CHALEUR ROUGE
Titre: Red Heat
Réalisateur: Robert Collector & Ernst R. von Theumer
Interprètes: Linda Blair

 

Sylvia Kristel
Sue Kiel
William Ostrander
Elisabeth Volkmann
Albert Fortell
Herb Andress
Année: 1985
Genre: Women In Prison
Pays: Allemagne / USA
Editeur  
Critique:

Deux ans après LES ANGES DU MAL (alias « Prison Heat »), Linda Blair retrouve l’univers carcéral dans cette « pseudo séquelle » qui égrène, paresseusement, tous les clichés du « Women In Prison », sous genre souvent nanar mais indéniablement agréable, surtout pour le public masculin. Le scénario ne se soucie donc guère d’innover et reprend une trame interchangeable et bien connue des « films de prison de femmes ».

L’Américaine Christine Carlson (Blair) voyage en Allemagne de l’est pour retrouver son fiancé. Témoin d’une affaire d’espionnage, la jeune femme est arrêtée de manière arbitraire, mise au secret et condamnée à trois ans de détention dans une infernale prison où les détenues sont soumises aux caprices pervers de la sadique lesbienne Sofia (Sylvia Kristell). Pendant ce temps, le fiancé de Christine, lâché par son gouvernement, élabore un plan audacieux pour la tirer de cette geôle.

Né en 1959, Linda Blair devient célèbre très jeune avec son rôle de gamine possédée par le démon dans le classique L’EXORCISTE de William Friedkin. Devenue adolescente, elle revint, bien évidemment, dans la séquelle EXORCISTE 2 : L’HERETIQUE et apparut également dans la superproduction AIRPORT. La suite de sa carrière, hélas, marqua rapidement le pas : après le slasher HELL NIGHT, Linda Blair joua les justicières dans le brutal SAVAGE STREETS puis goûta aux joies des prisons de femmes avec LES ANGES DU MAL et CHALEUR ROUGE, sans oublier son apparition incongrue dans SAVAGE ISLAND.

A ses côtés, dans le rôle d’une prisonnière devenue pratiquement la véritable maîtresse du pénitencier, nous retrouvons avec plaisir Sylvia Kristell, très à l’aise dans son rôle de sadique qui aime humilier les autres détenues ou les soumettre à ses fantaisies érotiques. Cependant, le film reste étonnamment timoré, même si une version longue non censurée en montre davantage que la version jadis disponible dans nos vidéoclubs. Ce montage « uncut » propose, entre autre, une scène de viol au cours de laquelle Linda Blair est forcée par un gardien libidineux. Dans son montage « cut », CHALEUR ROUGE se limite malheureusement à dispenser des sévices timorés et un peu de nudité timide. Rageant pour les amateurs d’exploitation privés des meilleurs passages du long-métrage.

Thriller vaguement érotique, CHALEUR ROUGE s’avère par conséquent décevant en dépit de son côté anticommuniste très sympathique, lui aussi typique des années ‘80. Mais les trop rares bons moments ne suffisent pas à sauver cette mollassonne entreprise. Le film commence, par exemple, lentement et prend beaucoup de temps pour conduire Linda Blair au « pénitencier des femmes perverses ». Les scènes de vie quotidienne entre la demoiselle et son fiancé n’apportent, en réalité, rien d’intéressants et constituent surtout du remplissage inutile destinés à atteindre la durée réglementaire.

Une fois arrivée en prison, le long-métrage se conforme aux attentes des amateurs de Women In Prison et délivre les scènes de douche, d’humiliation, de viol et de lesbianisme forcé. Tout ça reste quand même soft et largement en deçà des « classiques » du genre (comme par exemple FEMMES EN CAGE ou les films de Bruno Mattei et Jess Franco), le cinéaste privilégiant le côté thriller au détriment de l’aspect érotique de l’intrigue.

La bande originale, composée par le groupe Tangerine Dream, relève toutefois le niveau de cette production et lui confère un semblant de légitimité, en dépit d’un budget serré rédhibitoire.

Banal, linéaire et prévisible, CHALEUR ROUGE constitue un Women In Prison sans grand intérêt, excepté pour son plaisant casting. Les amateurs peuvent y jeter un coup d’œil distrait mais le manque de perversité du long-métrage le destine essentiellement aux complétistes.

 

Fred Pizzoferrato - Décembre 2013