BLOOD CAMP
Titre: Return to Sleepaway Camp /
Sleepaway Camp V: The Return
Réalisateur: Robert Hiltzik
Interprètes: Vincent Pastore

 

Michael Gibney
Felissa Rose
Paul DeAngelo
Isaac Hayes
Jonathan Tiersten
Erin Broderick
Année: 2008
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur Elephant
Critique:

Sous ce titre « français » anodin et passe partout se cache, en réalité, RETURN TO SLEEPAWAY CAMP, quatrième séquelle d’un slasher culte des années ’80, MASSACRE AU CAMP D’ETE, resté célèbre pour l’inventivité de ses meurtres et, surtout, la personnalité de son assassin, un(e) transsexuel(le).

Vu le succès de ce premier film, la série se poursuivit, cinq ans plus tard, avec deux séquelles (SLEEPAWAY CAMP 2 : UNHAPPY CAMPERS et SLEEPAWAY CAMP 3 : TEENAGE WASTELAND), lesquelles versent dans la parodie gore et occultent totalement l’aspect malsain et cruel du premier volet. Mise en veilleuse, la saga amorce un retour avorté en 2002 via un SLEEPAWAY CAMP IV : THE SURVIVOR resté inachevé suite à la faillite des producteurs et dont ne subsiste, pour l’instant, qu’une copie de travail d’une demi-heure (même si le film terminé devrait, finalement, voir le jour prochainement).

Il faut attendre 2003 pour que Robert Hiltzik, réalisateur de l’original, se décide à donner une « véritable » séquelle à MASSACRE AU CAMP D’ETE, laquelle oublie les trois précédentes et se veut un « remake / hommage / suite » destiné à ramener sur le devant de la scène les protagonistes préférés des fans.

Le projet prometteur aboutit, en 2008, à ce piètre RETURN TO SLEEPAWAY CAMP, désastreuse tentative qui prouve, malheureusement, que Hiltzik (inactif depuis le premier volet) n’a aucunement progressé en un quart de siècle. Au contraire, tout ce qui rendait l’original plaisant a disparu, remplacé par une débilité insondable inspirée des pires comédies de lycée américaines. Tandis que l’héroïne de MASSACRE AU CAMP D’ETE, Angela, était prise à partie sans raison par ses condisciples (très cons d’ailleurs) et provoquait l’empathie, voire la sympathie, du spectateur, son remplaçant, Alan, se révèle un abrutis complet, un adolescent attardé, stupide et dégueulasse. Difficile par conséquent de se sentir concerné par les blagues lamentables que subit cet imbécile de la part d’une bande de teenagers tout aussi idiots et pathétiques. Bref, le film devient rapidement épuisant par l’insupportable crétinisme de ses personnages et lorsque les meurtres se succèdent enfin, le spectateur en vient à féliciter le tueur d’éliminer de tels déchets humains.

Malheureusement, Robert Hiltzik attend près d’une heure avant de proposer quelques scènes gore dignes de ce nom et le début du long-métrage se révèle, lui, excessivement timoré. Le film se focalise entièrement, hélas, sur des gags lourdingues à côté desquels ceux d’un quelconque AMERICAN PIE pourrait passer pour des sommets de finesse raffinée.

La révélation du whodunit, pour sa part, s’avère tellement évidente et prévisible que l’on soupçonne le cinéaste de garder un atout – et une révélation - dans la manche. Hélas, il n’en est rien et le coupable est bel et bien celui que chacun soupçonnait depuis le début. Risible !

Assommant de bêtise crasse et assumée, empli de personnages horripilant atrocement interprétés par des acteurs lamentables et filmé sans le moindre sens du suspense ou même de l’effet choc (les crimes durent une plombe et ne possèdent aucun impact!), BLOOD CAMP constitue non seulement une séquelle honteuse et inexcusable mais s’inscrit, en outre, parmi les pires slashers de tous les temps.

A fuir sans remords !

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2011