MASSACRE AU CAMP D'ETE
Titre: Sleepaway Camp
Réalisateur: Robert Hiltzik
Interprètes: Felissa Rose

 

Jonathan Tiersten
Karen Fields
Christopher Collet
Mike Kellin
Tom Van Dell
Paul DeAngelo
Année: 1983
Genre: Slasher / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Dans la longue série des slashers sortis au début des années 80, MASSACRE AU CAMP D'ETE figure parmi les plus réputés. Quoique sa réputation soit aujourd'hui un peu exagérée, il n'en demeure pas moins un titre réussi qui mérite une vision attentive pour les amateurs du genre. Le métrage offre, en effet, quelques scènes étonnantes et même surprenantes qui sont parfois carrément choquante, même si le scénario, dans son ensemble, n'est guère original. Beaucoup l'on rapproché de titres similaires présentant un bain de sang dans un camp de vacances, comme CARNAGE et, bien sûr, VENDREDI 13 mais, dans l'ensemble, le métrage de Robert Hiltzik se montre surprenant et tire sans peine son épingle du jeu, surpassant la plupart des slashers sortis à la même époque (des dizaines de films sans imagination).

Comme souvent, le métrage commence par un flash-back et nous invite à suivre la destinée tragique d'un homme d'une trentaine d'années et de ses deux jeunes enfants, un garçon et une petite fille. Suite à un accident stupide, le papa et un des enfants sont tués sous nos yeux dans un accident de jet ski, ce qui entraîne la fermeture du campe de vacances Arawak…du moins pour un temps.

En effet, huit ans se sont écoulés et le camp va rouvrir. La seule survivante, Angela, maintenant une adolescente solitaire et mal dans sa peau, va y passer ses vacances avec son cousin Ricky, dont la mère, Martha, est plus que dérangée. Evidemment, les deux jeunes ne tardent pas à devenir les souffre-douleur des autres joyeux campeurs. Angela, en particuliers, s'attire la méchanceté gratuite de la très sexuellement provocante et précoce Judy avant de devenir la cible d'une bande de garçons plus âgés mené par Billy. Mais, bientôt, des accidents mortels commencent à survenir…

MASSACRE AU CAMP D'ETE ne développe pas une intrigue particulièrement novatrice puisque tous les clichés du slasher s'y retrouve. Mais, contrairement à la majorité des titres similaires, le métrage ose proposer dans les rôles principaux de jeunes adolescents qui ont véritablement l'âge requis pour jouer les garnements, pas des presque trentenaires. Nous aurons donc droit aux habituelles blagues d'un goût douteux, aux divers flirts et autres pelotages…

Les meurtres, eux, se succèdent avec une certaine régularité et les premiers d'entre eux peuvent passer pour des accidents, ce qui explique que le camp ne soit pas à nouveau fermé définitivement. Ensuite, le rythme du carnage s'accélère mais les crimes restent justifié par la vengeance et MASSACRE AU CAMP D'ETE ne verse jamais dans la boucherie pure et injustifiée de la plupart des slashers qui, à un moment ou un autre, jettent leur scénario aux orties pour laisser couler un maximum de sang. Ce scénario, justement, offre par contre une surprise finale complètement folle et malsaine qu'il serait criminel de révéler aux (rares) fans de cinéma d'horreur qui ne la connaissent pas. Ce dernier plan fit d'ailleurs, probablement à lui seul, la réputation d'un titre qui, sinon n'est pas exempt de défaut.

MASSACRE AU CAMP D'ETE se veut réaliste et, par conséquent, une bonne part du temps de projection consiste en de longues scènes détaillant la vie quotidienne au camp, sans exagération et sans dramatisation. Cela change agréablement des slashers classiques mais, en contrepartie, cette accumulation de séquences volontairement banales crée un sentiment d'ennui. Certes, l'atmosphère fonctionne par intermittence mais, dans l'ensemble, tout cela parait un peu languissant et dénué de véritable tension, d'autant qu'on devine rapidement l'identité du tueur et ses motivations (excepté le twist).

Le personnage d'Angela, évidemment le plus intéressant et étudié, est interprété par Felissa Rose. La jeune fille, alors âgée de 14 ans, effectuait là ses débuts. Elle ne revint au cinéma que bien plus tard (au début des années 2000), dans une série de film d'horreur à petit budget comme SATAN PLAYGROUND ou NIKOS THE IMPALER. Johnathan Tiersten, pour sa part, abandonna le métier pour devenir un chanteur / guitariste. Le reste de la distribution disparu plus ou moins des écrans ou, du moins, n'accéda pas à la célébrité contrairement à Kevin Bacon (VENDREDI 13) ou George Clooney (RETURN TO HORROR HIGH).

Devenu culte, MASSACRE AU CAMP D'ETE généra deux séquelles: SLEEPAWAY CAMP 2: UNHAPPY CAMPERS et SLEEPAWAY CAMP 3: TEENAGE WASTELAND, sortis respectivement en 1988 et 1989. Un quatrième épisode devait voir le jour mais la compagnie tomba à court d'argent et il n'en reste qu'un moyen métrage pompeusement titrée SLEEPAWAY CAMP IV: THE SURVIVOR. L'histoire aurait logiquement dû s'arrêtait là mais la folie des séquelles, des remakes et la bonne santé des slashers poussa finalement l'équipe originale (le cinéaste scénariste Robert Hiltzik - qui n'avait plus rien fait depuis 20 ans - et les acteurs Felissa Rose et Johnathan Tiersten) a offrir non pas une mais deux "vraies" suites intitulées respectivement RETURN TO SLEEPAWAY CAMP et SLEEPAWAY CAMP REUNION.

Bref, malgré ses nombreux défauts, ce MASSACRE AU CAMP D'ETE se doit d'être vu par tous les fans de slashers qui se respectent.

Fred Pizzoferrato - Décembre 2007