SORORITY BABES IN THE SLIMEBALL BOWL-O-RAMA
Titre: Sorority Babes in the Slimeball Bowl O Rama
Réalisateur: David DeCoteau
Interprètes: Brinke Stevens

 

Michelle Bauer
Linnea Quigley
Robin Stille
Andras Jones
George 'Buck' Flower
Hal Havins
Année: 1988
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Très modestes production dont le budget serait inférieur à 100 000 dollars (!) SORORITY BABES IN THE SLIMEBALL BOWL O RAMA marque pratiquement les débuts du prolifique David DeCoteau sur la scène du Z horrifique.

Né en 1962, DeCoteau commence sa carrière sous le pseudonyme de David McCabe et tourne une douzaine de pornos entre 1985 et 1987, changeant toutefois son euh…fusil… d’épaule en proposant, au milieu des années ’80, DREAMANIAC, CREEPOZOID (sans doute son titre le plus « réputé »), NIGHTMARE SISTERS et ce SORORITY BABES IN THE SLIMEBALL BOWL O RAMA.

Par la suite, DeCoteau se diversifie, dissimulé sous divers pseudonymes (Ellen Cabot, Victoria Sloan, Richard Chasen, Julien Breen, Jack Reed, Joseph Tennent, Martin Tate,…la liste semble sans fin !) et touche à la fantasy, au thriller, au fantastique, à l’action, à l’érotisme, au film familial, etc. Ses métrages les plus connus restent toutefois la saga BROTHERHOOD, ouvertement homosexuelle, qu’il emballe après son « coming out » et une poignée d’épisodes des PUPPETMASTERS. Dernièrement, DeCoteau s’est attaqué à de nouvelles versions des classiques d’Edgar Allan Poe qui, pourtant, ne lui avaient rien fait.

Réalisé en 1988, SORORITY BABES IN THE SLIMEBALL BOWL O RAMA s’appuie essentiellement sur une affiche prometteuse et un casting permettant de retrouver trois des plus célèbres et séduisantes “scream queen” des années ’80: Michelle Bauer, Brinke Stevens et Linnea Quigley. Les deux premières satisfont d’ailleurs leurs nombreux admirateurs en se dénudant intégralement pour une scène de douche absolument indispensable au scénario. Ou peut-être pas, en fait. En tout cas, cette séquence reste, aujourd’hui, la principale raison de visionner ce SORORITY BABES IN THE SLIMEBALL BOWL O RAMA sinon d’une fatigante banalité. Notons aussi que, quoique très séduisantes, Brinke Stevens et Michelle Bauer avaient dépassés la trentaine et sont par conséquent un peu trop âgées pour convaincre dans leur rôle de nymphettes entrant à l’université. Mais passons…

L’intrigue (rires!!!) traite de la traditionnelle initiation de deux novices, Taffy et Lisa, dans une sororité estudiantine. Après avoir été fessées et couvertes de crème fraiche (miam !), nos deux beautés prennent une douche et s’apprêtent à accomplir l’épreuve principale de la soirée : dérober un trophée au bowling local, fermé pour la nuit. Bien sûr, les maitresses de cérémonies vont pimenter le programme en y ajoutant quelques tours pendables et en forçant les postulantes à être accompagnés par trois abrutis venus se rincer l’œil. Malheureusement, en s’emparant du trophée, les demoiselles libèrent un mauvais génie qui se propose d’exaucer un de leur vœu… mais, comme toujours, les choses tournent mal. Transformées en démones nymphomanes (yeah !), deux membres de la sororité s’en prennent aux nouvelles venues et la nuit devient un véritable cauchemar.

En termes de développement scénaristique, SORORITY BABES IN THE SLIMEBALL BOWL O RAMA se contente du minimum : enfermer une poignée de personnages caricaturaux dans un lieu clos et les donner en pâture à un esprit maléfique. La caractérisation est donc, forcément, réduite au minimum et propose trois « geeks » typiques (le premier ne tient pas l’alcool, le second est en surpoids, le troisième a des lunettes) associés à deux demoiselles qui n’hésitent pas à tomber le haut. Pour ce genre de série Z inutile d’aller plus loin pour épaissir les protagonistes, ce serait du gâchis.

Les effets spéciaux, pour le moins rustiques, interviennent, pour leur part, dans la seconde moitié du métrage et SORORITY BABES IN THE SLIMEBALL BOWL O RAMA offre alors quelques scènes gore timides et routinière pour occuper le spectateur. Heureusement, tout cela ne dure que 75 minutes et, alors que le public commence à trouver le temps long, le métrage se termine de manière précipitée.

Dommage qu’en dépit de prémices sympathiques, SORORITY BABES IN THE SLIMEBALL BOWL O RAMA ne décolle jamais et se montre même plutôt paresseux. Besogneux du bis vite emballé, David DeCoteau propose le minimum syndical (un peu d’horreur, une louche d’érotisme gentillet, quelques gags volontaires et beaucoup de ringardise) et ne cherche jamais la moindre originalité, accouchant d’un titre sans ambition et terriblement linéaire.

Si les inconditionnels du Z des années ’80 peuvent tenter une vision distraite et nostalgique, les autres s’abstiendront avec raison tant le film peine à réellement divertir et s’avère sans grand intérêt.

Bref, une médiocre curiosité pas vraiment conseillable mais cependant vaguement plaisante pour les aficionados du nanar horrifique. A noter qu’il existe une séquelle, SORORITY BABES IN THE DANCE A THON OF DEATH (!) dont le « rating » catastrophique sur l’Internet Movie Database laisse rêveur…

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2011