LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE
Titre: La Montagna del Dio Cannibale / Slaves Of The Cannibal God
Réalisateur: Sergio Martino
Interprètes: Ursula Andress

 

Stacy Keach
Claudio Cassinelli
Antonio Marsina
Franco Fantasia
 
 
Année: 1978
Genre: Aventures / Horreur / Cannibales / Video Nasty
Pays: Italie
Editeur Neo Publishing / Mad Movies
Critique:

Une jeune femme, aidée de son frère et d'un aventurier, part pour les jungles inexplorées afin de retrouver son mari. Ce dernier a disparu alors qu'il cherchait un fabuleux gisement d'uranium. Réalisé en 1978, ce petit film d'aventures annonce la déferlante des mangeurs d'hommes du début des années 80.

Le scénario, très classique, envoie Ursula Andrews et Stacy Keach dans la jungle de la Nouvelle Guinée, à la recherche du mari d'Ursula. Celui-ci est mort et réduit à l'état de totem décomposé vénéré par les anthropophages Puka. Sergio Martino suit les péripéties des quatre aventuriers dans la jungle et leurs rencontres avec quelques bestioles (crocodile, serpents, etc.) avant leur arrivée chez les cannibales. Les décors naturels de la Malaisie et de Ceylan sont mis à contribution et offrent au spectateur de superbes paysages dans une ambiance très touristique. Les interprètes, eux, sont bien choisis et livrent une composition caricaturale et résolument rétro.

Ursula Andress reçoit des gifles, se dénude, a très peur de méchantes bestioles (dont une mygale velue) et se fait attachée à un poteau par des cannibales. Cool! Stacy Keach, pour sa part, joue à l'aventurier macho, droit dans ses bottes et idéaliste. Bref, la routine, mis en scène avec une certaine efficacité par Sergio Martino, tout heureux de filmer un croisement entre LES MINES DU ROI SALOMON et le DERNIER MONDE CANNIBALE tourné l'année précédente.

L'ensemble se suit sans déplaisir, ponctué par des séquences pseudo documentaires où des animaux se mangent les uns les autres, à la grande horreur de la S.P.A., laquelle a beaucoup de mal à admettre le point de vue des réalisateur bis ("c'est moins cher que des effets spéciaux et on ne va pas s'emmerder pour un crocodile de plus ou de moins"). Les coutumes des cannibales sont, elles, assez rigolotes, surtout le passage où ils transforment Ursula en totem vivant. Heureusement, ils ont le bon goût de la dénuder intégralement auparavant, comme quoi, on peut être un primitif de l'âge de la pierre et apprécier les bonnes choses. C'est évidemment LA scène cul(-te) du film, son attraction principale même. Durant de longs moments, deux demoiselles anthropophages, nues elles aussi, offrent une séance de body-painting à la belle ex-Bond Girl. Gratuit mais mémorable!

Ce qui frappe à la vision de cette MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE en DVD, dans sa version intégrale, réside dans le nombre de séquences coupées pour l'exploitation télévisée. En effet, le film fit jadis les beaux soirs de la télévision mais diffusé dans une copie à ce point expurgée qu'elle ressemblait à un récit d'aventures totalement anodin. Ici, nous découvrons de nombreux passages jadis censurés et nous pouvons constater que Martino filme avec savoir-faire des scènes gore annonçant les futures débauches de Lenzy, Mattei et Deodatto. Au niveau du croustillant, citons un guide déchiqueté par un crocodile, l'émasculation d'un apprenti violeur d'un coup de pierre, une décapitation, un corps éviscéré et dévoré, un crâne éclaté contre les rochers, un porteur pris dans un piège et transpercé, etc. Sans rivaliser avec les œuvres de Deodato et les classiques vomitifs du début des années 80, le métrage en donne au spectateur pour son argent.

Plus surprenant encore: les séquences érotiques montrent, au choix, un accouplement sauvage, une indigène nue se caressant l'entrejambe ou, carrément, un primitif violant un cochon sauvage! Une scène zoophile (simulée bien sûr!) qui assura la réputation du film, au même titre que les atouts plus attrayants d'Ursula Andress.

Malgré ses invraisemblances criantes, ses clichés, son rythme déficient et son relatif manque d'audace, cette MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE s'avère franchement regardable. On peut même y prendre un certain plaisir pour peu que l'on soit sensible au gore mâtiné de sadisme rigolo et d'érotisme farouche. Ce n'est pas un très bon film mais je l'aime bien, de manière assez inexplicable d'ailleurs.

Même à la troisième vision, l'ensemble procure encore un vrai plaisir pour les fans de bis.

Au niveau du DVD proposé par Mad Movies, la copie est belle, intégrale, et sans défaut. Hélas, on ne trouve aucun bonus et la version française 2.0. est la seule disponible. Mais, à ce prix, on ne va certes pas se plaindre, plutôt féliciter Mad Movies et Neo Publishing de nous offrir ce sympathique divertissement dans de bonnes conditions.

Fred Pizzoferrato - Mars 2008