SATANIK
Titre: Satanik
Réalisateur: Piero Vivarelli
Interprètes: Magda Konopka

 

Julio Peña
Umberto Raho
Luigi Montini
Armando Calvo
Mimma Ippoliti
 
Année: 1968
Genre: Thriller fantastique
Pays: Italie
Editeur Artus Films
Critique:

Publié durant une dizaine d’années (la série débute en 1964), Satanik est une bande dessinée italienne pour adulte dessinée par Magnus et scénarisée par Max Bunker. En France, elle sera diffusée sous le titre de Demoniak, Satanik ayant été précédemment utilisé.

Le film, réalisé par Piero Vivarelli, reprend la trame générale du fumetti en plaçant au premier plan Magda Konopka (vue dans le déjanté BLINDMAN LE JUSTICIER AVEUGLE), laquelle incarne Marny Bannister, scientifique de génie affligée d’une maladie de peau la rendant repoussante. Travaillant à une formule susceptible de restaurer sa beauté, la jeune femme sombre dans la folie après avoir ingéré une drogue expérimentale qui la transforme provisoirement en attractive tentatrice. Utilisant les nouvelles possibilités de son corps de rêve, la demoiselle se rebaptise Satanik (enfin on le suppose puisque le mot n’est, en réalité, jamais prononcé !) et entame une nouvelle carrière de criminelle malfaisante.

S’éloignant de ses racines, nettement plus corsées et sadiques selon les spécialistes, SATANIK joue la carte du divertissement populaire « pop » et sans conséquences. L’heure, en effet, était à la légèreté, entre les méchants ourdissant des plans de domination planétaire dans les dérivés de James Bond et les facéties d’un Jean Marais grimé dans la trilogie d’André Hunebelle consacrée à FANTOMAS.

Piero Vivarelli va donc transformer la super criminelle en une méchante ambigüe, aussi pathétique que séduisante une fois la drogue absorbée, préfigurant ainsi le DOCTEUR JEKYLL & SISTER HYDE tourné quelques années plus tard par la Hammer. Cinéaste venant d’adapter un autre fumetti avec le peu réputé MISTER X, Piero Vivarelli remet le couvert et se débrouille comme il peut (c’est-à-dire assez mal) avec son budget rachitique.

Concentré sur sa polonaise préférée, à savoir la très sexy Magda Konopka, le metteur en scène se préoccupe surtout de l’érotiser au maximum tout en restant finalement dans des limites assez prudes. La belle change donc de tenue quasiment à chaque plan, dévoile ses dessous en faisant voltiger sa mini-jupe et se permet quelques plans de nudité timide, notamment lors d’un strip-tease où elle arbore (enfin !) sa tenue noire de super-vilaine.

Si les maquillages sont ratés, les bagarres ringardes et les scènes d’action dans l’ensemble piteuses, SATANIK se suit cependant sans trop d’ennui, sa courte durée le rendant au final plutôt sympathique avec un brin d’indulgence. Certes tout ça manque de punch, de sexe, de violences et d’idées débilo-rigolotes indissociables de ce genre de produit de pure exploitation mais l’ensemble reste divertissant.

Objectivement, il y a peu à dire sur ce film dans lequel les défauts l’emporte largement sur les qualités mais les prémices sympathiques, le côté psychédélique mal branlé et le charme indéfinissable autant que suranné de ce SATANIK reste palpable. Pour les plus indulgents, cela suffira à excuser les nombreuses erreurs, faux-raccords et autres ratages éhontés, sans compter des parlottes pas toujours à propos (magnifique tirade sur la supériorité des truites de torrents sur celles des lacs pour les papilles gustatives !) qui tiennent manifestement du remplissage.

Généralement peu apprécié, SATANIK ne peut rivaliser avec les classiques du cinéma fumetti (L’excellent KRIMINAL d’Umberto Lenzi et le célébré DANGER DIABOLIK de Mario Bava) mais offre toutefois quatre-vingt minutes de délassement pour les nostalgiques. Ce n’est pas beaucoup mais ce n’est pas si mal.

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2014