THE REDSIN TOWER
Titre: The Redsin Tower
Réalisateur: Fred Vogel
Interprètes: Bethany Newell

 

Perry Tiberio
Jessica Kennedy
Meghan O'Halloran
Peter Schmidt
 
 
Année: 2006
Genre: Horreur / Gore
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Fred Vogel s’est attiré une certaine renommée via l’infâme trilogie AUGUST UNDERGROUND, de faux snuff movies repoussant très loin les limites de l’horreur et du mauvais goût. Les amateurs (mais aussi les détracteurs !) du cinéaste ont aujourd’hui l’occasion de juger le talent de Vogel sur une œuvre plus classique qui s’éloigne de la simple accumulation de séquences choquantes et révoltantes. Et le résultat est franchement décevant.

L’intrigue de REDSIN TOWER s’avère fort peu originale et paraîtra très convenue aux amateurs de cinéma horrifique. Kim et Mitch forment un couple en pleine crise, la jeune Kim trouvant Mitch trop sérieux. Après cette rupture, Kim rejoint une de ses copines gothiques, laquelle lui conseille de bien profiter de la vie et surtout du sexe, de la bière, de la drogue et du rock & roll. Les deux demoiselles partent donc pour une virée dans une fête où elles retrouvent deux autres couples. Après diverses discussions, tout ce petit monde décide de se rendre à la Redsin Tower, une construction abandonnée et supposée hantée. Mitch, pour sa part, refuse de renoncer à Kim et il la poursuit de ses assiduités jusque la même tour maudite. Sur place chacun s’occupe à lutiner sa chacune mais, malheureusement, une force maléfique ne tarde pas à se libérer et les cadavres commencent à pleuvoir.

Fred Vogel prend près d’une heure pour présenter ses personnages et poser une ambiance voulue inquiétante et morbide mais qui se révèle surtout profondément ennuyeuse. Seul un flash-back bien saignant viendra tirer le spectateur de son assoupissement au bout de près de 45 minutes de « non action » complète. Mais il faudra encore attendre un bon quart d’heure pour que le métrage entre réellement dans le vif du sujet, nous infligeant ainsi une des plus longues mises en place de l’histoire du cinéma horrifique. Pendant tout ce temps, le cinéaste n’a d’autre choix que de meubler en multipliant les blagues stupides, les gags indignes d’un quelconque AMERICAN PIE et les séquences inutiles. Les personnages, pour leur part, ne sont guère intéressant. Nous avons droit à la très habituelle bande de jeunes (même si les acteurs ont quelques années de trop pour vraiment convaincre) dont les principales occupations consistent à fumer des joints, à se bécoter, à faire la fête et à se bourrer la gueule. Rien à signaler, donc !

Les dialogues, écrits à la va-vite, accumulent les « fucking quelque chose » pour donner à l’ensemble un côté branché et provocant mais s’apparentent surtout à des suites de banalités la plupart du temps même pas drôles. Seul le personnage de Mitch bénéficie d’un minimum de développement et semble avoir été un peu travaillé par les scénaristes. Mais cela ne suffit pas vraiment à rendre REDSIN TOWER intéressant. Les acteurs font donc ce qu’ils peuvent pour rendre crédibles ces silhouettes à peine esquissée mais la cause était de toutes manières perdue d’avance. Dommage.

Niveau budget Vogel a probablement été contraint de se débrouiller avec des moyens fort réduits. Sans doute pour des raisons économiques, il concentre l’essentiel de sa maigre intrigue dans quelques caves mal éclairées. Les longues déambulations dans des couloirs obscurs, desservies par une photographie terne et granuleuse, accentuent encore l’impression d’amateurisme (dans le mauvais sens du terme) d’un métrage très pauvre et l’assoupissement gagne les plus résistants.

En outre, contrairement à la plupart de ses collègues officiant actuellement dans l’horreur extrême, Vogel met l’érotisme en retrait et se montre finalement fort frileux. Les actrices gardent donc leurs vêtements, excepté l’interprète de Kim qui effectue un intéressant mais trop bref numéro de possession dans la dernière partie du métrage. Rien de croustillant à déguster. Seules les vingt dernières minutes vont permettre à Vogel de se lâcher une bonne fois en sombrant dans le gore excessif.

Le cinéaste cite allègrement ses références : une force invisible tout droit venue d’EVIL DEAD, le viol de l’héroïne par cette même présence dans une scène rappelant L’EMPRISE, des possessions diverses tirées de DEMON HOUSE, un petit côté slasher, quelques plans à la Fulci (FRAYEURS et L’AU-DELA ont dû inspirer Vogel), une petite ambiance à la DEMONS, etc. Bref, rien de neuf, que du contraire dans cette tambouille peu convaincante! Les effets gore, classiques mais bien saignants et dans l’ensemble forts réussis, demeurent donc l’unique argument justifiant la vision distraite de ce REDSIN TOWER des plus

médiocres. Dans un registre similaire le récent FLESH FOR THE BEAST s’avérait en définitive plus distrayant. En résumé, REDSIN TOWER, déjà vu et revu cent fois en beaucoup mieux, se révèle un ratage complet au scénario affligeant et à la pauvreté visuelle exaspérante. A éviter.

Fred Pizzoferrato - Novembre 2008