PUMKINHEAD IV: LES SACRIFIES
Titre: Pumpkinhead 4: Blood Feud
Réalisateur: Michael Hurst
Interprètes: Amy Manson

 

Bradley Taylor
Lance Henriksen
Claire Lams
Rob Freeman
Ovidiu Niculescu
Peter Barnes
Année: 2007
Genre: Horreur / Fantastique
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Série B rondement menée à l’esthétique somptueuse, PUMPKINHEAD, passé relativement inaperçu à sa sortie, fin des années ’80, s’est imposé au fil du temps comme un classique mineur de l’épouvante. Réalisé par Stan Winston, le métrage instituait un folklore intéressant doté de quelques idées novatrices en dépit de thématiques assez classiques. Le monstre vedette, visuellement attrayant, était d’ailleurs pour beaucoup dans la réussite du film.

Six ans plus tard, une séquelle, destinée au marché de la vidéo, ressuscite la créature sans susciter véritablement l’intérêt des amateurs. Le Démon de la Vengeance semblait condamner à dormir à jamais mais, heureusement, la chaîne de télévision spécialisée SyFy décide de le ramener sur le devant de la scène via deux nouveaux épisodes tournés coup sur coup. Etonnamment, alors qu’on n’en attendait rien, ces films s’avèrent de bonnes surprises, en particulier ce PUMPKINHEAD IV – LES SACRIFIES de facture très honnête.

L’intrigue se veut classique et ne cherche pas à innover, proposant simplement une nouvelle variation sur « Romeo & Juliette » revisité à la sauce horrifique. Dans un coin paumé des Etats-Unis s’affrontent deux familles, les Hatfield et les McCoy. La rivalité date de plusieurs dizaines d’années, lorsque la nouvelle voiture de l’une à écrasé malencontreusement l’enfant de l’autre clan. Depuis ce jour, Abner Hatfiled est infirme, coincé dans un fauteuil roulant et les McCoy ont toujours refusé de livrer à leurs rivaux la voiture responsable de ce malheur en compensation.

Aujourd’hui, Jodie Hatfield et Ricky McCoy s’aiment mais cette union est impossible tant la haine qui anime leurs proches reste tenace. Au cours d’un rendez-vous entre les deux amoureux, la jeune sœur de Ricky est prise à partie par les Hatfield et l’altercation se solde par la mort de la demoiselle. Ricky, frappé et laissé pour mort par les Hatfield, convoque alors le démon Pumpkinhead pour assouvir sa vengeance. En dépit des conseils avisés d’Ed Harley, coincé entre le royaume des vivants et celui des morts pour avoir osé invoquer le Pumpkinhead, Ricky ordonne à la créature d’exterminer tous les Hatfield…

Lance Henricksen, vedette du premier PUMPKINHEAD, reprend une troisième fois son rôle de Ed Harley (il est absent du second épisode), un père ayant ouvert la porte des enfers au démon Pumpkinhead afin de venger la mort « accidentelle » de son jeune fils tué par des adolescents irresponsables. Aujourd’hui réduit à une sorte de spectre bienveillant, Harley tente de dissuader le jeune Ricky de suivre ses traces sanglantes et de devoir payer un lourd tribu au surnaturel. Un autre personnage victime de la malédiction du Pumpkinhead, le shérif Dallas Pope, joué par Rob Freeman, ajoute une sous-intrigue intéressante mais quelque peu confuse au métrage. Lui-même pourchassé cinq ans auparavant par le démon, le policier reçoit les visites d’un Ed Harley fantomatique et se sait en sursis depuis qu’il a croisé la route du Pumpkinhead.

Au niveau des effets spéciaux, PUMPKINHEAD IV s’appuie essentiellement sur des trucages à l’ancienne, confectionnés par le vétéran Gary J. Tunnicliffe. Figurant costumé et maquillages gore sont donc au programme à la grande satisfaction des amateurs nostalgiques allergiques au tout numérique si souvent de mise dans le cinéma actuel. Le design de la créature (inspiré par celui de l’ALIEN) n’a pas vraiment changé depuis le premier film mais elle semble néanmoins ici plus massive et moins élégante. On devine le cascadeur dissimulé sous les couches de latex mais le monstre n’en reste pas moins joliment réalisé et charismatique.

Les effets gore se révèlent pour leur part adroitement confectionnés et parfois imaginatifs, voire surprenants pour une production originellement destinée à la télévision. Une tête pulvérisée par un piège à ours constitue sans doute le moment le plus sanglant de ce PUMPKINHEAD IV mais la plupart des meurtres et mutilations commises par le démon sont suffisamment spectaculaires pour contenter les fans sans verser pour autant dans la gratuité.

Globalement, PUMPKINHEAD IV se montre assez bien rythmé, en dépit de l’aspect linéaire de l’intrigue et du côté quelque peu répétitif des mises à mort. Mais, lors de la dernière demi-heure, le film décolle véritablement et propose un véritable siège des Hatfields et McCoys, enfin réunis devant l’adversité et retranché dans une demeure subissant les assauts du Démon de la Vengeance.

D’un point de vue esthétique, le métrage s'avère souvent inspiré et ne trahit pas ses origines télévisuelles, Michael Hurst, également scénariste (et par ailleurs responsable de HOUSE OF THE DEAD 2) traitant son sujet avec respect et en prenant très au sérieux les thématiques de la saga, en particulier le poids de la culpabilité et le sens du sacrifice. Le milieu sudiste campagnard choisi, comme figé dans le temps, donne un certain charme à un métrage s’apparentant à un conte macabre intemporel se suivant avec plaisir.

Si PUMPKINHEAD IV ne cherche aucunement à réinventer le fantastique et n’innove guère, son soucis de présenter des personnages crédibles dans un environnement intéressant et d’offrir au spectateur une mythologie cohérente le rendent finalement très sympathique et divertissant.

Pour une troisième séquelle destinée au marché des vidéoclubs et des chaines câblées PUMPKINHEAD IV se montre même d’une qualité proprement inespérée. Sans être un chef d’œuvre (n’exagérons rien !) voici donc une plaisante surprise qui clôt de belle manière une saga plus intéressante qu’elle ne parait de prime abord.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2010