SLUMBER PARTY MASSACRE
Titre: Slumber Party Massacre
Réalisateur: Amy Jones
Interprètes: Michelle Michaels

 

Robin Stille
Brinke Stevens
Michael Villela
Debra DeLiso
Andree Honore
Gina Mari
Année: 1982
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
1 /6
Critique:

Une réunion de jeunes étudiantes est perturbée par l'intrusion de Russ Thorn, un psychopathe évadé de l'asile. Le carnage peut donc commencer! Tous les slashers basiques des années 80 se trimballent une réputation de classiques, laquelle s'avère souvent injustifiée, et ce SLUMBER PARTY MASSACRE ne fait pas exception.

Au départ, parait-il, le produit se voulait une parodie du genre - alors fort en vogue, écrite par la féministe Rita Mae Brown. Au final l'aspect comique n'est pas franchement apparent, même si les amateurs éclairés de nanars y trouveront leur compte de rires involontaires et de situations particulièrement débiles.

Pour situer l'intrigue, une "slumber party" consiste en une réunion d'adolescentes qui se réunissent pour papoter de trucs de filles. A savoir, principalement, des garçons du collège et de la taille de leur zob, même si ce n'est pas le plus important puisque, en fait, "l'important est ce qu'on en fait". Donc, le non scénario rassemble dans une maison une demi-douzaines de gonzesses et deux voyeurs venus participer à la fête. Tout ce petit monde se lance alors dans d'interminables discussions ponctuées de répliques aussi littéraires que "tu diras pas à maman que je branle des garçons" et autres considérations sexuelles du niveau d'une libre antenne sur une radio commerciale.

A ce niveau, le film verse tellement dans les clichés et les dialogues crétins qu'effectivement le spectateur peut penser qu'il s'agit d'une parodie. Malheureusement, cela ne change rien au problème car - volontaire ou non - l'humour tombe à plat 9 fois sur 10. La séquence où une demoiselle mange un morceau de pizza alors que le livreur vient d'être énuclée à la perceuse constitue pourtant un sommet: "ben quoi, j'ai encore faim, la vie continue!". Consternant!

Devant tant de bêtise, que reste-t'il à l'amateur? Pas grand-chose, si ce n'est un nombre élevé de "plans nichons", un élément indispensable du cinéma d'exploitation des eighties. Donc la réalisatrice filme beaucoup de poitrines dénudées, se permet une scène de douche et tente par tous les moyens d'appâter le spectateur mâle, malheureusement sans résultat, vu le sex appeal quasi nul des actrices très peu motivées. Leurs qualités d'actrices sont d'ailleurs tout aussi médiocres et le doublage atroce n'arrange rien…sauf pour les plus pervers qui peuvent ainsi se délecter de répliques d'une rare imbécillité!

Le résultat n'est définitivement pas brillant, d'autant que le métrage ne se rattrape même pas au niveau du gore: de fugaces plans, hélas filmés dans l'obscurité ou à peine entrevus, dénués du moindre potentiel horrifique. Lors des rares moments un poil plus saignants, les maquillages sont de toutes façons mal fichus (le bras tranché!) et déjà vus et revus dans d'innombrables métrages similaires.

Pour effrayer le public, la réalisatrice recourt aussi à tout le catalogue des fausses peurs: bras sur l'épaule, chasseur d'escargot en ballade (!), cadavre dans le frigo…En pure perte, car l'ensemble souffre, pour couronner le tout, d'un rythme assoupi et même soporifique. En définitive, SLUMBER PARTY MASSACRE demeure un des pires slashers de son époque. Le seul point positif en sa faveur est sa durée réduite (à peine plus d'une heure dix) et, même ainsi, il parait fort long.

Complètement raté, donc, ce qui n'empêcha pas la mise en œuvre de trois séquelles!

Fred Pizzoferrato - Mars 2007