PUMPKINHEAD II
Titre: Pumpkinhead 2: Blood Wings
Réalisateur: Jeff Burr
Interprètes: Andrew Robinson

 

Ami Dolenz
Soleil Moon Frye
J. Trevor Edmond
Alexander Polinsky
Linnea Quigley
Roger Clinton
Année: 1994
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Le Pumpkinhead, autrement dit le Démon de la Vengeance, apparaît pour la première fois en 1988 dans une honnête réalisation du spécialiste des effets spéciaux Stan Winston. Inspirée par un poème et diverses légendes, la créature constitue un solide ajout à la mythologie de l’épouvante, tant son design majestueux emporte immédiatement l’adhésion.

En dépit d’une intrigue assez convenue (un homme invoque une créature surnaturelle pour se venger d’une bande de jeunes ayant accidentellement tué son jeune fils et découvre que le prix à payer s’avère plus pesant que prévu), PUMPKINHEAD s’impose au fil des années comme un petit classique des années ’80 dont l’ambiance fantastique rétro flirtant avec le gothique se révèle des plus agréables.

Malgré des possibilités de développements assez restreints (difficile de s’écarter du schéma de la vengeance et de s’affranchir des éléments mythologiques mis en place dans le premier film), PUMPKINHEAD 2 sort en 1994 sans susciter l’enthousiasme. Il faut avouer que l’esthétique souvent magnifique de l’original laisse la place à une mise en scène sans imagination typique des productions « direct to vidéo » au rabais uniquement produites pour capitaliser sur une franchise rentable.

La réalisation est pourtant confiée à Jeff Burr, un cinéaste ayant débuté de belle manière avec une anthologie à sketches rétro de fort bonne facture intitulée NUITS SANGLANTES. Hélas, la suite de sa carrière fut moins glorieuse, le bonhomme se spécialisant assez rapidement dans les séquelles vite mises en boite comme MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 3, LE BEAU PERE 2 ou encore PUPPET MASTER IV et V. Apparemment appelé à la dernière minute pour diriger ce PUMPKINHEAD 2, Jeff Burr doit se débrouiller avec un budget minimal (on parle d’un million de dollars !) et emballe le tout en moins de trois semaines.

L’intrigue débute à « Ferren Woods », en 1958 et, comme nous sommes dans le passé le film débute évidemment par un noir et blanc légèrement teinté se voulant sans doute chic et pas cher. A cette époque, la sorcière des bois, nommée Osie, prend soin de Tommy, l’idiot du village au visage déformé, risée des jeunes voyous du coin et en particulier de la bande des « red wings ». Ceux-ci finissent par poursuivre Tommy jusqu’à l’inévitable mine abandonnée et, après l’avoir roué de coups et poignardé, ils le pendent et le balancent au fond du puits.

Une génération s’écoule et de nouveaux jeunes, tout aussi débiles que leurs géniteurs, continuent à faire les idiots à Ferren Woods, provoquant par exemple un incendie dans lequel se trouve coincée Osie, la sorcière des bois. Emmenée à l’hôpital avec un pied (et demi !) dans la tombe, la sorcière convoque Tommy, devenu l’incarnation du Pumpkinhead, pour punir ses tourmenteurs, lesquels l’ont involontairement éveillé en répandant du sang sur son corps et en baragouinant quelques formules ésotériques.

L’intrigue de PUMPKINHEAD 2 apparaît évidemment comme banale et sans saveur pour la majorité des spectateurs, se contentant de recopier l’original en le vidant de sa substance et de son intérêt. Le personnage de Lance Henricksen n’est plus de la partie et toute la thématique concernant la culpabilité se voit évacuée pour laisser la place à une très banale vengeance adoptant les codes du slasher. Les principaux protagonistes, tous sans épaisseur, se font massacrer un par un tandis que le shérif (Andrew J. Robinson) enquête mollement et finit par découvrir la vérité.

On n’échappe pas non plus aux dialogues sans intérêt et aux clichés, comme celui de la sorcière aveugle déclarant solennellement « These eyes can see more than you know, boy ». Bref, rien de transcendant. Au niveau du casting, l’ensemble apparaît bizarrement partagé entre quelques acteurs confirmés effectuant un boulot décent et interprètes amateurs jouant affreusement faux. Andrew J. Robinson (il fut le tueur Scorpio dans L’INSPECTEUR HARRY avant d’obtenir un rôle récurent dans « Star Trek Deep Space Nine » et on le vit aussi en vedette dans COBRA et, surtout, HELLRAISER) se révèle convaincant aux côtés de Soleil Moon Frye dont chacun se souvient pour son rôle dans la série télévisée Punky Brewster. Glorya Hendry, star mineure de la blaxploitation, et Amy Dolenz (la fille du chanteur des Monkees) sont également de la partie et, comme dans toute série B de cette époque qui se respecte, Linnea Quigley vient nous montrer son anatomie dans une séquence n’ayant aucun intérêt pour l’intrigue mais indispensable à tout amateur de fantastique mâle normalement constitué.

Pour rester dans l’anecdote signalons également la présence furtive de Kane Hodder ayant incarné à quatre reprises Jason (dans les volumes 7 à 10 de la saga VENDREDI 13). Quand au maire de la ville, il s’agit de Roger Clinton…le demi-frère de Bill, effectuant là ses débuts !

Les effets spéciaux, pour leur part, sont cependant de bonne qualité. Même si on distingue parfois un peu trop l’homme sous le costume, le design du Pumpkinhead (rappelant un peu celui d’ALIEN) est toujours très réussi et les maquillages gore, également signé des spécialistes de KNB, s’avèrent très corrects. Dommage que le scénario suscite plus d’ennui que de frissons durant les deux tiers du temps de projection, uniquement meublés par les apparitions éclairs du monstre venu tuer l’une de ses victimes.

Heureusement, la dernière demi-heure se montre plus intéressante, Jeff Burr proposant quelques séquences efficaces en dépit d’une imagerie convenue. Le Pumpkinhead poursuit ses proies la nuit, dans une forêt nimbée de brouillard bleuté, et commet quelques meurtres plus ou moins sanglants, dont un double empalement et un arrachage de tête bien exécuté.

En définitive, PUMPKINHEAD 2 n’est pas un grand film mais nous sommes loin de la catastrophe annoncée par certains. Dans la masse des productions horrifiques à petit budget destiné à grossir les étagères des vidéoclubs, le métrage de Jeff Burr fait plutôt bonne figure et se révèle décent.

Quoique sans génie et très linéaire, cette séquelle saura probablement contenter les inconditionnels du genre et leur faire passer une petite heure et demie au moins divertissante. C’est déjà pas si mal même si, avec le recul, PUMPKINHEAD 2 apparaît comme le chapitre le plus faible de la tétralogie!

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2010