SHARKNADO 2: THE SECOND ONE
Titre: Sharknado 2: The Second One
Réalisateur: Anthony C. Ferrante
Interprètes: Ian Ziering

 

Tara Reid
Vivica Fox
Kari Wuhrer
Kurt Angle
Courtney Baxter
 Kelly Osbourne
Année: 2014
Genre: Sharksploitation / Film catastrophe / Horreur / Nanar
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Après le succès de SHARKNADO, les films de requins se lancèrent dans une surenchère absurde, chaque scénariste désirant accoucher d’une idée plus stupide et délirante que ses confrères : squales vivant dans le sable des plages, dans les glaces, etc. La compagnie The Asylum exploita rapidement le filon en lançant sur le marché un inévitable SHARKNADO 2 : THE SECOND ONE. L’équipe responsable du premier opus (le cinéaste Anthony C. Ferrante, les comédiens Tara Reid et Ian Zierling et le scénariste Thunder Levin) rempilent avec, cette fois, une volonté auto-parodique plus affirmée. Si on pouvait se poser des questions sur l’humour du premier opus (volontaire ou non ?), le culte immédiat dont il bénéficia en raison de don absurde médiocrité conduit ce SHARKNADO 2 : THE SECOND ONE sur la voie du remake aux ambitions plus ouvertement assumées : un gros délire débile à savourer au second degré avec un joint et du popcorn. 

L’intrigue, elle, ne change aucunement, passant simplement de Los Angeles à New York. Survivants du premier « Incident Sharknado », Fin Shepard et son ex-femme April, se retrouvent au cœur d’une nouvelle tempête de requins et tentent d’avertir les autorités de l’imminence du désastre. Se souciant peu de proposer une histoire suivie ou simplement cohérente, SHARKNADO 2 : THE SECOND ONE enquille les situations ridicules dans la joie et la bonne humeur, mettant en scène des squales qui s’en prennent au métro ou attaquent des automobilistes coincés dans les rues inondées de la métropole. 


Malheureusement, comme toutes les séquelles à un film culte (on pense au piteux SHOCK TREATMENT tentant de retrouver la spontanéité anarchique du ROCKY HORROR PICTURE SHOW), ce deuxième volet apparait trop opportuniste pour contenter les fans de mauvais cinéma, lesquels se satisferont toutefois de quelques gags bien sentis et d’un climax outrancier au cours duquel le héros pulvérise des requins volants à coup de tronçonneuse et récupère la main de son ex (précédemment gobée par un squale) ainsi que sa bague de fiançailles. Quelques célébrités plus ou moins has-been (Kelly Osbourne, le catcheur Kurt Angle, Billy Ray Cyrus et l’inévitable Wil Wheaton) profite de l’occasion pour venir faire un petit coucou et se rappeler au bon souvenir de leurs fans, pas dupe de ce dtv hâtivement confectionné pour engranger quelques dollars.

Pleinement conscient de la bêtise de leur franchise (et du regard distancé d’un public oscillant entre consternation et clin d’œil complice), la fine équipe remit le couvert avec SHARKNADO 3 : OH HELL NO ! déplaçant cette fois l’intrigue à Washington sans que rien ne change vraiment à une recette à présent balisée. En résumé, SHARKNADO 2 : THE SECOND ONE ne cherche aucunement à renouveler la donne et se contente d’aligner les caméos de célébrité, les attaques de requins délirantes et les scènes déjantées, surfant toujours entre le premier et le second degré. 

Ce n’est pas terrible mais, un soir de grande fatigue intellectuelle, il est possible de s’en contenter.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2017