LE SCORPION ROUGE
Titre: Red Scorpion
Réalisateur: Joseph Zito
Interprètes: Dolph Lundgren
M. Emmet Walsh
Al White
T.P. McKenna
Carmen Argenziano
Brion James
Alex Colon
Année: 1988
Genre: Aventures
Pays: Afrique du Sud / Namibie / USA
Editeur Carlotta
Critique:

Né en 1946, Joseph Zito débute sa carrière dans le slasher avec LE TUEUR DE MANHATTAN, l’excellent ROSEMARY’s KILLER et le très sanglant VENDREDI 13 – CHAPITRE FINAL. Le genre étant en perte de vitesse dès le milieu des années ’80, Zito se reconverti dans le cinéma « gros bras » et enchaine deux petits classiques avec Chuck Norris : PORTES DISPARUS et INVASION USA. En 1988, il se tourne vers Dolph Lundgren, alors auréolé d’un petit statut de star pour avoir affronté Stallone dans ROCKY IV. Le Suédois, tout juste trentenaire, vient également d’incarner Musclor dans la médiocre adaptation cinématographique des MAITRES DE L’UNIVERS et s’apprête à dézinguer du mafieux dans PUNISHER.

Souvent stoïque, pour ne pas dire inexpressif (du moins au début de sa carrière), Lundgren hérite pourtant dans LE SCORPION ROUGE d’un rôle un peu plus développé que de coutume. Il joue l’agent spécial Nikolai Rachenko, au service de la Mère Patrie, envoyé en Afrique abattre un leader anti-communiste. Horrifié par la réalité du terrain, Rachenko change de camps et rejoint les rebelles. Sans surprise, LE SCORPION ROUGE est une petite production d’aventures guerrières très classique dans son déroulement et agrémenté d’un message anticommunisme toujours agréable. Ce qui ne suffit pas à rendre l’ensemble passionnant car le film avance à un rythme assoupi et se montre chiche sur le spectacle pyrotechnique. A dire vrai il faut attendre le dernier quart d’heure (su 104 minutes) pour que Dolph empoigne sa mitrailleuse et se décide à tout faire exploser dans la joie et la bonne humeur.

Tout cela manque donc de conviction et de scène mémorable : ça traine, ça blablate et vingt minutes de métrage (au moins) auraient mérité de se voir coupés au montage, les passages avec le Bushman (un clin d’œil à la saga des DIEUX SONT TOMBES SUR LA TÊTE ?) étant assez pénibles, tout comme les interminables pérégrinations de nos héros dans le désert. Des scènes inutiles qui ralentissent exagérément le propos sans conférer au métrage le côté « épique » ou « grandiose » souhaité.

Heureusement les interprètes aident à digérer la pilule : M. Emmet Walsh (BLOOD SIMPLE) cabotine comme un beau diable en journaliste un brin énervant, tout comme un Brion James (BLADE RUNNER) forcément en roue libre dans son rôle d’infâme soviétique. Dans l’ensemble, LE SCORPION ROUGE manque trop de hargne pour susciter l’enthousiasme : la présence de Dolph Lundgren et l’aspect anticommuniste sont deux indéniables plus-values mais tout le reste s’avère trop décevant pour maintenir l’attention, excepté lors du climax explosif et sanglant (avec quelques effets gore de Tom Savini). Ca se laisse donc gentiment regarder pour les nostalgiques de bourrinages eighties mais on eut apprécié que Joseph Zito injecte davantage de testostérone dans le cocktail.

Au niveau du Blu-ray l’image est tout à fait plaisante quoique le grain soit parfois prononcé et trahisse les presque trente ans du film. Aucun bonus excepté une bande-annonce par contre et c’est dommage car les bonus sur les films bis sont souvent très intéressants et riches d’anecdote.

Fred Pizzoferrato - Août 2016