THE SINISTER MONK
Titre: Der unheimliche Mönch
Réalisateur: Harald Reinl
Interprètes: Karin Dor

 

Harald Leipnitz
Siegfried Lowitz
Siegfried Schürenberg
Ilse Steppat
Dieter Eppler
Eddi Arent
Année: 1965
Genre: Krimi
Pays: Allemagne
Editeur  
Critique:

Les adaptations des romans policiers d’Edgar Wallace sont déjà nombreuses en 1965, la Rialto ayant inondé le marché d’une vingtaine de films en six ans, depuis le succès du liminaire LA GRENOUILLE ATTAQUE SCOTLAND YARD en 1959. THE SINISTER MONK sera le dernier épisode tourné en noir et blanc avant le passage à la couleur et à une esthétique pop plus marquée, voire outrée. Ce sera également la dernière mise en scène du talentueux Harald Reinl sur la saga, lequel confie bien évidemment le rôle principal à sa merveilleuse épouse Karin Dor, déjà vue dans quatre précédents krimi.

L’intrigue de THE SINISTER MONK se conforme évidemment à la recette mise en place dans les épisodes antérieurs. Pratiquement tout le film se voit ainsi confiné dans un ancien monastère reconverti en pensionnat pour jeune fille : y sévit un mystérieux personnage spectral, le sinistre moine du titre qui commet divers assassinat. Comme souvent, le point de départ des événements est le traditionnel testament surprenant : après la mort de leur père, trois personnes (dont la directrice du pensionnat précité) apprennent que l’héritage promis et attendu leur échappe au profit d’une de leur nièce, Gwen. La pauvre demoiselle, arrivée à l’internat, va rapidement être la cible de ses oncles et tantes trop vénaux mais le moine interviendra également pour contrarier leurs desseins. Ce-dernier utilise les jeunes filles pour alimenter son lucratif trafic d’êtres humains mais tombe sous le charme de Gwen.

Le thème de la traite des Blanches, représentatif du cinéma populaire des années ’60 et ’70 se mêle donc à celui de l’héritage perturbé dans un ensemble typique du style Edgar Wallace, compromis entre le policier classique à base de whodunit et l’exploitation teintée d’épouvante et d’érotisme léger qui annonce le giallo italien. Comme toujours, le film offre un beau « méchant », la série ayant toujours privilégié les malfrats haut en couleur, parfois affublé d’un masque de grenouille ou carrément d’un déguisement de gorille et ce au mépris de la plus élémentaire vraisemblance. Intéressant, le personnage du Moine démontre ici sa malfaisance en usant d’un fouet lesté, manié avec la dextérité d’Indiana Jones, pour briser la nuque de ses ennemis. De jolies séquences proches de l’épouvante qui font oublier son apparence peu crédible et sa robe de bure peu discrète. Son identité sera, forcément, dévoilée durant les ultimes minutes. Le moine voisine d’ailleurs avec l’habituelle galerie de suspects au comportement excentrique, notamment un prof passionné par les masques mortuaires qu’il collectionne de manière obsessionnelle et fétichiste. D’autres détails saugrenus confèrent un surplus d’intérêt à ce SINISTER MONK, par exemple le pistolet à eau rempli d’acide sulfurique utilisé par une jeune fille pour se défendre de ses agresseurs.

Si le métrage patine quelque peu durant sa partie centrale, l’ensemble reste rythmé et amusant, la belle utilisation des décors angoissants contribuant à la réussite d’une œuvre sympathique. THE SINISTER MONK peut en outre compter sur un scénario correct et adroitement écrit qui évite, comme de trop nombreux krimis, de perdre le spectateur dans ses méandres obscurs.

Un agréable Edgar Wallace qui devrait contenter les nostalgiques.

 

Fred Pizzoferrato - Août 2014