ROBIN DES BOIS ET LES PIRATES
Titre: Robin Hood e i pirati
Réalisateur: Giorgio Simonelli
Interprètes: Lex Barker

 

Jocelyn Lane
Rossana Rory
Mario Scaccia
Walter Barnes
Edith Peters
Giulio Donnini
Année: 1960
Genre: Aventures / Cape et épée / Piraterie
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1960 par Giorgio Simonelli, ROBIN DES BOIS ET LES PIRATES constitue une manière pour les Italiens de capitaliser sur la série télévisée « Les aventures de Robin des Bois », mettant en scène Richard Greene. Ce-dernier est également, à la même époque, la vedette du long-métrage de Terence Fisher, LE SERMENT DE ROBIN DES BOIS, sorti en 1960. Bref, le justicier de Sherwood a le vent en poupe et certains comptent bien en profiter, à commencer par les Italiens qui produiront également, peu après, LE TRIOMPHE DE ROBIN DES BOIS, signé Umberto Lenzi.

Bien sûr, petit budget oblige, ROBIN DES BOIS ET LES PIRATES ne peut concurrencer ses rivaux plus fortunés mais n’en demeure pas moins étonnamment divertissant pour ce genre de « sous-produits ». Pour incarner Robin, le choix se porte sur le blondinet Lex Barker, surtout célèbre pour avoir pris la succession de Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan, qu’il joua à cinq reprises entre 1949 et 1953. Au cours des années soixante il fut aussi, de manière récurrente, Shatterhand dans la saga western WINNETOU.

Son Robin se montre très conventionnel mais relativement crédible même si on le voit assez peu utiliser son arc. Il ne vole même pas les riches, se contentant de lutter contre un méchant tyran et de reconquérir sa promise. Bref, n’importe quel chevalier aurait sans doute agi de manière similaire et le nom de Robin des Bois tient ici, surtout, du gimmick commercial.

De son côté, le réalisateur prolifique Simonelli a tourné une soixantaine de longs-métrages au cours d’une carrière longue de trente ans, illustrant tous les genres populaires en vogue, du western au péplum (MACISTE DANS LA VALLEE DES DIEUX) en passant par la parodie d’espionnage (GOLDGINGER). Il confère à ce ROBIN DES BOIS ET LES PIRATES une belle énergie et un rythme soutenu qui font, en partie, oublier la banalité du script.

L’intrigue se révèle, en effet, très classique : Robin des Bois revient des croisades et tombe aux mains d’une bande de pirates dont le navire ne tarde pas à sombrer. Le valeureux archer regagne ensuite le comté de Sherwood (situé, étrangement, dans une région ensoleillée clairement méditerranéenne) pour y retrouver son paternel. Hélas, ce dernier est mort et le tyrannique Brooks a pris le pouvoir, accablant les paysans de taxes. Robin des Bois, amoureux de la belle Karin, s’en retourne donc auprès des pirates et, après avoir triomphé de leur chef surnommé Le Borgne, prend leur tête. Robin promet alors aux pirates un nouveau navire si ceux-ci l’aide à détrôner Brooks et à redevenir le maître de Sherwood.

ROBIN DES BOIS ET LES PIRATES ne propose rien de bien neuf, se contentant de substituer aux joyeux compagnons de l’archer une bande de pirates tout aussi joyeux menés par un capitaine grassouillet et (faussement) borgne. Au lieu d’une forêt anglaise, le film propose un rivage battu par les vagues sur lequel se dresse une fière citadelle. Un décor exotique un peu surprenant mais bien exploité par le cinéaste, la beauté des sites naturels compensant, en partie, la pauvreté des costumes et le manque de figuration.

Très linéaire et prévisible, le métrage accumule les clichés sans en oublier un seul (pas même le mariage forcé de la femme amoureuse de Robin des Bois) mais adopte un ton léger rendant la pilule plus facile à digérer. L’essentiel de l’humour provient des flibustiers eux-mêmes et plus encore d’une bande de femmes de couleur présentes aux côtés des pirates. Leur chef, Bamboula (!) est incarnée par la chanteuse Edith Peters qui pousse d’ailleurs la chansonnette au cours du métrage et délivre quelques dialogues enjoués assez réjouissants.

D’une durée d’à peine 80 minutes, ROBIN DES BOIS ET LES PIRATES ne cherche pas à révolutionner l’histoire du cinéma, juste à offrir une aventure distrayante riche en péripéties attendues, en cascades prudentes, en combat à l’épée énergiques et en humour enfantin. Une bonne volonté payante tant le métrage, en dépit de ses nombreuses et indéniables faiblesses, se révèle sympathique.

Pour ceux qui connaissent Robin des Bois par le biais des superproductions épiques avec Kevin Costner ou Russel Crowe, cette version italienne paraîtra sans doute très pauvre et sans beaucoup d’intérêt. En revanche les amateurs de bis décomplexé, rigolo et rythmé, nostalgiques de ces petits films sans prétention mais divertissants, sitôt vus et sitôt oubliés, peuvent y jeter un œil sans risquer de s’ennuyer.

 

Fred Pizzoferrato - Février 2011