RAGING SHARKS: LES REQUINS TUEURS
Titre: Raging Sharks
Réalisateur: Danny Lerner
Interprètes: Corin Nemec

 

Vanessa Angel
Corbin Bernsen
Todd Jensen
Elise Muller
Binky van Bilderbeek
Simona Williams
Année: 2005
Genre: Sharksploitation
Pays: USA / Bulgarie
Editeur  
Critique:

RAGING SHARKS: LES REQUINS TUEURS débute par la destruction d’un immense vaisseau spatial croisant non loin de la Terre. Dès cette entame, le ton est donné puisque les effets spéciaux semblent dater d’un jeu vidéo de la fin du vingtième siècle.

Une nacelle expulsée de l’engin en perdition aboutit dans les eaux du triangle des Bermudes, cet endroit où « nul ne sait combien de navires ont sombrés ». Non loin de là, quelques scientifiques travaillent dans une station nommée Oceania sur du matériel manifestement obsolète depuis les années ’80. Ils manipulent divers éprouvettes d’un air concerné mais la véritable nature de leurs recherches demeure obscure. Cependant, nos savants constatent une augmentation inexplicable de l’activité des requins dans les eaux locales. La station aquatique ne tarde pas à subir leur assaut et les squales détruisent son approvisionnement en oxygène en sectionnant divers câbles. Le docteur Mike Olson, rappelé d’urgence, part à la rescousse de son épouse coincée au fond des flots…

RAGING SHARKS: LES REQUINS TUEURS mixe vaille que vaille divers influences dont les principales sont PEUR BLEUE et ABYSS sans négliger une pincée d’A LA POURSUITE D'OCTOBRE ROUGE. Les protagonistes passent donc beaucoup de temps à discuter devant divers pupitres encombrés de matériel informatique et se désolent d’être piégés dans des eaux infestées de requins.

Après une demi-heure de projection, le film accélère le rythme et propose quelques attaques sympathiques de nageurs menacés par les gros poissons capables de…grogner (sic !). De brèves scènes de pure sharksploitation noyées dans une mer de banalités davantage portées sur l’aventure (tous les clichés des « films de sous-marins » répondent à l’appel) teintée d’un vague vernis science-fictionnelle que sur l’horreur.

Interprétés par deux familiers des petits écrans (Vanessa Angel de « Code Lisa » et Corin Nemec de « Stargate »), RAGING SHARKS: LES REQUINS TUEURS tente d’injecter un soupçon d’originalité à un genre cinématographique sclérosé. Si le résultat ne possède qu’un intérêt limité, le long-métrage reste suffisamment rythmé pour se regarder d’un œil distrait, ponctué par des punchlines qui tombent à plat et des dialogues, au contraire, involontairement drôles.

Les squales, eux, sont essentiellement des images d’archives tirées de documentaires animaliers auxquels s’ajoutent de miteuses images de synthèse et quelques effets mécaniques. Nu Image ne reculant devant aucunes économies, moult scènes d’attaque sont, en outre, issues des productions antérieures de la compagnie. Les requins constituent d’ailleurs, comme souvent, une simple menace qui vient épicer un plat pas franchement consistant.

La dernière demi-heure de RAGING SHARKS: LES REQUINS TUEURS se transforme en outre en très modeste film d’action, le personnel de la station aquatique essayant de neutraliser un traitre infiltré à la manière d’un Piège de cristal du très pauvre. Dans l’ensemble, Raging Sharks : les requins tueurs s’avère un brin plus copieux que la moyenne du genre : extraterrestres, requins enragés, espion psychopathe, fusillades, explosions, bagarre mano a mano,…

Rien de très réussi mais une générosité appréciable qui rend le film acceptable pour les inconditionnels de séries B fauchées. Le climax romantique au cours duquel interviennent des aliens venant sauver les héros sur fond d’opéra vaut d’ailleurs son pesant de cacahouètes quoiqu’il s’inspire effrontément d’ABYSS.

Bref, de la série Z mais sympathique et joyeusement "nanar" dans laquelle on ne s'ennuie pas...à condition de savoir à quoi s'attendre, bien sûr.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2015