SABATA
Titre: Ehi amico... c'è Sabata, hai chiuso!
Réalisateur: Gianfranco Parolini
Interprètes: Lee Van Cleef
William Berger
Aldo Canti
Linda Veras
Ignazio Spalla
Franco Ressel
 
Année: 1967
Genre: Western
Pays: Italie
Editeur  
4 /6
Critique:

Petit classique bien connu du Western spaghetti, le premier SABATA repose essentiellement sur les épaules de Lee Van Cleef, véritable incarnation du héros (ou anti-héros) typique de ce genre de film. Il incarne ici une sorte de justicier / chasseur de prime cynique venu semer la pagaille dans une petite ville soumise à la loi d'une poignée de nobles corrompus.

Lee Van Cleef réitère d'ailleurs plus ou moins sa prestation du colonel Mortimer de ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS mais il le fait avec talent et conviction. Personnage ambigu soucieux de rester dans la légalité mais souvent plus préoccupé de son enrichissement personnel que d'œuvrer pour la loi, Sabata est en quelque sorte l'archétype du cow-boy made in Italy. William Berger joue, pour sa part, le rôle de Banjo, un musicien désoeuvré traînant au saloon local et jouant de son instrument tout autant que de la Winchester, justement dissimulée dans le manche de son banjo!

Les relations développées par ses deux personnages prêts à tout pour une poignée de dollars (enfin 100 000 dollars quand même!) sont vraiment intéressantes et possèdent l'humour bien particulier du genre. Le scénario, évidemment, n'est pas le plus original que l'on ait vu dans un Western spaghetti, avec sa bande de notables désireux d'acheter à bon prix des terrains dont la valeur montera en flèche suite au passage du chemin de fer.

Comme souvent on retrouve un certain petit contexte politique plutôt gauchiste puisque tous les puissants (maire, représentant de la loi, curé,…) sont présentés comme des exploiteurs du peuple toujours prêt à énoncer une phrase pompeuse tirée d'un bouquin de philosophie pour justifier leurs exactions. L'action est rythmée et innovante, Sabata possédant plus d'un tour dans son sac…parfois même au sens propre lorsqu'il se débarrasse d'un prêtre ripoux à l'aide d'une arme dissimulée dans sa mallette.

Les trucs, astuces et autres gadgets dont sont équipés les personnages confèrent une note de pur divertissement à un métrage soigné au rythme efficace. Les scènes d'action sont nombreuses et les inévitables duels au révolver plutôt bien troussé, même si le final déçoit quelque peu et que l'ultime rebondissement paraisse téléphoné.

La musique, elle, participe à l'ambiance et, aux thèmes traditionnelles du Western, s'ajoute quelques notes d'orgues qui confèrent une ambiance un brin funèbre à certains passage.

Même si il peut paraître un brin longuet, SABATA constitue un très honnête Western qui n'a pas volé sa réputation de classique mineur et permet, en dépit de certaines faiblesses, de passer un bon moment.

Fred Pizzoferrato - Mars 2007