LE RETOUR DE GODZILLA
Titre: Gojira no gyakushû / Gigantis the Fire Monster
Godzilla Raids again / The Return of Godzilla
Réalisateur: Motoyoshi Oda
Interprètes: Hiroshi Koizumi

 

Setsuko Wakayama
Minoru Chiaki
Takashi Shimura
Masao Shimizu
Seijirô Onda
 
Année: 1955
Genre: Kaiju Eiga
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Connaissant la frénésie qui s’empara de la Toho à la fin des sixties, il n’est guère surprenant que la compagnie ait seulement attendu six mois avant de livrer une première séquelle à GODZILLA, leur énorme succès en 1954. Ishiro Honda étant occupé sur le tournage de HALF HUMAN et le producteur Tomoyuki Tanaka ne souhaitant pas attendre qu’il soit disponible, la mise en scène du RETOUR DE GODZILLA est confiée à Motoyshi Oda, déjà responsable d’une dizaine de métrages à petit budget et dont se sera l’unique incursion sur la saga.

Un pilote d’avion, Shochi Tsukioka, patrouille le ciel pour le compte d’une importante pêcherie d’Osaka. Un jour, il part secourir un de ses collègues, Koji Kobayashi, dont l’avion s’est posé, suite à des problèmes de moteur, sur une petite île perdue. Les deux amis découvrent bientôt que l’endroit est habité par deux monstres gigantesques, un nouveau Godzilla et un dinosaure surnommé Angiras. Leurs ennuis mécaniques réglés, Kobayashi et Tsukioka reprennent l’avion et quitte l’île avant de rédiger leur rapport aux autorités, lesquelles acceptent immédiatement cet incroyable récit.

De son côté, le docteur Yamane (Takashi Shimura, reprenant son rôle du premier GODZILLA) va convaincre tout un chacun de la menace que les deux créatures font peser sur le Japon. Malheureusement, le secret de l’arme absolue inventée par le Dr Serizawa, le Destructeur d’Oxygène, a disparu avec la mort du savant. Si le deuxième Godzilla venait attaquer Tokyo nul ne pourrait par conséquent le vaincre ! Très préoccupé, le ministre de la défense établit un plan visant à sécuriser les côtes à l’aide de batterie de canons et de flottilles d’avions de chasse. Il impose également un couvre-feu, le lézard atomique étant apparemment attiré par la lumière. Malheureusement, une explosion, provoquée par l’évasion de détenus pensant profiter de la confusion pour s’enfuir, attire l’attention de Godzilla, bientôt suivi d’Angiras. Les deux créatures géantes se dirigent vers Osaka et détruisent tout sur leur passage mais le Big G triomphe néanmoins de son adversaire. Mais l’armée tente toujours de débarrasser le Japon du monstre atomique, repéré dans les glaces du pôle, et une expédition suggère d’ensevelir définitivement Godzilla sous une énorme avalanche…

LE RETOUR DE GODZILLA souffre de nombreux défauts, souvent récurrents dans la saga, comme un temps d’exposition excessivement long et des personnages humains bien moins intéressants que les énormes monstres. Cependant, le métrage possède également d’indéniables qualités, en particulier un affrontement brutal entre le Big G et son adversaire Angiras.

Contrairement aux épisodes ultérieurs qui useront d’un anthropomorphisme pénible et proposeront des combats inspirés par les mouvements de la lutte ou du catch, le duel reste ici bestial et les deux kaiju se rentrent dans le lard avec une fureur réellement animale. Si le film manque de punch, la dernière partie, située sur une île couverte de glace, s’avère spectaculaire et effective, multipliant les attaques aériennes, les bombardements et les explosions afin d’enfuir Godzilla sous les glaces, le monstre répliquant en utilisant son feu nucléaire pour pulvériser les infortunés militaires.

Bref, du pur divertissement populaire réjouissant à souhait. Si le film n’affiche pas les mêmes ambitions que le premier GODZILLA et tourne déjà le dos, du moins en partie, à l’utilisation du monstre comme métaphore cathartique du feu nucléaire ayant ravagé le Japon, LE RETOUR DE GODZILLA fonctionne comme un honnête kaiju que l’on suit avec plaisir et sans ennui. A redécouvrir pour les nostalgiques de monstres géants…

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2011