PUMPKINHEAD III: LES CONDAMNES
Titre: Pumpkinhead: Ashes to Ashes
Réalisateur: Jake West
Interprètes: Doug Bradley

 

Lance Henriksen
Douglas Roberts
Lisa McAllister
Tess Panzer
Emanuel Parvu
Ioana Ginghina
Année: 2006
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Modeste production réalisée par Stan Winston, le maestro aujourd’hui décédé des effets spéciaux, PUMPKINHEAD (alias LE DEMON D’HALLOWEEN) ne fit guère de bruit à sa sortie (en 1989) mais gagna par la suite un fort capital de sympathie auprès des amateurs de cinéma fantastique. Une première séquelle, destinée au marché de la vidéo, voit logiquement le jour en 1994, signée du spécialiste de la « suite » Jeff Burr (MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 3, LE BEAU PERE 2, PUPPETMASTER 3 et 4) sans retenir l’attention.

Il faut attendre 2006 pour que le démon de la vengeance ne revienne, sous l’égide de Sci Fi Channel, au travers de ce PUMPKINHEAD 3 – LES CONDAMNES, immédiatement suivi par le similaire PUMPKINHEAD 4 – LES SACRIFIES.

Cette seconde séquelle ignore totalement PUMPKINHEAD 2 – BLOOD WINGS et convie Lance Henriksen à reprendre son rôle de Ed Harley, l’homme responsable de la renaissance du « démon à tête de citrouille ». Jake West (RZAOR BLADE SMILE, EVIL ALIENS), petit espoir de la série B horrifique s’octroie pour sa part le poste de metteur en scène et emballe le métrage avec un certain style compte tenu du manque de moyens et des ambitions limitées.

Ed Harley est mort et enterré depuis des années mais la petite ville où sévissait jadis le Pumpkinhead doit faire face à une nouvelle menace, une bande de trafiquants d’organes menés par l’apparemment très respectable Doc Frasier (joué par un Doug « Pinhead » Bradley pour une fois à visage découvert et s’éloignant de son rôle récurent dans la saga HELLRAISER). Leurs méfaits découverts, les trafiquants d’organes deviennent la cible d’une bande de citadins courroucés. Ceux-ci demandent une nouvelle fois l’assistance de la vieille sorcière locale, laquelle accepte de convoquer Pumpkinhead, le démon de la vengeance, pour supprimer Frasier et ses complices.

PUMPKINHEAD 3 ne cherche pas à révolutionner la franchise mais reprend grosso modo l’argument du premier film en tentant de lui donner une certaine ampleur et une petite ambigüité (les personnages sont plus travaillés et l’intrigue moins manichéenne que dans la moyenne des séries B horrifiques récentes). Le résultat ressemble donc autant à une suite (de nombreux flashbacks nous le rappelle) qu’à un simple remake réactualisé de l’œuvre de Stan Winston, la mythologie de la saga ne permettant de toutes manières que peu de variations sur les thèmes classiques de la vengeance et de la culpabilité.

Au niveau des interprètes, Doug Bradley se la joue grand méchant et s’avère crédible et inquiétant sans devoir recourir à son maquillage coutumier. Lance Henriksen, de son côté, apporte beaucoup de vie à sa composition même si il doit se contenter d’un rôle plus anecdotique. Les acteurs secondaires ne semblent pas tous aussi concernés mais, si certains se contentent du strict minimum, la plupart paraissent soucieux d’offrir un bon boulot et demeurent convaincants, ce qui, dans ce genre de petits produits, constitue déjà une bonne surprise. Reste qu’il ne faut pas attendre de miracle au niveau du casting mais est-ce vraiment ce que le public attend d’un titre comme PUMPKINHEAD 3 ?

Sans doute pas. La créature elle-même garde pour sa part son design traditionnel et une partie de son charme rétro, en dépit de ses similitudes évidentes avec un « Alien » mais les effets spéciaux ne suivent pas toujours. Quoique le costume soit plutôt réussi, la mise en scène peine à rendre convaincant la créature et à faire oublier qu’il ne s’agit que d’un figurant costumé. Stan Winston avait sut rendre le Pumpkinhead bien plus menaçant et les passages en images de synthèse, d’une complète médiocrité, sont pour leur part carrément embarrassants. Heureusement Jake West privilégie généralement les trucages à l’ancienne réalisés à même le plateau avec des bouts de ficelles, du latex et un cascadeur dissimulé sous un costume.

Les effets gore, relativement nombreux pour une production télévisuelle, sauvent toutefois les meubles et donnent un peu de piment au métrage. Encore une fois, le film ne révolutionne rien et ne souhaite nullement franchir de nouveaux paliers dans l’horreur mais, dans les limites de ses ambitions et surtout de ses contraintes, le résultat s’avère très correct. Tourné, de manière sans doute un peu précipitée, en Roumanie, PUMPKINHEAD 3 se révèle cependant plus agréable que la majorité des produits destinés aux télévisions câblées ou aux vidéoclubs.

Doté d’une esthétique générale plutôt soignée riche en ombres menaçantes, le métrage compte sur un rythme soutenu pour maintenir l’intérêt en dépit de l’aspect linéaire et prévisible de l’intrigue. Jake West accomplit un joli travail et se montre suffisamment respectueux de la mythologie développée vingt ans plus tôt par Stan Winston pour emporter l’adhésion des fans, lesquels se sentiront immédiatement en terrain connu.

Bref, sans rien apporter de véritablement probant à la saga, PUMPKINHEAD 3 se laisse voir sans déplaisir et assure une petite soirée relativement divertissante. A condition d’en attendre une simple série B plutôt bien emballée et efficace, cette seconde séquelle, aussi modeste qu’elle soit, constitue un agréable produit tout à fait honorable et supérieur à l’épisode précédent.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2010