SLUMBER PARTY MASSACRE 2
Titre: Slumber Party Massacre 2
Réalisateur: Deborah Brock
Interprètes: Crystal Bernard

 

Jennifer Rhodes
Kimberly McArthur
Patrick Lowe
Juliette Cummins
Heidi Kozak
Atanas Ilitch
Année: 1987
Genre: Slasher
Pays:  
Editeur  
Critique:

Réalisé au début des années ’80, le premier SLUMBER PARTY MASSACRE gagna sa réputation de petit classique du slasher par son ton résolument parodique et son sous-texte féministe incongru. Guère étonnant, dès lors, qu’une première séquelle soit proposée en 1987 (trois autres suivront par la suite jusqu'à la dernière en date, CHEERLEADER MASSACRE 2 en 2009).

Valérie Bates, l’héroïne du premier film, a été enfermé, traumatisée, après la « fête du massacre ». Sa sœur, Courtney, pour sa part, rêve de devenir une star de la chanson et joue avec trois copines dans un groupe pop / rock typique des années ’80. Depuis quelques temps, cependant, Courtney souffre de cauchemars récurrents qui impliquent un étrange maniaque vêtu à la manière rockabilly et armé d’une bizarre guitare équipée d’une foreuse potentiellement mortelle. Pour se détendre, Courtney et ses copines musiciennes, bien sûr accompagnées de leurs boyfriends aux hormones en surchauffent, se rendent dans une maison de vacances afin de répéter leurs futurs hits musicaux entre deux séances de câlins. Malheureusement, les rêves de la demoiselle empirent et la frontière entre l’imaginaire et la réalité devient de plus en plus poreuse. Se croyant victime d’hallucinations, Courtney importe dans le monde « réel » le tueur vêtu de cuir qui massacre ses amis.

S’éloignant radicalement du premier volet, SLUMBER PARTY MASSACRE 2 marche dans les traces sanglantes de la saga « Freddy » alors triomphante. La plupart des scènes clés du classique de Wes Craven se voient, dès lors, décalquées de manière servile, notamment le passage angoissant de la baignoire et les cauchemars devenant réalité. Quant au climax, à l’image de celui des GRIFFES DE LA NUIT, il brouille à ce point les limites entre « rêve » et « réalité » qu’il devient incompréhensible et sombre dans le n’importe quoi assumé.

La débutante Deborah Brock, qui assure ici le scénario et la mise en scène (elle réalisera par la suite deux autres long-métrages dont la comédie culte ROCK & ROLL HIGHSCHOOL FOREVER), joue ouvertement la carte de l’humour absurde, sans se soucier de développer le moindre suspense ou de générer le frisson. Les protagonistes, évidemment clichés à souhait, passent l’essentiel du métrage à jouer de la musique, à faire la fête ou à se câliner. L’ensemble, confiné dans un décor unique, s’apparente, par conséquent, à une sitcom pas très drôle ponctuée de numéraux musicaux sympathiquement kitsch. Bref, par ses thèmes et son esthétique, SLUMBER PARTY MASSACRE 2 semble essentiellement destiné aux adolescents qui, à la fin des années ’80, se goinfraient de série télévisées ringardes et de clips sur MTV.

Le meurtrier, pour sa part, adopte un look de rocker échappés des fifties et ricane de façon sadique avant de jouer un riff basique sur sa guitare perceuse monstrueusement phallique. Ce succédané de Freddy aux petits pieds, confinés dans l’univers oniriques durant les cinquante premières minutes de projection, investi finalement notre réalité durant une dernière demi-heure heureusement plus palpitante et sanglante que ce qui précède.

Le psychokiller s’amuse comme un beau diable : il chante et danse tandis que la photographie, aux couleurs très contrastées, s’apparente à du Mario Bava sous acides, fumigènes inclus. Après qu’une de ses victimes lui ait échappé, notre maniaque déclare, dépité, « I can’t get no…satisfaction ». Un peu plus tard, lorsqu’une demoiselle tente de le carboniser, le « driller killer » déclare « Come on baby light my fire ». Des notes d’humour bienvenues à l’instar des patronymes référentiels des protagonistes : Voorhies, Krueger, Craven et Bates, sans oublier une Sally Burns jouant la double référence à MASSACRE A LA TRONCONNEUSE.

Peu connus, les comédiens restent acceptables même si leurs personnages, stéréotypés, ne demandent guère de talent pour être défendus. On remarque, dans un petit rôle, la vétérane de la télévision Jennifer Rhodes (aperçue dans NIGHT OF THE DEMONS 2 et HEATHERS) et l’éphémère « scream queen » Juliette Cummings, apparue, elle, dans PSYCHOSE 3, REVE MORTEL et VENDREDI 13 CHAPITRE 5. Les effets gore, acceptables, possèdent de leur côté un côté rétro définitivement prisé des nostalgiques et les éventrations à la guitare perceuse changent agréablement des monotones coups de machette de Jason. Hélas, le film se montre timoré au niveau de la nudité ! Surprenant pour un slasher de cette époque puisque seule Juliette Cummings tombe joyeusement le soutif au cours d’une mémorable bataille de polochons. Qu’elle en soit remerciée !

Complètement loufoque, SLUMBER PARTY MASSACRE 2 devait sembler particulièrement stupide et mauvais à sa sortie, à une époque (bénie ?) où ce genre de films pullulait sur les écrans. Aujourd’hui, l’entreprise demeure résolument stupide mais dispose néanmoins d’une fougue suffisante pour amuser les plus conciliants, d’autant que sa durée n’excède pas une heure et quinze minutes.

Avec sa bande originale rock plaisante, son rythme correct et ses meurtres sanglants, SLUMBER PARTY MASSACRE 2 décroche donc, au final, une honnête moyenne. Pour un slasher de la fin des années 80 (et, qui plus est, la suite d’un petit film « culte »), ce n’est déjà pas si mal.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2015