LE RETOUR DE SABATA
Titre: È tornato Sabata... hai chiuso un'altra volta
Réalisateur: Gianfranco Parolini
Interprètes: Lee Van Cleef

 

Reiner Schöne
Giampiero Albertini
Pedro Sanchez
Karis Vassili
Nick Jordan
Annabella Incontrera
Année: 1971
Genre: Western
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1969, SABATA avait imposé un nouveau personnage, incarné par Lee Van Cleef : le pistolero tout de noir vêtu Sabata, équipé de divers gadgets meurtriers lui permettant de se défaire de ses ennemis. Gros succès commercial, SABATA devait entraîner une vague d’imitations plus ou moins fidèles ainsi qu’une séquelle officielle, ce RETOUR DE SABATA, poussant encore plus loin l’aspect extravagant du scénario.

Avec ses armes dissimulées, ses acrobates de cirques, ses trucs et astuces diverses, LE RETOUR DE SABATA s’inscrit résolument dans la lignée des James Bond et, plus encore, de la série télévisée « Les Mystères de l’Ouest ». La séquence d’introduction, extraordinaire, donne d’ailleurs le ton : Sabata affronte une série d’adversaires dans un décor baroque, les supprimant un par un jusqu’à épuiser ses munitions. Le dernier « méchant » apparaît alors mais Sabata l’abat à l’aide d’une petite arme dissimulée dans la crosse de son révolver ! Le tout se conclut par l’arrivée d’une troupe de clowns et nous comprenons alors qu’il s’agit d’un spectacle de cirque dans lequel brille notre pistolero. Eclairée avec soin, saturée de couleurs semblant surgies des meilleurs films de Mario Bava, réalisée avec un grand sens esthétique, cette introduction rythmée et violente annonce un métrage de haute volée.

Malheureusement, LE RETOUR DE SABATA ne sera jamais à la hauteur de ces dix minutes anthologiques, la faute à un scénario inutilement compliqué et peu passionnant. Sabata accompagne donc un cirque itinérant dont il soupçonne le « magicien » de commettre des activités illicites. En arrivant dans la petite ville de Hobsonville, l’assistante de l’illusionniste est découverte étranglée et Sabata met rapidement à jour les machinations d’un certain Joe McIntock, sorte de parrain local d’une « mafia » irlandaise. Les habitants de Hobsonville doivent s’acquitter de taxes exorbitantes, en particulier sur le jeu et la prostitution. Deux activités chéries par un Sabata refusant de payer son dû aux notables corrompus. Accompagné d’un ancien copain d’armée surnommé Lieutenant, du crieur public et de deux acrobates de cirque, Sabata décide de s’emparer des richesses de McIntock et dévalise la banque. Mais il découvre alors que l’argent stocké est faux !

Compliquée, l’intrigue l’est assurément mais sans parvenir à captiver un spectateur vite lassé des nombreux retournements de situations aussi poussifs que peu crédibles. Reste heureusement la présence de Lee Van Cleef, nettement moins inquiétant que dans le premier volet mais toujours aussi professionnel. L’acteur suit l’évolution (la déchéance dirons certains) du western à l’italienne en accentuant l’aspect humoristique d’un pistolero jadis quasiment démoniaque et présent davantage porté vers les clowneries plus ou moins drôles. Souriant, décontracté, bon vivant, Sabata fréquente les prostituées, gagne des fortunes à la roulette et défie les notables de la bourgade sans se départir de son côté relax prononcé. Une classe naturelle de séducteur viril à mi-chemin entre le Sean Connery des James Bond et le Belmondo de la grande époque.

Les gadgets, eux, répondent évidemment présents via des cigares lance-fléchettes, des pistolets dissimulés et un improbable « crache-mitraille », une arme miniature mais redoutable que Sabata dissimule dans la paume de sa main. Aux côtés de Lee Van Cleef on découvre également Vassili Karis, second rôle de plusieurs westerns (WANTED SABATA, ON L’APPELE KING) qui décrochera des années plus tard le premier rôle dans le western « gore » SCALPS de Bruno Mattei. Karis compose ici un acrobate talentueux, adepte du lance-pierre, arme redoutable qu’il utilise avec une grande dextérité en s’allongeant sur le dos et en tendant l’élastique entre ses pieds.

Deux autres acteurs du premier film reviennent effectuer un tour de piste dans ce second volet : Pedro Sanchez et Aldo Conti (alias Nick Jordan). Bizarrement ils incarnent tous deux de nouveaux personnages mais restent dans la droite ligne de ceux qu’ils jouaient dans le premier SABATA. Un manque de cohérence et de cohésion trahissant l’aspect bricolé et hâtivement confectionné de cette séquelle aux ambitions limitées, sans doute uniquement confectionnée dans un but commercial.

En résumé, LE RETOUR DE SABATA s’avère un western italien très moyen et plutôt décevant en dépit de l’unes ou l’autre séquence réussie. Ni vraiment parodique ni suffisamment sérieux pour fonctionner au premier degré, le métrage hésite sur la voie à suivre et aboutit à une oeuvrette relativement divertissante mais un peu trop laborieuse pour ne pas ennuyer.

Une déception, certes relative, mais réelle pour un « retour » qu’on eut aimé de meilleure tenue.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2009