SHARK ATTACK III: MEGALODON
Titre: Shark Attack 3: Megalodon
Réalisateur: David Worth
Interprètes: John Barrowman

 

Jenny McShane
Ryan Cutrona
Bashar Rahal
George Stanchev
Pavlin Kemilev
 
Année: 2002
Genre: Epouvante / Aventures
Pays: USA
Editeur  
Critique:

En 1996, le romancier débutant Steve Alten publie son premier roman, intitulé « Meg », traitant d’un grand requin préhistorique, le mégalodon, réveillé de ses fosses océaniques par des travaux de forage sous-marins. Contrairement à toutes les attentes, le roman devient un immense succès (entrainant plusieurs séquelles littéraires) que le cinéma songe rapidement à adapter. Mais si les grands studios se mobilisent, de plus petites compagnies souhaitent également exploiter l’idée sans payer le moindre cents à Mr Alten.

En deux ans (2002-2003) trois films traitant de ce thème, à savoir les exactions d’un requin préhistorique agressif, vont être produit : SHARK HUNTERS, MEGALODON et ce SHARK ATTACK 3, sans oublier le téléfilm allemand LA CHASSE AU REQUIN TUEUR.

SHARK ATTACK 3, inévitablement produit par Nu Image, poursuit aussi la rentable série des SHARK ATTACK, initiée en 1999 et poursuivie en 2001. A la suite de cet épisode, un quatrième volet sera encore balancé sur les étagères des vidéoclubs en 2003 après avoir été inexplicablement re-titré SHARK ZONE. Ensuite Nu Image exploita encore la peur du squale au travers de titres comme RAGING SHARK, SHARK FRENZY et autre SHARK IN VENISE.

Grande pourvoyeuse de séries Z au cours des années 90, la firme a d’abord produit des kilos de petits films estampillés « action boum boum » (trois SHADOWCHASER, trois CYBORG COP, cinq OPERATION DELTA FORCE) avant de trouver son vrai créneau durant la première moitié des années 2000 en proposant une série de films d’horreur à base d’animaux géants agressifs comme RATS, CROCODILE, SPIDERS, MANSQUITO, KRAKEN, MEGA SNAKE, etc. Quoique de qualité très médiocre, les deux premiers volets de la saga SHARK ATTACK furent de beaux succès et Nu Image investit donc rapidement quelques maigres billets dans ce SHARK ATTACK 3 : MEGALODON un peu plus réussi que ces prédécesseurs. Ce qui ne veut néanmoins pas dire grand-chose !

L’intrigue de ce troisième volet ne se montre aucunement originale et se contente de répliquer celle des DENTS DE LA MER, inspiration évidente du cinéaste David Worth (lequel restera dans les mémoires pour avoir offert à Van Damme un de ses plus gros cartons avec KICKBOXER) qui reprend les grandes lignes du film de Spielberg.

Tout débute par une série d’attaques de requin commises sur les plages ensoleillées des Bahamas. Ben Carpenter, garde côté émérite et dragueur impénitent, découvre une imposante dent appartenant selon toute vraisemblance à un squale. Ne parvenant pas à identifier l’espère à laquelle appartient le mangeur d’homme, Ben contacte une océanologue, Cataline (jouée par Jennifer McShane, déjà présente dans SHARK ATTACK mais dans un rôle différent) qui lui apprend finalement que le requin serait en réalité un mégalodon, l’ancêtre préhistorique du grand requin blanc, supposé disparu depuis plusieurs millions d’années. Au fil de leur enquête, Ben et Cataline découvre que des travaux sous-marins en grande profondeur ont attiré vers les rivages un mégalodon très agressif. Après bien des difficultés, ils parviennent à s’en débarrasser…mais un second requin, long de plus de vingt mètres, fait alors son apparition.

En dépit de son insistance à loucher sur les travaux de son voisin et maître, David Worth se tire efficacement de la première demi-heure en donnant au spectateur ce qu’il est venu chercher, à savoir un divertissement honorable ne lésinant pas sur les attaques sanglantes et les jeunes filles court vêtues. Même la musique plagie sans vergogne la pourtant ultra connue partition composée par John Williams pour LES DENTS DE LA MER mais, en dépit de tout cela le film se suit avec un certain plaisir.

Evidemment, il faut pouvoir apprécier (avec un second degré salvateur) le flou constant des scènes gore (lesquelles se résument donc un de gros bouillons de bolognaise déversés dans l’océan) et les nombreux stock-shots de requin terriblement mal intégrés au reste du métrage. Ajoutons l’interprétation particulièrement médiocre de l’ensemble du casting et en particulier de la totalement inexpressive Jennifer McShane dont le jeu se révèle absolument terrassant de nullité, la demoiselle se contentant de regarder les victimes se faire dévorer avec des yeux éteints et un sourire idiot sur le visage. A noter que la plus célèbre réplique du film, le mythique « Et si je te ramenais plutôt à la maison pour te bouffer la chatte » lancé par John Barrowman était à l’origine une blague faite par le comédien à son inexpressive partenaire pour tenter de la faire réagir. Peine perdue, McShane reste aussi stoïque que durant le reste du métrage même si Davod Worth a tenu à garder la scène, devenue depuis pratiquement culte pour les amateurs de série Z.

Bref, SHARK ATTACK 3 se montre très mauvais mais relativement plaisant même si un gros ventre mou se fait sentir durant l’interminable chasse au requin, émaillée de quelques plans nichons gratuits (mais nul ne s’en plaindra !) et d’une scène d’amoooooooour bien niaise avec des kilos de bougies et l’indispensable saxophone. Tout cette partie, très ennuyeuse, s’achève heureusement lorsque, au bout d’une heure de métrage, nos héros découvrent que le bébé requin qu’ils viennent de tuer a encore sa gigantesque maman, laquelle, visiblement très très fâchée, commence à boulotter un petit bateau entier avant de s’en prendre à un yacht luxueux dans lequel les méchants de l’histoire donnent une réception.

Le film vire donc complètement au n’importe quoi mais cela ne l’empêche pas, bien au contraire, de se montrer alors assez enlevé et amusant à suivre. Hélas, le gros problème des productions fauchées de Nu Image réside dans la piètre qualité des effets spéciaux visuels et les désastreuses images de synthèses utilisées pour SHARK ATTACK 3 n’aident pas vraiment à la crédibilité du métrage.

En résumé SHARK ATTACK 3 se positionne comme un nanar particulièrement « goûtu » : acteurs lamentables, dialogues affligeants, effets spéciaux désastreux et intrigue stupide mais, pourtant, l’ensemble parvient à divertir les plus conciliants en offrant quelques nudités, de brefs passages saignants et un nombre conséquent d’attaques de squale géant. C’est évidemment très peu mais qu’attendre de plus de ce genre de production mercantile ?

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2009