SHARK ATTACK II - LE CARNAGE
Titre: Shark Attack 2
Réalisateur: David Worth
Interprètes: Thorsten Kaye

 

Nikita Ager
Dan Metcalfe
Caroline Bruins
Danny Keogh
Rob van Vuuren
 
Année: 2001
Genre: Horreur / Sharksploitation
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Modeste production télévisée estampillée Nu Image, SHARK ATTACK relança à la fin des années ’90 la mode de la « sharksploitation », ces films de requins tueurs pullulant (polluant ?) sur les écrans depuis le triomphe historique des DENTS DE LA MER. Une entreprise suffisamment rentable pour que la compagnie se lance joyeusement sur la vague au travers de titres interchangeables comme SHARK ZONE, RAGING SHARK, SHARK FRENZY ou SHARK IN VENISE.

Très médiocre, SHARK ATTACK a évidemment eu droit à deux séquelles, à commencer par ce SHARK ATTACK 2 : LE CARNAGE un poil plus regardable que le premier film. Ce qui ne veut pas dire qu’il s’agisse d’une grande réussite, loin de là.

Cape Town, en Afrique du Sud. De dangereux requins mutants viennent roder non loin des plages et dévorent une jeune femme nommée Amy. Sa sœur, Samantha, survit à l’attaque mais reste traumatisée et développe une haine féroce vis-à-vis des squales. Une semaine plus tars, le docteur Nick Harris parvient à capturer un grand requin blanc qu’il garde en captivité dans le parc d’attractions maritimes Water World. Hélas, lors de l’inauguration d’une nouvelle attraction, le monstrueux poisson tue un employé et s’échappe vers l’océan. Nick et Samantha partent à sa poursuite et découvrent que le requin n’est pas seul : six squales mutants, terriblement agressifs, nagent à proximité des plages et menacent d’attaquer les participants à une compétition de surf.

L’intrigue de SHARK ATTACK 2, routinière et banale, mixe sans beaucoup de subtilité le grand ancêtre LES DENTS DE LA MER et le plus moderne PEUR BLEUE - DEEP BLUE SEA pour un résultat sans saveur mais moins déshonorant que prévu. A la mise en scène nous retrouvons le touche à tout David Worth, scénariste, directeur de la photographie et cinéaste sur un paquet de titres de série B. Ses réalisations les plus célèbres sont probablement le post nuke LE CHEVALIER DU MONDE PERDU et le sympathique KICKBOXER avec Jean-Claude Van Damme. Après ce succès, Worth enchaîna avec deux véhicules destinés à Cynthia Rothrock (LADY DRAGON 1 & 2) et un paquet de direct to vidéo des plus oubliables. Bref, rien de folichon sur le CV du bonhomme mais un minimum de savoir faire lui permettant d’emballer des scènes d’action un poil plus tendues que celles orchestrées par la concurrence.

Les acteurs, pour leur part, sont pour la plupart médiocres mais les personnages ne s’élèvent, de toutes façons, jamais au-delà des clichés les plus éculés, à commencer par le baroudeur des mers fanfaron, le scientifique intrépide et la bimbo revancharde. Des protagonistes sans aucune épaisseur mais dont on peut suivre les aventures prévisibles (la romance attendue, le refus de fermer les plages, l’aventurier voulant la peau du squale,…) avec un certain plaisir à condition de prendre tout ça au second degré et, de préférence, avec du pop-corn et de la bière à portée de la main.

Au niveau des effets spéciaux, SHARK ATTACK 2 utilise surtout des stock-shots de véritables squales pour donner le change, des images évidement nettement plus convaincantes que les piètres requins en caoutchouc servant aux attaques. Des « animatronics » en réalité à peine animé dont la mâchoire, constamment ouverte, ne fait guère illusion, surtout lorsque les squales se dirigent vers les baigneurs, le corps immobile et en parfaite ligne droite. Les quelques images de synthèse sont, elles, datées mais un peu moins ridicules que dans les autres productions Nu Image de la même époque. Rien de très convaincant mais on évite les éclats de rire intempestifs à condition de revoir son niveau d’exigence à la baisse.

 

Elément indispensable de toute « sharksploitation » qui se respecte, les séquences de nageurs dévorés s’avèrent toutefois nombreuses et parfois efficaces. Les requins chassent souvent en bande et s’en prennent à nos baigneurs et autres surfeurs avec frénésie, restituant une certaine atmosphère de panique estimable, quoique largement repompée sur les passages similaires des DENTS DE LA MER 2ème PARTIE.

La mise en scène, très plate durant la majorité du métrage, se révèle même pratiquement acceptable durant ces moments d’action même si ces derniers manquent d’un véritable sens du suspense pour emporter l’adhésion. Le manque de gore et l’usage éhonté de stock shots amoindrit donc l’impact de ces séquences qui demanderont aux spectateurs une belle indulgence au point de vue des trucages. Cela dit on a vu bien pire et la quantité des attaques confère un semblant d’intérêt à un film sinon très piteux mais relativement distrayant dans son genre.

Aussi faible soit-il, SHARK ATTACK 2 reste vaguement divertissant en jouant la carte d’un rythme soutenu permettant de nombreuses mises à mort de baigneurs innocents. Dans la masse des « sharksploitation » à petit budget sorti au début des années 2000 le métrage se situe en définitive dans une moyenne acceptable et se laisse regarder d’un œil très distrait par les inconditionnels du genre. Mais il faut vraiment en avoir envie.

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2010