PUPPET MASTER 2
Titre: Puppet Master 2
Réalisateur: David Allen
Interprètes: Elizabeth Maclellan

 

Collin Bernsen
Steve Welles
Greg Webb
Charlie Spradling
George 'Buck' Flower
Nita Talbot
Année: 1991
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur Artus
Critique:

Le succès du modeste PUPPET MASTER de David Schmoeller encouragea Charles Band, toujours prompt à engranger des dollars, à mettre sur pied une première séquelle (beaucoup d’autres devaient suivre) signée David Allen. Ce regretté spécialiste des effets spéciaux travailla sur de nombreux films, de la superproduction (WILLOW, SOS FANTOMES 2, LA QUATRIEME DIMENSION, LES PREDATEURS, CHERIE J’AI RETRECI LES GOSSES) à la série B comme RE ANIMATOR 2, DOLLS, EPOUVANTE SUR NEW YORK ou la parodie porno FLESH GORDON et donna à la Full Moon quelques réussites dans le domaine des trucages.

Moins chanceux au niveau de la mise en scène, Allen tenta, durant toute sa vie, de porter à l’écran un ambitieux projet, PRIMEVAL, hommage inachevé au cinéma d’aventures fantastiques à la Harryhausen. Outre un sketch de MESTEMA LE MAITRE DU DONJON en 1984, PUPPET MASTER 2 reste, malheureusement, son unique long-métrage.

Excepté les poupées meurtrières, PUPPET MASTER 2 n’entretient pas vraiment de continuité avec le précédent volet et développe une intrigue très simple, pour ne pas dire minimale, qui rend un petit hommage à quelques classiques de l’épouvante comme LA MAISON DU DIABLE ou LA MAISON DES DAMNES. Tout débute par une séquence sympathique au cours de laquelle les marionnettes d’André Toulon ramènent leur maitre, enterré dans le cimetière de Bodega Bay, à la vie. Ensuite, la parapsychologue Carolyn Bramwell investit avec quelques collèges un hôtel, réputé hanté, où l’on aurait aperçu des poupées vivantes animées de mauvaises intentions. Les petites créatures déciment une partie de l’équipe avant que Enrique Chenee, l’auto proclamé propriétaire de Bodega Bay, ne se manifeste, le visage dissimulé sous d’épais bandage. En réalité Chenee n’est autre que le « maitre des marionnettes », André Toulon, décidé à ramener à la vie sa bien aimée, Elsa, avec l’aide de ses poupées maléfiques en quête du légendaire fluide vital...

Linéaire et sans surprise, PUPPET MASTER 2 adopte, heureusement, un rythme relativement soutenu qui permet d’en digérer les faiblesses. Les scènes chocs, disséminées à intervalles réguliers, fonctionnent ainsi de manière convaincante et mettent en valeur les petits monstres, indéniablement « cinégéniques ». Quoique timorées au niveau du gore, elles bénéficient, en effet, d’effets spéciaux convaincants de l’équipe de David Allen et offrent de fort plaisantes animations image par image. Du bon travail compte tenu du budget restreint alloué par le pingre Charles Band.

Si les trucages sont indéniablement réussis, le scénario, de son côté, n’innove guère et dispense les habituels clichés, y compris une scène érotique soft judicieusement placée aux deux tiers du film. Une manière, sans doute, de réveiller le spectateur assoupi avant une dernière demi heure dynamique qui laisse les poupées s’exprimer plus violemment.

Aux côtés des jouets à présent familiers du premier volet, PUPPET MASTER 2 en introduit un nouveau, l’impressionnant Torch et son mini lance-flamme ravageur. Une addition intéressante à un bestiaire plaisant mené par l’inévitable Blade. Toulon lui-même est également de la partie, le visage dissimulé par des bandages (un clin d’œil évident à L’HOMME INVISIBLE) mais devient dans cette séquelle une sorte de génie du Mal, loin du pauvre marionnettiste persécuté par les Nazis décrit dans le premier film. Conscient de l’attrait du public pour ce personnage et pour ses étonnantes inventions, les épisodes suivants feront progressivement de Toulon un héros vengeur tandis que ses poupées, elles, se placeront plus volontiers dans le camp du Bien.

Avec sa violence modérée et ses petits monstres variés, PUPPET MASTER 2 s’inscrit logiquement dans la ligne des « films d’horreur pour adolescents » qui eurent leur quart d’heure de gloire dans les années ’80, à l’image de THE GATE, MONSTER SQUAD ou même GREMLINS et CRITTERS. Pris comme un aimable divertissement destiné aux nostalgiques de cette époque, PUPPET MASTER 2 fonctionne de manière agréable et, sans être une grande réussite, demeure correctement emballé et plutôt plaisant.

 

Fred Pizzoferrato - Juin 2011