PUPPET MASTER 5
Titre: Puppet Master V: The Final Chapter
Réalisateur: Jeff Burr
Interprètes: Gordon Currie

 

Chandra West
Ian Ogilvy
Teresa Hill
Guy Rolfe
Clu Gulager
Nicholas Guest
Année: 1994
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Confiant dans sa franchise la plus rentable, Charles Band décide, pour d’évidentes raisons économiques, de tourner les quatrième et cinquième volets de manière simultanée, à l’image de RETOUR VERS LE FUTUR 2 et 3 (ou de L’ENFER POUR MISS JONES 3 et 4 pour les plus pervers). Confiés à Jeff Burr, PUPPET MASTER 4 et 5 débarquent dans les bacs des vidéoclubs, respectivement en 1993 et 1994.

L’intrigue, elle, se voit, forcément, coupée en deux et se développe sur deux métrages qui ne dépassent pas, chacun, les 80 minutes de projection. Conscient de la popularité des petites poupées, Band choisit, en outre, de les transformer en héroïnes avec ce diptyque qui les place définitivement du côté des forces du Bien, en opposition à un démon ridicule, Sutek. Si PUPPET MASTER 5 peut être visionné de manière indépendante, le métrage débute cependant juste après le final du précédent épisode dont il constitue la continuation logique.

Le génie de l’informatique, Rick Myers, vient de triompher des séides de Sutek avec l’aide des poupées animées d’André Toulon. Emmené au poste de police, Rick explique à un inspecteur incrédule les événements récents, permettant de remettre le spectateur dans le bain et, surtout, de gagner, via un long flash back, une dizaine de minutes de projection. PUPPET MASTER 5 peut alors réellement débuter et nous propose une grosse heure de combats entre les envoyés de Sutek et nos amies les poupées. Pour compliquer encore la situation de méchants personnages, membres de la « Omega Corporation », souhaitent s’emparer des poupées et de leur secret.

Sans surprise, le métrage de Jeff Burr reprend, grosso modo, les défauts et qualités du précédent épisode. Au niveau des points positifs, les acteurs sont décents, la mise en scène appliquée, l’intrigue potable, le rythme correct et les effets spéciaux efficaces. La stop-motion se taille, une fois de plus, la vedette et confère à PUPPET MASTER 5 l’essentiel de son charme nostalgique. Les poupées elles-mêmes sont bien pensées et reviennent pour un nouveau tour de piste, à l’image du cow-boy à six bras Six Shooter ou du mini lance flamme sur pattes Torch, absent du quatrième chapitre. Dommage que le démon Sutek soit, par contre, particulièrement ringard et s’apparente à un figurant costumé de latex échappé d’une série « sentaï » japonaise.

Les ambitions ayant, probablement, été revues à la baisse ou le budget venant à manquer, les petites créatures se contentent, cette fois, de combattre un seul démon miniature alors que PUPPET MASTER 4 en présentait un trio. Heureusement, Jeff Burr s’amuse avec ses petits jouets animés, les fait combattre dans la joie et la bonne humeur et se lâche sur les effets visuels, très naïfs, à base de lasers et d’éclairs destructeurs. Un plaisir régressif parfaitement assumé qui permet de retrouver les sensations infantiles éprouvées en cassant ses jouets au terme de scénario fantaisistes. Une nouvelle fois, les poupées volent la vedette aux humains et chacune de leurs apparitions rend PUPPET MASTER 5, comme les autres volets de la saga, agréable et divertissant.

Même si ce cinquième volet fut pompeusement sous-titré THE FINAL CHAPTER pour appâter le client, la Full Moon ne put se résoudre à laisser mourir sa fructueuse franchise et les petites poupées revinrent encore à de nombreuses reprises, croisant même le fer avec leurs collègues et concurrents les « Demonic Toys ».

Dans l’ensemble PUPPET MASTER 5 reste plaisant pour les amateurs de série B rétro et se laisse voir sans ennui. Toutefois, si le film possède suffisamment d’attrait pour motiver une vision distraite auprès des inconditionnels de la saga, il peut sans problème s’éviter pour les autres et s’avère inférieur aux précédents, annonçant le début de la fin pour une franchise qui s’enfonça ensuite dans la médiocrité.

 

Fred Pizzoferrato - Juin 2011