SISTERS OF DEATH
Titre: Sisters of death
Réalisateur: Joseph Mazzuca
Interprètes: Claudia Jennings

 

Arthur Franz
Cheri Howell
Sherry Boucher
Paul Carr
Joe E. Tata
Sherry Alberoni
Année: 1977
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Tourné en 1972 mais sorti seulement cinq ans plus tard (mauvais signe, déjà), SISTERS OF DEATH se révèle un des premiers exemples de slashers utilisant le prétexte, par la suite usé jusque la corde, d’une réunion d’anciens élèves tournant au massacre.

Tout débute par une cérémonie d’initiation orchestrée par une « sororité étudiante » pour deux nouvelles recrues. Une des épreuves, proche de la roulette russe, consiste à recevoir une balle à blanc en pleine tête. Malheureusement, une véritable cartouche est placée dans le pistolet et une des jeunes filles meurt dans un apparent accident.

Sept années s’écoulent et les cinq membres survivants de la sororité reçoivent une invitation anonyme pour se rendre à une réunion nostalgique. Accompagnées de deux jeunes hommes, Mark et Joe, chargés de les amener dans un lieu isolé, ceinturé d’une clôture électrique infranchissable, nos cinq demoiselles sont accueillies par Edmond Clybourn, lequel n’est autre que le père de la jeune fille ayant perdu la vie sept ans plus tôt. Persuadé qu’il s’agissait d’un meurtre et non d’un accident, Clybourn demande à la coupable de se dénoncer. Aucune des « sœurs » n’acceptant de se livrer, le groupe se retrouve pris au piège et menacer par un Clybourn à présent résolu à les tuer une par une.

Si SISTERS OF DEATH débute de manière plutôt intrigante en proposant une intéressante séquence très théâtrale menant à la mort brutale d’une participante à une initiation étudiante, la suite, hélas, se révèle nettement moins réussie. Le métrage tente, en effet, de donner un minimum d’épaisseur aux différentes demoiselles ayant jadis fréquenté la « sororité » mais le réalisateur Joseph Mazzuca recourt, en guise de caractérisation, aux pires clichés.

Longuet, SISTERS OF DEATH étire sur une bonne demi-heure cette présentation de personnages, aussi inintéressants qu’ils soient, pour finalement parvenir dans la propriété isolée où va se dérouler la seconde partie du film. L’identité et les motivations du tueur étant alors établies, il appartient à Mazzuca de meubler entre les différents meurtres et de générer un minimum de suspense ou de surprise.

Peine perdue, SISTERS OF DEATH se traine péniblement et la timidité des crimes commis (par étranglement, aux ciseaux, par électrocution ou, plus original, à l’aide de tarentules et des serpents à sonnettes) ne parvient pas à maintenir l’attention. Le gore, absent, laisse place à des meurtres peu imaginatifs ou mal filmés, tandis que le cinéaste évite toute érotisme, un comble en regard des possibilités de pure exploitation offerte par la présence de cinq demoiselles sans défenses et courtes vêtues à la merci d’un maniaque.

Timoré, SISTERS OF DEATH ressemble finalement à un piètre téléfilm à la retenue aussi incompréhensible que frustrante. L’impression de danger normalement ressentie par les jeunes prisonnières n’est, pour sa part, jamais perceptible, leurs réactions allant d’une pénible nonchalance à une insupportable pseudo hystérie. Incapable de nous intéresser à ses différents protagonistes, le scénario se contente, lui, d’une très linéaire et prévisible suite de mises à mort avant de proposer un sympathique, mais fort gratuit, twist final.

La réalisation, mollassonne et pataude, accumule en outre les erreurs flagrantes, particulièrement les microphones largement visibles, à plusieurs reprises, dans le champ de la caméra.

Au niveau du casting, SISTERS OF DEATH ne se distingue guère de la masse. Le rôle principal échoit à Claudia Jennings, starlette du cinéma d’exploitation (GATOR BAIT, DEATH SPORT) décédé dans un accident de voiture en 1979, alors qu’elle était seulement âgée de 29 ans. Jennings est entourée de débutantes dont la plupart disparaitront ensuite de la circulation, ce qui se comprend au vu de leurs performances approximatives. Arthur Franz, vétéran à la filmographie pléthorique, incarne pour sa part le père décidé à venger le décès de sa fille.

<== Un bien visible microphone se ballade dans ce plan. Comme dans bien d'autres...

Souvent considéré comme un des pires films d’horreur des années ’70, SISTERS OF DEATH ne mérite pas un jugement aussi sévère et s’apparente plutôt à un banal téléfilm policier vaguement inspiré, une fois de plus, des « 10 Petits Nègres » d’Agatha Christie. Son intérêt reste toutefois extrêmement limité et sa vision ne peut pas vraiment être recommandée tant il existe de bien meilleurs films partant d’un postulat semblable.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2011