RITUALS: ILS ETAIENT CINQ
Titre: Rituals / The Creeper
Réalisateur: Peter Carter
Interprètes: Hal Holbrook

 

Lawrence Dane
Robin Gammell
Ken James
Gary Reineke
 
 
Année: 1977
Genre: Slasher / Survival / Aventures
Pays: USA / Canada
Editeur  
Critique:

Mélange de survival et de slasher, RITUALS ne dissimule guère sa principale source d’inspiration, puisée dans le DELIVRANCE de John Boorman. Cependant, si Peter Carter, un cinéaste méconnu décédé à 48 ans et ayant surtout travaillé pour les petits écrans, reprend les grandes lignes du film de Boorman, il opte pour un style très différent. Au drame d’action précité, Carter préfère un thriller horrifique pur et dur et propose une poignée de scènes brutales et sanglantes.

Cinq médecins partent en randonnée dans les régions montagneuses et forestières du Canada, à des dizaines de kilomètres de la civilisation. Rapidement les docteurs soupçonnent une présence hostile et, un matin, ils constatent que toutes leurs chaussures, excepté une paire, sont manquantes. Un membre du groupe part donc chercher de l’aide mais les quatre amis restant reçoivent encore des avertissements menaçants, comme une tête de cerf décapitée. Bientôt, il apparaît qu’un inconnu les traque et que ce mystérieux personnage ne souhaite pas qu’ils puissent sortir vivants de la forêt.

Dense et violent, RITUALS n’en reste pas moins un produit de son temps, réalisé à une époque où les performances d’acteurs avaient encore droit de citer dans le domaine de l’épouvante. Le long-métrage s’appuie donc essentiellement sur l’interprétation de ses protagonistes, isolés en pleine nature et persécutés par un tueur aux motivations au départ incertaines. Dans le rôle principal, Hal Holbrook (MAGNUM FORCE, THE FOG) se révèle excellent et tente, jusqu’au bout, de préserver un mince vernis de civilisation alors qu’il se trouve plongé dans une situation infernale entrainant une inévitable résurgence des instincts primitifs et du « chacun pour soi ».

Peu à peu, les motivations du tueur (traditionnelles et guère surprenantes) apparaissent mais ces victimes potentielles restent tout aussi désarmées et isolées, incapables d’affronter la sauvagerie méthodique de leur agresseur.

Les cinq amis, eux, sont décrits avec beaucoup de sensibilité et se révèlent à la fois crédibles et attachants. Aucun ne désire jouer au héros, aucun ne s’érige en meneur incontesté. Tous veulent simplement survivre à ce week-end transformé en véritable enfer.

La première « attaque » de leur tourmenteur, en apparence anodine, annonce d’ailleurs la suite : privé de leurs chaussures, les médecins éprouvent les pires difficultés à progresser dans cet environnement hostile et chacun de leur pas constituent un nouvel aiguillon de souffrance. Bien pensé ! La violence, pour sa part, survient de manière abrupte et soudaine et, quoique timorée, se révèle souvent choquante grâce à une mise en scène appropriée et au potentiel de sympathie généré par les personnages.

Le gore reste élusif et bref mais les rares moments graphiques (une tête tranchée plantée sur un pieu, un corps brûlé vif, des blessures saignantes) sont utilisés à bon escient et sans verser dans le Grand-Guignol. Un bel équilibre. Efficace et angoissant, RITUALS souffre, aujourd’hui, des nombreuses imitations ultérieures (comme le plaisant SURVIVANCE ou le très moyen THE FINAL TERROR) qui reprirent sa formule de base au point de la vider de sa substance.

Cependant, le film de Peter Carter demeure un des meilleurs exemples de survival / slasher des années 70 ou 80 et mérite bien une vision attentive pour les cinéphiles curieux.

 

Fred Pizzoferrato - Juillet 2014