SHERLOCK HOLMES ET LA FEMME AUX ARAIGNEES
Titre: Sherlock Holmes and the Spider Woman
Réalisateur: Roy William Neill
Interprètes: Basil Rathbone

 

Nigel Bruce
Gale Sondergaard
Dennis Hoey
Vernon Downing
Alec Craig
Mary Gordon
Année: 1944
Genre: Policier / Sherlock Holmes
Pays: USA
Editeur  
Critique:

SHERLOCK HOLMES ET LA FEMME AUX ARAIGNEES marque à retour bienvenu au pur cinéma policier d’énigme après une poignée de titres confrontant le limier de Baker Street à des espions nazis. Effort de guerre oblige, Sherlock Holmes avait, en effet, flirté avec l’espionnage de manière plus ou moins convaincante durant quelques épisodes de sa longue saga des années ’40.

Avec SHERLOCK HOLMES ET LA FEMME AUX ARAIGNEES il est appréciable de le retrouver sur ses terres familières, à savoir une complexe enquête criminelle saupoudrée d’une vague atmosphère fantastique. Le célèbre détective Sherlock Holmes tente de résoudre le mystère d’une série d’étranges suicides commis dans leur chambre par des individus n’ayant, apparemment, aucune raison de se donner la mort. L’affaire, surnommée par la presse « les suicides au pijama », semble, aux yeux du limier, trop improbable pour ne pas y voir la main d’un mystérieux meurtrier usant d’un artifice diabolique pour supprimer ses victimes.

Soupçonnant un adversaire redoutable, l’équivalent féminin de son ennemi héréditaire Moriarty, Holmes simule son décès. En apparence foudroyé par une hémorragie cérébrale avant de chuter dans les eaux tumultueuses d’une rivière, le détective remonte la piste d’une criminelle se servant de redoutables araignées venimeuses pour commettre ses méfaits.

S’inspirant de différentes nouvelles d’Arthur Conan Doyle pour proposer un scénario original rondement mené en à peine une heure de projection, SHERLOCK HOLMES ET LA FEMME AUX ARAIGNEES constitue un aimable divertissement pour les amateurs du plus grand détective de tous les temps. Basil Rathbone, parfaitement à l’aise dans le rôle, compose un Holmes remarquable, multipliant les déductions habiles mais également capable d’action, rendant le métrage dynamique et plaisant.

Nigel Bruce, pour sa par, incarne un Watson toujours bouffon et maladroit, cependant sa « grande séquence comique » (il en a une dans chaque épisode, ou presque) se révèle ici beaucoup plus drôle que de coutume, le pauvre, bien décidé à ne plus se laisser berner par son ami, entamant un grand numéro avec un de ses visiteurs qu’il prend pour Holmes…jusqu’à ce que ce-dernier ne pénètre dans la pièce en souriant !

Gale Sondergaard, enfin, joue la méchante « femme aux araignées » avec charme et conviction et semble, pour une fois, un adversaire réellement à la mesure du détective.

La scène finale, quoique peu crédible et un peu clichée, reste amusante, le fin renard se trouvant placé au cœur d’une attraction de fête foraine, dissimulé aux yeux des apprentis tireurs d’élite visant, sans le savoir, son cœur. Un passage sympathique, rappelant à la fois les chausse-trappes improbables du serial et annonçant les pièges « capilotractés » dont devront bientôt se dépêtrer les super aventuriers à la James Bond. On y retrouve également, mais en sourdine, un certain esprit propagandiste, indissociable des divertissements populaires produits au cours de la Seconde Guerre Mondiale.

En résumé, comme pratiquement tous les épisodes de la saga, SHERLOCK HOLMES ET LA FEMME AUX ARAIGNEES se révèle plaisant et agréable à suivre, sa durée réduite lui conférant un rythme estimable. Une solide petite production pour cette septième aventure de Basil Rathbone dans son rôle le plus célèbre.

 

Fred Pizzoferrato - Février 2011