SCHOOL KILLER
Titre: School Killer
Réalisateur: Carlos Gil
Interprètes: Paul Naschy

 

Carlos Fuentes
Zoe Berriatúa
Olivia Molina
Carmen Morales
Elena Candorcio
Manuela Velasco
Année: 2002
Genre: Horreur / Slasher
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Slasher espagnol sorti en 2001, SCHOOL KILLER constitue la première mise en scène de Carlos Gil, lequel possédait déjà une longue carrière en tant qu’assistant réalisateur puisqu’il avait travaillé sur des titres prestigieux comme QUAND LES DINOSAURES DOMINAIENT LE MONDE, JAMAIS PLUS JAMAIS ou la trilogie INDIANA JONES. Il propose ici un bizarre slasher au sujet de six étudiants partis explorer une ancienne école laissée à l’abandon afin d’y passer la nuit. Très vite, nos jeunes gens comprennent qu’ils ne sont pas seuls dans l’établissement et des événements inquiétants surviennent : leurs portables ne fonctionnent pas mais un téléphone débranché se met à sonner, leur voiture refuse de démarrer, des lumières s’allument alors que le courant est coupé depuis des années, une fête semble se dérouler dans l’école,…De plus, un homme mystérieux et d’apparence fantomatique (Paul Naschy) surveille les jeunes gens. Le meneur du groupe, Ramon, finit par avouer à ses amis la véritable raison de sa venue dans l’école, laquelle est liée à cinq crimes survenus en 1973 et dont l’unique survivant fut son père. Ce-dernier avait, finalement, réussi à supprimer l’assassin avant de cacher son cadavre au fond d’un puits. Depuis, l’école semble maudite…

Volontiers inscrit dans les codes « post modernes » du méta slasher, SCHOOL KILLER multiplie les références puisqu’après moins de dix minutes de projection les principaux protagonistes ont déjà discutés de VENDREDI 13, SCREAM, LES GRIFFES DE LA NUIT et LE PROJET BLAIR WITCH. Un peu plus tard, un des « héros » prend la situation en main, arguant qu’avoir vu beaucoup de films d’horreur lui permet de savoir comment se comporter.

Fidèle à la tradition du slasher, SCHOOL KILLER prend le temps de bâtir son atmosphère durant une première partie pas déplaisante mais, hélas, pas franchement passionnante non plus. Nos héros déambulent, une lampe torche à la main, dans les couloirs obscurs de l’école abandonnée dont nous découvrons, peu à peu, le passé (et le passif) sanglant puisqu’elle fut le théâtre d’un massacre près de trois décennies auparavant. Heureusement, cette partie « exposition » ne traine guère et l’action débute assez rapidement, après environ vingt minutes de projection.

Si SCHOOL KILLER n’évite toutefois pas quelques longueurs, l’adjonction d’éléments surnaturels lui confère davantage d’intérêt. Le long-métrage apparait d’ailleurs comme un mélange relativement convaincant de slasher basique et de « film de maison hantée », dans la lignée des productions fantastiques ibériques récentes. Le dernier tiers du film prend, en outre, quelques bifurcations inattendues qui incluent, entre autres, des boucles temporelles aboutissant à un climax particulièrement déroutant. Le twist final, bien amené quoique prévisible, s’avère, lui-aussi, plaisant et plus original que l’habituel sursaut du croquemitaine revenu commettre un ultime méfait.

Du côté de l’interprétation, si les jeunes acteurs espagnols, peu connus et surtout habitués de la petite lucarne, sont convaincants, l’attraction principale de ce SCHOOL KILLER (et, reconnaissons-le, la principale raison de le visionner) reste le légendaire Paul Naschy. Placé en tête de générique, Naschy doit, en réalité, se contenter d’un rôle secondaire et d’apparitions furtives mais menaçantes puisqu’il incarne le fantomatique croquemitaine qui décime les étudiants en vadrouille. Au niveau de la réalisation, Carlos Gil évite les facilités du « found footage » pour adopter une mise en scène classique. Malgré la présence d’un adepte de la caméra parmi les victimes potentielles et des premières images peu engageantes, Gil se refuse aux effets « modernes » et à la shaky-cam. Un bon point !

Cependant, si la pénombre perpétuelle, uniquement trouée par les faisceaux des lampes portées par les protagonistes, aide à bâtir un climat pesant, elle finit également par lasser et rend les scènes gore trop sombres et, par conséquent, peu effectives. Le flashback situé en 1973 s’avère, pour sa part, plus réussi et permet à Naschy de briller en maniaque homicide particulièrement hargneux et possessif vis-à-vis de « son » école.

En dépit de prémices balisés, SCHOOL KILLER insuffle une réelle originalité dans le genre sclérosé du slasher « estudiantin », ici grandement teinté de surnaturel. Une interprétation crédible, la présence imposante de Paul Naschy, une mise en scène plus soignée que de coutume, de bonnes idées et un climat effectif compensent donc les faiblesses d’un long-métrage trop timoré au niveau du gore et, surtout, trop sombre pour ne pas lasser. Le résultat se situe, en définitive, un peu au-dessus de la moyenne et se laisse voir sans déplaisir pour les nostalgiques des années ’80.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2013