SHRILL CRIES OF SUMMER
Titre: Higurashi no naku koro ni
Réalisateur: Ataru Oikawa
Interprètes: Gôki Maeda

 

Airi Matsuyama
Rin Asuka
Aika
Erena Ono
Yôko Hoshi
 
Année: 2008
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

L’histoire de SHRILL CRIES OF SUMMER remonte au début des années 2000, alors qu’un jeu vidéo homonyme commence à gagner en popularité au Japon. Evidemment, le Pays du Soleil Levant ne pouvait que décliner le concept afin d’exploiter cette réputation grandissante et, en 2006, débarque une série télévisée animée fort bien accueillie par les spécialistes.

La vague horrifique asiatique n’en finissant pas de mourir, l’idée d’un long-métrage destiné au cinéma s’impose rapidement. La compagnie de production Shochiku décide d’en confier la réalisation au pourtant peu fameux Oikawa Ataru, réalisateur du premier TOMIE en 1999. Si ce métrage se traine une réputation assez catastrophique un peu partout il n’en fut pas moins fort rentable, générant une interminable saga au point que le cinéaste rempila pour les sixième et septième volets (TOMIE THE BEGINNING et TOMIE : REVENGE, apparemment guère meilleurs !) et se forgea un statut de spécialiste de l’épouvante nippone. Bref, le métrage était lancé, pour le meilleur et – surtout – pour le pire !

Quel est donc le sujet de ce SHRILL CRIES OF SUMMER ? Le jeune Keichi, fraichement débarqué de Tokyo, s’installe dans la petite ville paisible de Hinamizawa. Sa classe, composée majoritairement de jeunes filles attractives, se met rapidement en tête de l’intégrer dans la communauté. Peu à peu, Keichi apprend l’histoire du village : menacé de destruction par la construction d’un barrage, l’endroit fut sauvé par l’arrêt brutal des travaux suite au meurtre sanglant de l’architecte en charge du projet. Depuis ce jour, Hinamizawa fut le théâtre d’une nouvelle série de crimes mystérieux et Keichi se met à soupçonner les villageois de pratiquer des crimes rituels en l’honneur d’une « Présence » veillant sur eux. Les investigations de Keichi le mènent lentement vers une horrible vérité…

SHRILL CRIES OF SUMMER offre une intrigue à l’ancienne, bercée de légendes locales et de folklore, et adopte un rythme volontairement lent pour développer une atmosphère d’angoisse. Le village isolé, les rituels païens célébrés par l’ensemble d’une communauté, les jeunes filles séduisantes et libérées, l’enquête d’un personnage comprenant peu à peu qu’il se trouve en danger, les sacrifices humains,…tout cela rappelle fortement le classique britannique THE WICKER MAN.

Malheureusement, le cinéaste s’avère incapable de maintenir le suspense ou d’entretenir véritablement la moindre tension, rendant son scénario obscur et fort prévisible. Si les vingt premières minutes éveillent l’intérêt par leur climat pesant, la suite plonge dans la médiocrité en multipliant les sous-intrigues à l’utilité limitée, lesquelles paraissent plaquées sur la trame narrative principale dans le but unique d’égarer le spectateur.

SHRILL CRIES OF SUMMER parait donc rapidement confus et dilue la sensation d’épouvante oppressante du début en s’égarant dans des voies sans issues. L’interprétation, pour sa part, ne se montre jamais à la hauteur et échoue à convaincre le spectateur tandis que la médiocrité des dialogues entraîne souvent l’intrigue vers le comique involontaire. Seule la photographie soignée offre un minimum d’intérêt mais ne parvient pas à sauver ce piètre long-métrage.

Fortement tiré en longueur, SHRILL CRIES OF SUMMER patine dans la semoule durant près de 90 minutes avant qu’Oikawa Ataru ne se décide à enquiller les révélations lors d’un final plus remuant multipliant les twists et autres passages sanglants. Hélas il est bien trop tard pour réveiller l’intérêt d’un spectateur assommé par l’ennui. Un ratage quasi complet qui laisse pourtant la porte ouverte à une suite déjà en tournage.

Présenté au BIFFF - Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - en avril 2009

Fred Pizzoferrato - Mai 2009