RAPED BY AN ANGEL IV: THE RAPER's UNION
Titre: Qiang jian zhong ji pian: Zui hou gao yang
Réalisateur: Wong Jing
Interprètes: Nick Cheung

 

Athena Chu
Suki Kwan
Anthony Chau-Sang Wong
Ben Ng
King-Tan Yuen
 
Année: 1999
Genre: Thriller / Rape and Revenge / Erotique / Slasher / Comédie
Pays: Hong Kong
Editeur  
Critique:

Toujours prêt à exploiter une recette commercialement viable, Wong Jing n’est jamais en reste lorsqu’il s’agit de proposer des séquelles hâtivement conçues à de gros succès du box-office précédemment produits par sa compagnie. Après avoir initié SEX AND ZEN 2 et 3, la saga des GODS OF GAMBLER et CHINESE TORTURE CHAMBER STORY 2, le prolifique producteur et cinéaste se penche sur RAPED BY AN ANGEL, un « hit » de 1993 envisagé, à la base, comme la suite de NAKED KILLER.

En 1998, Wong Jing lance donc sur le marché un RAPED BY AN ANGEL 2 : THE UNIFORM FAN qui donne la vedette à la belle d’Athena Chu. L’opération se révélant rentable, Wong Jing poursuit la saga avec RAPED BY AN ANGEL 3 qui débarque dans les salles seulement quatre mois après le précédent volet. Pour le quatrième opus, écrit et réalisé par Wong Jing en personne, une nouvelle approche est décidée : le métrage sera moins sexuellement orienté et moins graphique que les trois premiers volets, ce qui permettra de diminuer les interdictions imposées par la censure. En passant d’une « catégorie 3 » à une « IIb », le Mogul du bis espère conquérir une plus large audience même si les mamelles de ce RAPED BY AN ANGEL 4, elles, ne changent guère : érotisme soft, humour débile, violence modérée et, surtout, mauvais goût assumé.

Daniel (Ben Ng), un ancien agent de la CIA devenu un redoutable prédateur sexuel, espionne des jeunes femmes à l’aide de gadgets technologiques derniers cris. Après avoir arrangé l’évasion de deux célèbres violeurs en série, Daniel forme une véritable « union du viol » et organise l’enlèvement, le viol sauvage et l’assassinat de deux jeunes filles. Les prochaines cibles du trio sont une romancière, Kwan Shi-han, et une vedette de cinéma, Icy. Le seul espoir des forces de l’ordre et en particulier d’une jeune flic, Po-wan, jouée par Athena Chu (de retour sur la série) pour coincer les sadiques réside dans un abuseur repenti (l’inévitable Anthony Wong) surnommé The Human Milk Drinking Doctor pour ses penchants déviants (il agressait les femmes enceintes pour se nourrir de leur lait !). Devenu projectionniste d’un cinéma pour adultes, le « docteur » apprend aux flics qu’il dialoguait jadis avec Daniel, membre actif d’une communauté de 31 violeurs opérant sur Internet. Devant l’incapacité des policiers à coincer le maniaque, Kwan Shi-han décide finalement de servir d’appât pour capturer les « violeurs unifiés»…

Nanti d’un scénario particulièrement crétin et, en apparence, offensant, RAPED BY AN ANGEL 4 ne se hisse malheureusement pas à la hauteur des attentes, la faute, sans doute, à une classification IIb qui oblige Wong Jing à réfréner ses pulsions déviantes. Certes, le métrage joue la carte de la provocation et des blagues scabreuses mais cette « comédie sur le viol » (un sous-genre que seul Hong Kong pouvait enfanter) s’avère souvent trop longuette pour passionner.

Entre deux scènes déjantées, Wong Jing meuble le temps de projection par de trop bavardes séquences et recourt à tous les clichés, tant visuels que scénaristiques, du cinéma d’exploitation hongkongais de la fin des 90’s. Filtres bleutés, musique d’ascenseur, fétichisme des sous-vêtements (la nudité reste limitée à du topless), acteurs cabotins (Anthony Wong, comme toujours, en fait des tonnes tandis que Ben Ng décalque, quasiment à l’identique, son personnage de violeur du précédent – et nettement plus corsé – RED TO KILL), référence (une parodie de SCREAM balancée pour le simple plaisir du clin d’œil) et humour balourd sont donc de la partie pour un résultat généralement consternant mais parfois divertissant pour les plus pervers. Ou les plus indulgents.

Poussant le bouchon très loin en termes de mauvais goût et de stupidité, RAPED BY AN ANEGL 4 témoigne de la folie du cinéma d’exploitation de l’ancienne colonie britannique et reste sympathique à suivre même si l’usage de l’accéléré s’avère salutaire durant les nombreuses baisses de rythme.

Entre thriller, slasher, rape and revenge, érotisme et comédie (hum !), RAPED BY AN ANGEL 4 propose, en résumé, une étrange décoction à réserver aux fins gourmets du bis. Les autres s’abstiendront salutairement.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2015