LE RETOUR DE DJANGO

Titre: Il figlio di Django
Réalisateur: Osvaldo Civirani
Interprètes: Gabriele Tinti

 

Guy Madison
Ingrid Schoeller
Daniele Vargas
Ignazio Spalla
Andrea Scotti
Année: 1967
Genre: Western
Pays: Italie
Editeur Sidonis Calysta
Critique:
Il ne s’agit pas ici d’une suite officielle au classique avec Franco Nero (qui ne connaitra une séquelle authentique que bien plus tard avec DJANGO 2 : LE GRAND RETOUR) mais d’une de ces innombrables petites séries B westerniennes décidées à exploiter la popularité du célèbre pistolero. Ici, Gabrielle Tinti (heureux époux de Laura « Black Emmanuelle » Genser à la ville) incarne Jeff Tracy, le fils de Django sauvé de la mort par son ami le curé Gus Fleming après le meurtre de son paternel. Témoin de la scène traumatisante, le gamin se fait en outre broyer la main par le méchant (manière, sans doute, de rappeler sa filiation) mais cela n’aura guère d’importance pour la suite qui, on le devine, consiste en une très classique histoire de vengeance. Car Jeff Tracy recherche le meurtrier de son père qui pourrait être un certain Thompson. Ce-dernier est devenu un riche notable régnant en tyran, refrain connu, sur un patelin paumé de l’Ouest. En cheminant, le fils de Django, d’abord confondu avec un criminel, rencontre Logan (pas le X-Men griffu mais un pistolero droit dans ses bottes) et un autre bonhomme, Français qui plus est, qui vont l’aider dans sa quête justicière.

Sans être désagréable, LE RETOUR DE DJANGO constitue un western spaghetti des plus génériques qui aligne les figures imposées avec ses méchants (très méchants !) au service de l’infâme notable local. Les vils voyous n’hésitent pas à tabasser pratiquement à mort le seul villageois qui résiste au despotisme sous les yeux de son épouse en pleurs pendant que le shérif, forcément lâche, détourne pudiquement les yeux et s’enferme dans son bureau. Le fils de Django devra par conséquent user de ses poings et de son Colt 45 pour défaire l’infamie. Dans la seconde partie, nous aurons droit au retour du curé Fleming, un pacifique comprenant que, parfois, la violence reste l’ultime recours pour que triomphe le bon droit. Un personnage très classique joué par Guy Madison, belle gueule de héros californien qui, fréquenta le western américain dans les fifties (dont quelques réussites comme LA CHARGE DES TUNIQUES BLEUES) avant d’échouer du côté d’Almeria la décennie suivante et dont on se souvient surtout pour son rôle dans LE COLT DU REVEREND, très proche d’ailleurs de celui qu’il tient dans ce RETOUR DE DJANGO.



Le long-métrage se suit donc sans déplaisir mais sans aucune passion tant tout cela parait banal et routinier : intrigue prévisible, protagonistes caricaturaux, déroulement linéaire. Heureusement, quelques touches de violence et un certain sadisme typiquement italien épice le plat, relevé par quelques fusillades emballées avec un savoir-faire efficace par Osavldo Civirani, modeste artisan ayant débuté dans le péplum (HERCULE CONTRE LES FILS DU SOLEIL) avant de se reconvertir, comme beaucoup, dans le western fauché. Les interprètes sont eux aussi passables, en particulier Guy Madison et, dans une moindre mesure, Gabrielle Tinti qui nous la joue charmeur mal rasé.

 Comme pour beaucoup de spaghetti mineur la bande originale compense, en partie, les faiblesses du scénario par ses qualités mélodiques indéniables auxquelles s’ajoutent une poignée de chansons de bonne tenue. Dans l’ensemble, LE RETOUR DE DJANGO n’est donc pas déshonorant mais sa vision sera cependant réservée aux acharnés du western italien ou aux completistes de la « Django exploitation ».

Fred Pizzoferrato - Mai 2017