PUPPET MASTER X: AXIS RISING
Titre: Puppet Master X: Axis Rising
Réalisateur: Charles Band
Interprètes: Kip Canyon

 

Jean Louise O'Sullivan
Oto Brezina
Scott King
Brad Potts
Kurt Sinclair
Stephanie Sanditz
Année: 2012
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Qu’attendre d’une franchise ayant atteint son dixième chapitre (onzième si on inclut le crossover PUPPET MASTER Vs DEMONIC TOYS)? Sans doute un minimum d’originalité et, au moins, un bouleversement de certains fondamentaux, à la manière du tueur de Crystal Lake expédié dans l’espace (et le futur) à l’occasion de JASON X. Charles Band, pour sa part, choisit au contraire de reprendre, une nouvelle fois, les éléments constitutifs de sa saga, à présent bien connu des fans.

Ce chapitre constitue donc une resucée des précédents et, en particuliers, de l’excellent PUPPET MASTER 3, dont le rusé producteur reprend le contexte de la Seconde Guerre mondiale dans une énième aventure opposant les poupées vivantes, devenues instruments du Bien, aux forces de l’Axe du Mal représenté par les Nazi et leurs alliés japonais. AXIS RISING poursuit donc l’intrigue entamée dans AXIS OF EVIL avec toujours, hélas, le même manque patent de moyens.

La poupée Tunneler a été enlevée par la cruelle Japonaise Ozu désireuse de découvrir le secret d’André Toulon et d’accéder ainsi à la vie éternelle. Les choses tournent cependant mal puisque l’espionne est abattue par des Nazis qui désirent, eux aussi, connaître le secret des marionnettes maléfiques. Mais Danny et les autres poupées volent au secours de Tunneler tandis qu’un scientifique transforme Ushi, une Nazie décédée, en marionnette mortelle surnommée Bombshell.

Sans aucune surprise ni innovation, AXIS RISING poursuit la mollassonne trame esquissée dans le précédent épisode, laquelle dévie de plus en plus de l’épouvante développée dans les trois premiers chapitres pour s’orienter vers un pseudo serial bas de gamme aux péripéties prévisibles. L’animation des poupées reste, elle, toujours rudimentaire et les petits monstres demeurent terriblement statiques, loin des prouesses en stop motion accomplies par David Allen dans la trilogie originelle.

L’adjonction d’une nouvelle création, Bombshell, manifestement inspirée d’Ilsa et équipée d’armes mortelles dissimulées dans sa poitrine se révèle sous-exploitée, tout comme l’arrivée impromptue de Six Shooters, un favori des fans réduit ici à effectuer de la figuration. Les scènes incluant les poupées sont de toutes manières réduites à la portion congrues et évitent tous passages trop horrifiques ou sanglants, la saga de destinant de plus en plus à un public jeune et peu exigeant.

Languissant, ce nouveau chapitre multiplie, hélas, les dialogues ineptes débités par des comédiens de troisième zone dans des décors rudimentaires. Rien de vraiment palpitant ne survient donc avant un dernier acte un poil plus mouvementé mais guère plus réussi qui confronte les poupées aux forces de l’axe restreinte à un officier sadique. La pauvreté de moyens dans toute sa splendeur !

Condensés en un seul épisode, AXIS OF EVIL et AXIS RISING auraient pu constituer une honnête série B mais, étirés sur près de trois heures, ces deux trop longs-métrages se révèlent indigestes. Seul le (petit) potentiel de sympathie généré par les poupées meurtrières sauve (un peu) l’entreprise d’un complet désastre mais seuls les plus indulgents trouveront ce sous-produit divertissant.

Il faudra donc beaucoup de courage pour s’enquiller ce nouveau chapitre même si Charles Band, confiant dans le potentiel commercial de sa franchise, se refuse pourtant à le conclure autrement que par un nouveau (et piteux) cliffhanger dans la tradition du serial. La suite au prochain numéro ?

 

Fred Pizzoferrato - Août 2014