SAVAGE WEEK END
Titre: The Killer Behind The Mask
Réalisateur: David Paulsen & John Mason Kirby
Interprètes: Christopher Allport

 

Jim Doerr
David Gale
Devin Goldenberg
Marilyn Hamlin
Caitlin O'Heaney
Jeff Pomerantz
Année: 1979 (filmé en 1976)
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Tourné en 1976 sous le titre « The Killer Behind the Mask », ce petit film connaît une brève exploitation dans les salles obscures, disparaît de la circulation et ressort finalement, en 1981, sous le titre SAVAGE WEEK END. Présenté comme un des premiers slashers et, accesoirement, comme un métrage « choquant », cette production quasiment amateur a pourtant peu de qualité pour convaincre le spectateur le plus indulgent.

La new-yorkaise Marie désire se remettre de la dépression nerveuse ayant conduit son mari en hôpital psychiatrique en passant le week end aux côtés du riche Robert Fathwood. Ce-dernier assemble en ce moment un énorme bateau dans une région campagnarde isolée, un bon prétexte pour une petite excursion rurale. En compagnie de quelques amis, Marie et Robert gagnent cette belle région boisée et passnt le temps tranquillement, goûtant aux joies de la pêche ou du bain de soleil. Malheureusement, la petite bande ne tarde pas à rencontrer quelques individus peu recommandables, dont un psychopathe affublé d’un masque effrayant…

Durant plus de la moitié de son temps de projection, SAVAGE WEEK END se contente de présenter une poignée de personnages stéréotypés : l’obsédé, la salope, le gay caricatural et flamboyant voisinent avec le couple, vedette composé d’un riche homme d’affaire et d’une séduisante trentenaire dont le mari vient de sortir de l’asile où il était interné.

Outre William Sanderson, vu entre autre dans BLADE RUNNER, FIGHT FOR YOUR LIFE (classé « nasty » par les Anglais) et la série télévisée « True Blood », SAVAGE WEEK END compte à son générique quelques noms relativement connus, dont Christopher Allport. Familier des petits écrans (« Dynastie »), Allport participa aussi à POLICE FEDERALE LOS ANGELES et aux deux JACK FROST avant son décès, dans une avalanche, survenu en 2008. David Gale, célèbre pour son rôle dans les deux premiers volets de RE ANIMATOR est également de la partie.

Languissant et ennuyeux, SAVAGE WEEK END meuble péniblement le vide en multipliant les palabres inintéressantes et les intermèdes gentiment sexy dans la plus pure tradition du cinéma d’exploitation des seventies. Scène de séduction, déshabillage lascif devant l’homosexuel du groupe, tentative de viol plus ou moins consenti, voyeurisme, bronzette en petite tenue et dessous affriolants, le cinéaste joue la carte de l’érotisme mais reste trop timoré pour gagner le public à sa cause. Certains passages se montrent d’ailleurs particulièrement curieux, en particulier la danse sensuelle d’une demoiselle devant l’homosexuel, lequel assiste également aux ébats du couple vedette tout en se mutilant à l’aide de fil de fer barbelé. Une séquence suggestive impliquant la traite d’une vache de manière évocative passe, un peu plus tard, pour un sommet d’érotisme torride mais aboutit surtout à un grand moment de portnawak ringard et involontairement drôle.

Hélas, toutes ces scènes voulues sexy finissent par ennuyer les plus résistants, lesquels se désespèrent de voir, enfin, quelque chose se passer. Il leur faudra pourtant attendre la dernière demi-heure pour finalement recevoir leur dose de slasher routinier, ponctué d’une poignée de meurtres. Ces derniers se révèlent raisonnablement inventifs mais se déroulent essentiellement hors champ, une frustration supplémentaire pour les amateurs de gore.

De son côté, le cinéaste David Paulsen, futur réalisateur du thriller horrifique SCHYZOID et de plusieurs épisodes de « Dallas » et « Dynastie », tente de convaincre le public que le meurtrier est un certain Otis, joué par William Sanderson (vu ensuite dans BLADE RUNNER, ŒIL POUR ŒIL, etc.) mais nul n’est dupe de l’identité du véritable assassin. Le passage le plus audacieux reste, toutefois, une séquence flashback au cours de laquelle le Otis en question attache sa cousine avant de lui marquer la poitrine au fer rouge pour la punir de sa « méconduite ». Le climax propose, pour sa part, un duel pitoyable entre un protagoniste armé d’une machette et le tueur équipé d’une tronçonneuse.

Techniquement, SAVAGE WEEK END se révèle affligeant et le spectateur le moins attentif perd rapidement le compte des erreurs de mise en scène et des microphones clairement visibles dans le champ.

Production médiocre et dénuée de saveur, réalisée sans la moindre inspiration, SAVAGE WEEK END constitue, en définitive, un métrage routinier mêlant érotisme foireux, gore timoré et suspense déficient pour aboutir à une œuvre bâclée qui se regarde avec indifférence, pour ne pas dire ennui.

Non recommandable.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2011