SHERLOCK HOLMES - MISSION A ALGER
Titre: Pursuit to Algiers
Réalisateur: Roy William Neill
Interprètes: Basil Rathbone

 

Nigel Bruce
Marjorie Riordan
Rosalind Ivan
Morton Lowry
Leslie Vincent
Martin Kosleck
Année: 1945
Genre: Aventures / Sherlock Holmes
Pays: USa
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1945, MISSION A ALGER constitue le douzième (des quatorze !) long-métrages consacrés à Sherlock Holmes avec Basil Rathbone dans le rôle titre. Fidèle au poste, Roy William Neill emballe le tout avec professionnalisme et même un certain panache qui élève le film, comme les autres volet de la série, au-dessus de la moyenne des petits budgets de l’époque.

Le premier ministre d’un lointain pays recrute Sherlock Holmes afin de ramener dans son royaume un homme vivant incognito en Angleterre. Suite à l’assassinat de son père, celui-ci devient, en effet, le nouveau roi et les autorités craignent pour sa vie. Plutôt que d’emprunter la voie des airs, Holmes suggère de ramener le souverain par bateau et le fait passer pour le neveu de Watson. Hélas, il apparaît rapidement que les ennemis du roi sont présents sur le navire et complotent sa fin…

Sans doute afin de restreindre le budget, cette aventure se déroule quasi intégralement lors d’une traversée maritime au cours de laquelle Holmes doit empêcher un assassinat. La recette, éprouvée, resservira d’ailleurs avec de menues variations pour le film suivant de la saga, LE TRAIN DE LA MORT, situé, pour sa part, à bord d’un train.

Comme pour beaucoup de films appartenant à cette série, la partie déduction se voit réduite à la portion congrue et l’aspect « aventures », mâtiné d’espionnage, est, une fois de plus, prédominant. Les amateurs d’énigmes tortueuses et de machinations complexes resteront par conséquent sur leur faim mais l’ensemble demeure suffisamment plaisant et enlevé pour emporter l’adhésion.

L’alchimie entre les deux principaux protagonistes est évidemment pour beaucoup dans le plaisir éprouvé. Basil Rathbone se montre parfaitement à l’aise dans le rôle du limier de Baker Street qu’il incarne à la perfection, avec une certaine froideur intellectuelle qui le rend, parfois, un peu hautain. Nigel Bruce, comme toujours, compense la logique de son compagnon et livre son habituel numéro de bon vivant à la limite de la bouffonnerie. L’essentiel de l’humour provient d’ailleurs de Watson même si, heureusement, son personnage n’est pas, ici, réduit à un simple clown comme dans certains épisodes antérieurs. Les références à l’œuvre littéraires de Conan Doyle sont, elles, adroitement intégrées au récit, le docteur Watson racontant, par exemple, la fameuse affaire, souvent mentionnée mais non présente dans le « canon » officiel, du Rat Géant de Sumatra.

Léger et sans prétention, MISSION A ALGER manque toutefois de nerfs et de rythme pour pleinement captiver le spectateur. En dépit de sa courte durée (à peine une heure), le film semble, en effet, rapidement à bout de souffle au vu de la simplicité de l’intrigue.

Toutefois, le climax s’avère bien mené et la révélation finale est, pour sa part, surprenante et effective, ce qui permet de terminer cet épisode sur une note positive. Même s’il s’agit sans doute d’un des Sherlock les plus faibles de la saga, MISSION A ALGER reste un sympathique produit qui saura divertir les nostalgiques et les afficionados du plus grand détective de la terre.

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2012