APOCALYPSE DANS L'OCEAN ROUGE
Titre: Rosso nell Oceano / Shark / Devil Fish
Réalisateur: Lamberto Bava
Interprètes: Michael Spkiw

 

Valentine Monnier
John Garko
William Berger
 
 
 
Année: 1984
Genre: Horreur à la "Jaws"
Pays: Italie
Editeur  


Critique:

Un cadavre mutilé est découvert au large d'une station balnéaire et trois jeunes savants décident d'élucider cette énigme. Alors que les morts s'accumulent, les scientifiques doivent se rendre à l'évidence: un monstre né de manipulations est responsable des carnages. Pas compliqué de deviner la source d'inspiration principale de cette médiocre production, à savoir LES DENTS DE LA MER, une nouvelle fois pillé par des cinéastes en mal d'inspiration.

Lamberto Bava, pas fier, signe ce méfait du pseudonyme de John Old Jr, un choix transparent pour le cinéphile puisque John Old était utilisé par son père, le grand Mario Bava. Malheureusement, APOCALYPSE DANS L'OCEAN ROUGE confirme définitivement que le talent n'est pas héréditaire! Pourtant, le générique laissait entrevoir quelques espoirs, ceux d'une série Z efficace et gore, tant les scénaristes Sergio Martino et Luigi Cozzi ont donné aux bis l'une ou l'autre réussites comme LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE et MANNAJA (pour le premier), CONTAMINATION et STAR CRASH (pour le second). Lamberto Bava, lui aussi, a offert quelques titres efficaces (bien que souvent peu originaux) comme BLASTFIGHTER, DELIRIUM ou même le sympathique DEMONS. Il est donc dommage de constater à quel point cet APOCALYPSE DANS L'OCEAN ROUGE s'avère mauvais.

Même les amateurs indécrottables de nanars risquent de trouver le temps long, au vu de la médiocrité crasse du produit. Tout d'abord, Bava semble frappé de léthargie et filme rarement plus de trois ou quatre plans à la minutes, donnant au métrage un arrière-goût désagréable, à l'image des téléfilms horrifiques à petit budget et vite emballés. Une impression renforcée par le manque flagrant de fore et d'érotisme, deux mamelles de l'horreur transalpine, ici complètement négligées.

Le gore se limite à une demi-douzaine de scènes dénuées de punch et Lamberto Bava préfère filmer de gros bouillon de bolognaise salissant la mer que d'investir dans des effets spéciaux dignes de ce nom. Les acteurs, pour leur part, sont uniformément lamentables, à un point rarement vu, même dans la série Z et le porno! Michael Sopkiw utilise ses seules qualités: à savoir un patronyme américain authentique (pas un pseudo, quoi!) et un physique potable tandis que Valentine Monnier, elle, est blonde et pas trop moche. On ne lui en demande évidemment pas davantage!

Les dialogues - consternant - et le doublage n'arrangent évidemment pas les choses mais la nullité de l'ensemble est telle que rien ne pouvait de toutes façons sauver cette pénible entreprise. La musique, elle, s'avère médiocre et vaguement inspirée du thème bien connu de John Williams tandis que le scénario donne un peu dans le thriller mystérieux à base de complot et de manipulations génétiques. Faut dire que le monstre a vraiment une bonne bouille de mutant: pourvu de tentacules, il ressemble à une grosse masse orange avec la gueule grande ouverte sur de belles rangées de dents, bref un compromis entre le requin, la pieuvre et un vieil imperméable miteux, le tout n'étant pas si éloigné que ça de l'Octopus de PLAN 9 FROM OUTER SPACE. Près de trois décennies d'effets spéciaux auraient dû faire la différence mais, non, le monstre ne fait pas illusion une seconde.

A la différence d'autres copies du classique de Spielberg, comme par exemple PIRANHA 2, TENTACULES ou KILLER KROCODILE, cet APOCALYPSE DANS L'OCEAN ROUGE ne réussit même pas à se montrer divertissant et c'est bien là le pire défaut pour une série Z! Excepté une ou deux séquences tellement ringardes qu'elles en deviennent drôles, le métrage s'avère profondément ennuyeux.

A éviter!

Fred Pizzoferrato - Novembre 2007