LE FILS DE SPARTACUS
Titre: Il Figlio di Spartacus / Son of Spartacus
Réalisateur: Sergio Corbucci
Interprètes: Steve Reevs

 

Gianna Maria Canale
Jacques Sernas
Claudio Gora
Ombretta Colli
Roland Bartrop
 
Année: 1963
Genre: Péplum / Aventures
Pays: Italie
Editeur  
Critique:

Alors que les légions romaines viennent de conquérir l’Égypte, Randus, un soldat plein d’avenir récemment promus centurion doit espionner le redoutable Crassus, rival de Jules César. Malheureusement le navire transportant Randus fait naufrage mais le jeune homme échappe à la mort et échoue sur une plage en compagnie de la belle esclave Saida. Capturé par les guerriers du désert, Randus est reconnu par un esclave romain comme étant le fils de Spartacus. Mènera t’il lui aussi la révolte contre le tyran Crassus ?

LE FILS DE SPARTACUS s’inscrit dans la lignée des péplums italiens des années 60, ou plutôt de ces « sword and sandals » tout à fait fantaisistes historiquement mais fort divertissants pour les amateurs de récits d’aventures en costume. Tourné en Egypte avec des moyens conséquents, cette pseudo séquelle – officieuse - du chef d’œuvre de Stanley Kubrick nous propose un spectacle tenant surtout de la bande dessinée (on pense au personnage du Phantom) et plus encore à Zorro puisque Randus, incarné par l’imposant Steve Reeves, doit dissimuler son identité de justicier. Le jour il est en effet un centurion romain un peu indolent, la nuit il devient un Spartacus revenu d’entre les morts, surgissant habillé d’un costume de gladiateur du plus bel effet pour châtier les tyrans en laissant sur les murs sa marque : un « S » gravé par son glaive !

Dans le rôle principal nous retrouvons Steve Reeves, déjà en fin de carrière après avoir débuté en 1958 dans le sympathique LES TRAVAUX D’HERCULE. Suite au succès de ce métrage (et de sa suite HERCULE ET LA REINE DE LYDIE), le culturiste Steve Reeves enchaîna les péplums (LA GUERRE DE TROIE, ROMULUS ET REMUS,…) mais ne survécu pas, cinématographiquement parlant, au déclin du genre. Ce FILS DE SPARTACUS fut son dernier péplum, à la suite de quoi Reeves tenta de se reconvertir dans l’aventure exotique (SANDOKAN TIGRE DE BORNEO et LES PIRATES DE MALAISIE) avant de terminer sa carrière par un western en 1968.

Dans LE FILS DE SPARTACUS, le charismatique malabar partage toutefois l’écran avec la belle Gianna Maria Canale, laquelle devait quitter complètement le monde du cinéma l’année suivante pour laisser l’image d’une beauté inaltérée. L’intrigue, pour sa part, est plaisante bien que peu crédible et les péripéties souvent invraisemblables. Randus part ainsi au hasard dans le désert pour chercher la « légendaire » cité des esclaves que tout le monde considère comme un mythe. Il galope, il galope…et il trouve la cité ! Concernant le background historique, le film se déroule en 48 avant Jésus-Christ et Crassus était déjà mort depuis 5 ans dans la réalité. Mais ces approximations sont coutumières du genre et si les historiens et les pointilleux soupireront devant tant de libertés prises avec la vérité historique la majorité des spectateurs se contenteront d’apprécier un spectacle haut en couleur.

Corbucci assure une mise en scène tout à fait efficace compte tenu des limites d’une production purement commerciale et donne un bon rythme à ce scénario riche en rebondissements. Pour corser le spectacle, LE FILS DE SPARTACUS se permet également quelques scènes un peu cruelles de bon alois: un piège mortel destiné à étouffer lentement des prisonniers suppliciés, un bassin rempli de murènes affamées dévorant les victimes de Crassus et bien sûr, la mort de ce dernier qui, quoique fidèle à l’Histoire, n’en reste pas moins typiquement italienne dans ses excès sadique. Pour avoir trop aimé l’argent, notre Crassus sera en effet condamné à périr la gorge brulée par de l’or en fusion !

En résumé, LE FILS DE SPARTACUS ne joue pas dans la même catégorie que le film de Kubrick mais il n’en reste pas moins un très bon exemple de péplum à savourer sans se poser trop de questions.

 

Fred Pizzoferrato - Juin 2009