SCREAMS OF A WINTER NIGHT
Titre:  
Réalisateur: James L. Wilson
Interprètes: Matt Borel

 

Gil Glasgow
Patrick Byers
Mary Agen Cox
Robin Bradley
Ray Gaspard
Beverly Allen
Année: 1979
Genre: Film à sketches / Epouvante
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé par des amateurs avec des moyens manifestement très restreints à une époque où le « film à sketches » avaient disparus des écrans, SCREAMS OF A WINTER NIGHT est une piètre curiosité de la fin des années ’70.

Très classique dans sa construction, le long-métrage envoie quelques amis en week-end dans un lieu réputé maudit. Sur place, la joyeuse petite bande se réchauffe au coin du feu et, pour se distraire, chacun commence à raconter une histoire effrayante. Toute cette introduction dure une vingtaine de minutes et teste la patience du spectateur avant le premier sketch, au classicisme éprouvé.

Un couple tombe en panne dans les bois et l’homme part à la recherche d’une station d’essence encore ouverte. Pendant ce temps, la demoiselle reste seule dans le véhicule et commence à angoisser tandis que des bruits sinistres se font entendre dans les environs. Illustration d’une bien connue « légende urbaine », le segment illustre le célèbre coup du petit copain pendu dont les pieds heurtent le toit d’une voiture…Le coupable serait-il un « bigfoot » ? Si l’histoire est aujourd’hui bien connue, elle s’avère racontée avec une certaine efficacité et sa brièveté la rend plutôt plaisante dans la limite de ses modestes ambitions. Si ce segment ne vole pas très haut il reste néanmoins largement supérieur aux deux autres, eux complètement ratés et risibles.

Après une nouvelle (bien trop longue) dose de blablas inutiles, SCREAMS OF A WINTER NIGHT délivre un deuxième sketch. Dans celui-ci, quelques hommes investissent une YMCA supposée hantée afin d’accomplir une initiation universitaire. Anticipant sur les arnaques à la PARANORMAL ACTIVITY ou les films « de couloirs », ce segment s’éternise longuement tandis que les protagonistes explorent l’endroit maléfique. Des bruits inquiétants se font entendre, l’angoisse monte (du moins en théorie car, en pratique, c’est plutôt l’assoupissement qui grimpe) et, au final, l’un des « explorateurs », devenu fou, danse dans une pièce baignée de lumière verte. Grandiose !

Les conversations reprennent avant le dernier épisode, la triste histoire d’une demoiselle plutôt mignonne et d’apparence sympathique qui, en réalité, se révèle psychopathe. Au cours d’une sortie romantique, la jeune fille commet l’erreur de refuser les avances de son très entreprenant petit ami. Celui-ci n’accepte pas la situation et tente de la violer mais demoiselle le tue d’un coup de couteau rageur puis maquille le meurtre. Elle prétend avoir été attaquée par un maniaque et reprend sa morne existence d’universitaire esseulée. Mais ses pulsions meurtrières ressurgissent lorsqu’elle voit sa colocataire sortir avec des hommes… « C’est une fille comme les autres…Cela peut arriver n’importe où et à n’importe qui » nous apprend la morale finale. Excepté quelques clins d’œil appuyé à Alfred Hitchcock et en particulier à PSYCHOSE, ce troisième sketch ne propose rien de véritablement intéressant, pas même un twist digne de ce nom.

Si la plupart des anthologies parviennent à proposer au moins un segment valable, SCREAMS OF A WINTER NIGHT brise cette règle tacite en se complaisant dans une triste médiocrité. Même si le premiers segment reste potable et se regarde sans déplaisir, les deux suivants sont pénibles et l’intrigue de liaison, tirée en longueur, se révèle ennuyeuse, ce qui rend l’ensemble particulièrement raté.

Toutefois, les dix dernières minutes s’avèrent plus palpitantes et rythmées : les forces du mal se déchainent à l’encontre des divers protagonistes coincés dans une cabane au fond des bois. Ce climax plaisant annonce, toutes proportions gardées, le futur EVIL DEAD et relève le niveau de ce qui précède. Cela ne suffit pas à sauver le film du naufrage mais permet, à tout le moins, de terminer ce long-métrage sur une note un poil plus positive. C’est déjà ça.

Pauvrement écrit, dirigé de manière paresseuse et interprété par des inconnus tout simplement atroces (qui se retrouvent, dans des rôles différents bien sûr, dans chacun des sketches), SCREAMS OF A WINTER NIGHT n’est surement pas un classique oublié de l’épouvante et s’apparente plutôt à une production minable et souvent consternante d’amateurisme.

En dépit du capital sympathie de l’entreprise, confectionnée par de jeunes fans d’une vingtaine d’années, difficile d’y trouver le moindre élément positif tant tout cela se révèle ennuyeux, languissant et sans intérêt. Sans doute un des pires « films à sketches » de l’histoire du cinéma.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2013