PUPPET MASTER: AXIS OF EVIL
Titre: Puppet Master: Axis of Evil
Réalisateur: David DeCoteau
Interprètes: Levi Fiehler

 

Jenna Gallaher
Taylor M. Graham
Tom Sandoval
Jerry Hoffman
Erica Shaffer
Ada Chao
Année: 2010
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Franchise la plus rentable (et sans doute la plus réussie, du moins dans ses premières années) engendrée par Full Moon, la saga PUPPET MASTER démarra de la plus belle des manières avec trois séries B très réussies dans les limites de leurs ambitions : PUPPET MASTER, PUPPET MASTER 2 et l’excellent PUPPET MASTER 3, une « préquelle » sortie en 1991. Hélas, dès cette date, la série perdit inexorablement de son intérêt à chaque nouvel épisode.

Si les chapitres 4 et 5 demeurent estimables, le déclin se marque particulièrement dès le sixième épisode, CURSE OF THE PUPPET MASTER dont la mise en scène (sic !) est assurée par le besogneux du bis David DeCoteau, lequel rempile pour un RETRO PUPPET MASTER guère plus engageant. Tourné en 2003 par Charles Band, PUPPET MASTER : THE LEGACY s’enfonce encore davantage dans la médiocrité et recycle des images tirées des précédents volets, lesquelles composent les deux tiers du temps de projection.

Après ce fiasco, les poupées meurtrières reviennent à la télévision dans un curieux crossover, PUPPET MASTER Vs DEMONIC TOYS, considéré par Charles Band comme non canonique et par conséquent non inclus dans la numérotation certifiée. Ce chapitre officieux se voit donc éclipsé par un neuvième épisode officiel entrepris pour célébrer les vingt ans de la franchise : PUPPET MASTER : AXIS OF EVIL.

Suite / remake / variation sur PUPPET MASTER 3, le métrage débute en 1939 après le suicide d’André Toulon (une scène directement reprise du premier PUPPET MASTER) puis enchaine sur l’arrivée, aux Etats-Unis, de deux Nazis qui cherchent « quelque chose » dans la chambre du scientifique décédé. C’est cependant le jeune infirme Danny Coogan, témoin de la scène, qui s’empare des poupées de Toulon et découvre leur secret. En rendant visite à sa petite amie, Danny constate également qu’un des employés de l’usine de munition où elle travaille n’est autre qu’un des deux Nazis assassins. Le projet de ceux-ci consiste, en effet, à détruire l’usine afin de porter un rude coup à l’effort de guerre américain. Avec l’aide d’une cruelle Japonaise, les Nazis s’apprêtent à mettre leur plan machiavélique à exécution mais Danny n’a pas dit son dernier mot : il va utiliser les poupées de Toulon pour contrecarrer les visées de l’Axe et assurer le triomphe de la liberté !

En dépit du capital de sympathie générée par les marionnettes de Mr Toulon (hélas dramatiquement sous-employées), difficile de se passionner pour ce nouvel opus d’une platitude assommante. Truffé d’erreurs et d’anachronisme (les attaques Kamikazes et le camp d’Auschwitz sont référencés par les dialogues alors qu’ils n’existaient pas à l’époque où le métrage est censé se dérouler), PUPPET MASTER : AXIS OF EVIL se voudraient une série B alerte et inventive mais ne parvient, hélas, qu’à ennuyer, son rythme anémique étant encore aggravé par les incohérences et invraisemblances d’un script indigent. Les comédiens, pour leur part, sont d’une médiocrité sans égale au point que même les poupées, pourtant fort mal animées, paraissent plus expressives et convaincantes. Malheureusement, elles apparaissent peu et se contentent souvent de rester posées dans un coin de l’image, laissant les humains effectuer tout le travail.

Charles Band destinant manifestement la saga aux adolescents, le gore et la nudité sont drastiquement réduits et le tout s’apparente davantage à un conte de fées qu’à un film d’épouvante. Cependant, les péripéties très conventionnelles mais proches du pulp (voire du serial) rendent ce PUPPET MASTER : AXIS OF EVIL vaguement divertissant pour les plus indulgents.

Ceux-ci lui pardonneront sa fin ouverte particulièrement frustrante destinée à appâter le client pour l’épisode suivant. To be continued…

 

Fred Pizzoferrato - Août 2014