SARTANA NE PARDONNE PAS


Titre: Sonora
Réalisateur: Alfonso Balcázar
Interprètes: George Martin

 

Gilbert Roland
Jack Elam
Antonio Monselesan
Donatella Turri
Gérard Tichy
Rosalba Neri
Année: 1968
Genre: Western
Pays: Italie / Espagne
Editeur
Critique:
Voici un western typique dans lequel George Martin campe Sartana, incarné ici en pistolero vengeur parti aux trousses de Slim (le vétéran Jack Elam), l’homme qui a violé et tué sa fiancée. En chemin, Sartana (tout de noir vêtu évidemment) rencontre le chasseur de prime Kirshner (le Mexicain Gilbert Roland). Il croise aussi la route de divers bandits mexicains. Vengeance, rivalité, lingots d’or…Ca fait beaucoup pour une petite ville et bien des conflits se règleront à coup de révolvers.

Excepté une scène humoristique entre Sartana et Kirshner, le long-métrage est sérieux et bien tenu, tirant le meilleur parti de son intrigue. Bien sûr, celle-ci s’avère classique et prévisible dans ses grandes lignes. Mais les personnages sont joliment brossés et fort bien interprétés, ce qui permet d’accepter les nombreux dialogues et le relatif manque d’action. Quelques éclats de violence parsèment toutefois le récit, en particulier durant deux duels assez originaux, les adversaires ayant chacune une unique balle dans leur barillet.

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L’affrontement, façon roulette russe revisitée, s’étire ainsi sur une longueur conséquente, la tension grimpe et la sueur coule sur les visages crispés. Le tout au son d’une musique fort plaisante. Evidemment, SONORA – SARTANA NE PARDONNE PAS n’est pas exempt de défauts, notamment une première scène romantique entre le héros et sa femme qui abuse des clichés et des ralentis. Cette entame fait craindre le pire mais, heureusement, la suite rattrape ces maladresses quoique le rythme reste souvent défaillant. Le prolifique Alfonzo Balcazar (une trentaine de réalisations dans les genres les plus divers dont un paquet de westerns) mène adroitement sa barque mais confond parfois création d’atmosphère et lenteur excessive au risque de voir poindre l’ennui. Il reprend de nombreux éléments, narratifs et stylistiques, aux classiques de Sergio Leone, rebaptise son héros (Sonora devient ainsi Sartana suite au triomphe du fameux SARTANA) et fait grimper la tension jusqu’au duel final, en configuration triangulaire évidemment, opposant le héros à l’infâme Slim sous la direction d’un ambigu Kirshner.

Prévisible, sans grande surprise, SONORA – SARTANA NE PARDONNE PAS s’avère néanmoins correctement emballé, plutôt bien interprété et bénéficie d’un scénario passable sublimé par une bande sonore délicate et une mise en scène réussissant à cacher la misère du budget (format 4/3 et décor quasi unique compris) pour aboutir à un western sympathique.

Ni un ratage ni une grande réussite, SONORA – SARTANA NE PARDONNE PAS se situe dans la bonne moyenne du genre et saura contenter les amateurs à défauts de les combler complètement.

Fred Pizzoferrato - janvier 2018