nocturnes de toutes beautés, baignés de fumées bleutées et éclairés par la lumière lunaire. La maison de la sorcière, la forêt hantée par le démon de la vengeance ou le cimetière maudit sont autant de décors réussis et très photogéniques parvenant à élever PUMPKINHEAD au dessus de la masse de série B horrifiques sorties à la même époque.

Malheureusement, toutes ces qualités visuelles ne peuvent faire oublier les faiblesses d’un scénario assez prévisible manquant de suspense et de véritable tension. Après un début bien mené le métrage perd une partie de son intérêt et se contente d’une suite de meurtres assez lassante. Si l’atmosphère macabre fonctionne de belle manière, les mises à mort se succèdent de façon trop routinière et répétitive pour générer le frisson.

Le gore, pour sa part, est pratiquement absent et le rythme assez inégal entraîne un certain ennui. Dommage que toute cette partie centrale du métrage manque vraiment de mordant et peine à maintenir l’intérêt, en dépit d’un visuel toujours classieux.

Heureusement le dernier quart d’heure s’avère plus réussi et illustre bien la relation fusionnelle existant entre le démon et le père revanchard. C’est déjà çà et cela permet de conclure le métrage sur une note plus positive en offrant aux spectateurs une poignée de considérations plus ou moins bien amenées sur la vengeance, la culpabilité et les conséquences de chaque acte posé! Rien de transcendant mais de bonnes idées et une volonté appréciable de sortir de la routine d’un simple enchainement de morts sanglantes.

La mythologie développée et les références aux légendes et au folklore sont, pour leur part, plutôt intéressantes avec un louable souci de donner un véritable background à ce Démon vengeur que Winston souhaite voir entrer au panthéon des grands monstres du bestiaire fantastique. Mission en partie réussie tant la créature s’avère splendide à regarder.

PUMPKINHEAD se révèle au final une honnête petite série B horrifique dont les qualités visuelles feront oublier les faiblesses du script. Pas un chef d’œuvre mais un sympathique divertissement qui se laisse voir avec plaisir pour les nostalgiques du cinéma d’horreur des années 80.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2010