SHERLOCK HOLMES ET LA CLE
Titre: Dressed to kill / Prelude to murder
Réalisateur: Roy William Neill
Interprètes: Basil Rathbone

 

Nigel Bruce
Patricia Morison
Edmund Breon
Frederick Worlock
Carl Harbord
Patricia Cameron
Année: 1946
Genre: Policer / Sherlock Holmes
Pays: USA
Editeur Bach Films
Critique:

Réalisé en 1946, SHERLOCK HOLMES ET LA CLE constitue l’ultime tour de piste de Sherlock Holmes et du docteur Watson pour la Universal. La saga, initiée par la Fox avec LES AVENTURES DE SHERLOCK HOLMES en 1939 s’était poursuivie durant la Seconde Guerre Mondiale sous l’égide du cinéaste Roy William Neil, lequel décéda, peu après cet ultime métrage consacré au détective, d’une crise cardiaque.

Dans une vente aux enchères, un homme désire acquérir trois boites à musique façonnées par les prisonniers du pénitencier de Dartmoor. Malheureusement, arrivé en retard, l’homme repart bredouille et se voit contraint de soudoyer l’organisateur de la vente pour obtenir les noms des différents acheteurs. Peu après, l’un deux, Julian Emery, collectionneur et ami du docteur Watson, rend visite à ce dernier pour lui relater l’étrange vol dont il a été l’objet. En effet, au milieu de nombreuses boites à musique de grande valeur, seule une réplique quasi à l’identique de celle, tout à fait banale, provenant de Dartmoor lui a été dérobée.

Ce récit intrigue immédiatement Sherlock Holmes, d’autant que, peu après, Mr Emery reçoit la visite d’une charmante demoiselle, Miss Hilda Courtney, désireuse d’acquérir la fameuse boite provenant de Dartmoor. Hélas, Mr Emery hésite trop longuement et se montre entreprenant vis-à-vis de la jeune femme, provoquant la colère de son chauffeur qui poignarde le collectionneur. Sherlock Holmes soupçonne alors l’existence d’un message secret dissimulé dans les fameuses boites à musiques, d’autant que ces dernières ont été confectionnées par un faux-monnayeur ayant cachés des planches dérobées à la banque d’Angleterre. Le limier de Baker Street pourra t’il percer le code avant la bande de Miss Courtney ?

Comme tous les « Sherlock » de l’époque, ce dernier épisode ne perd guère de temps et déroule son intrigue à un rythme soutenu. Rompu à l’exercice, Roy William Neil emballe le récit en une petite heure et tient une cadence soutenue en dépit de multiples rebondissements. L’adversaire du fin limier est, cette fois, une demoiselle d’une trentaine d’années jouée par Patricia Morison (TARZAN ET LA CHASSERESSE), laquelle lui rappelle la fameuse Irène Adler, protagoniste de la nouvelle « Un scandale en Bohème » et considéré par Holmes comme LA femme.

A noter que la criminelle retourne à son profit un piège mis au point par le détective dans l’histoire précitée, laquelle vient, selon SHERLOCK HOLMES ET LA CLE, d’être publiée par le docteur Watson. Notre « reine du crime » imagine également un autre traquenard dans lequel tombe l’enquêteur de Baker Street, sûr de son pouvoir de déduction et de ses connaissances concernant le tabac, dont témoigne sa fameuse monographie. Ce passage astucieux donne par la suite l’occasion à Holmes d’utiliser davantage ses capacités physiques afin d’échapper à une mort certaine, menotté dans une pièce se remplissant, peu à peu, d’un gaz mortel.

Patricia Morison n’hésite pas, non plus, à se déguiser pour tromper son ennemi, lequel, décidément, voit tous ses « trucs » coutumiers utilisés à son encontre au cours d’un jeu dangereux, proche d’une séduction entre deux adversaires obstinés et prêts à tout en dépit de leur respect mutuel.

Les éléments humoristiques sont, pour leur part, à porter, comme toujours, au crédit d’un Watson décidément ballot essayant, par exemple, de consoler une jeune fille en imitant le cri d’un canard. Heureusement, l’associé de Sherlock Holmes n’a pas vraiment d’autres occasions de se livrer à ses bouffonneries habituelles, rendant les quelques gags plus digestes que de coutume.

L’intrigue, elle, se montre réussie et rondement menée, l’énigme étant bien imaginée et logique, ramenant Holmes dans son élément le plus familier après quelques épisodes tentés par l’espionnage. Les déductions du personnage se révèlent, également, moins fantaisistes et plus crédibles, évitant les passages où l’un ou l’autre s’exclame « Mais Holmes comment avez-vous deviné ? » avant que le limier ne se lance dans un discours peu plausible.

Enfin, l’interprétation de Rathbone et Bruce s’avère, une nouvelle fois, excellente et ne montre aucune trace de lassitude de la part des deux acteurs à présent parfaitement rodés à leur personnage, l’un sérieux, imperturbable et prétentieux, l’autre cabotin, souriant et bon vivant.

En résumé, SHERLOCK HOLMES ET LA CLE demeure très divertissant et plein d’entrain. La longue saga « Sherlock Holmes » se voit ainsi conclue avec panache et de fort belle manière. Recommandé à tous les fans du prince des détectives.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2012