SOUTHBOUND
Titre: Southbound
Réalisateur: Roxanne Benjamin, David Bruckner, Patrick Horvath , Radio Silence
Interprètes: Chad Villella

 

Matt Bettinelli-Olpin
Kristina Pesic
Fabianne Therese
Nathalie Love
Hannah Marks
Dana Gould
Année: 2015
Genre: Film à sketches / Horreur
Pays: USA
Editeur
Critique:

Une grande partie de l’équipe responsable du peu mémorable V/H/S se retrouve aux commandes de cette nouvelle livraison assez similaire dans l’esprit (un film à sketches dans lequel tous les segments sont interconnectés, nouvelle mode de ce genre d’anthologie déjà illustrée avec bonheur par TRICK R R TREAT ou CHRISTMAS HORROR STORY) mais bien plus efficace, ne serait-ce que par son évitement du principe aujourd’hui galvaudé du found-footage.

SOUTHBOUND possède d’ailleurs un parfum quelque peu nostalgique ou rétro et s’inspire clairement de « La Quatrième dimension » ou des productions Amicus des 60’s / 70’s. Chacun des sketches traite ainsi de culpabilité et de regret pour des actions passées. Une approche particulièrement criante dans le segment d’ouverture « The Way Out » (dont la conclusion – quelque peu attendue – se trouve reléguée en fin de long-métrage avec « The Way In ») au cours duquel deux hommes tentent d’échapper à des créatures spectrales malfaisantes. En dépit de leurs efforts pour les fuir les infortunés se retrouvent finalement toujours au même endroit. L’intrigue laisse le mystère (en partie) intact mais le spectateur devine que nous sommes sur le terrain infernal du péché et de la rédemption impossible suite à des actes malfaisants. La conclusion apportera d’ailleurs la plupart des clés aux questions laissées en suspens par cette introduction.

Nous croisons ensuite (avec « Siren ») un trio de rockeuses féminines dont le combi VW tombe en panne en plein désert. Prises en stop par un couple apparemment sans histoire, nos musiciennes aboutissent dans une demeure habitée par d’étranges jumeaux. La nuit ne sera pas de tout repos…Sans grande surprise mais indéniablement bien mené.

Dans « Accident », un homme en pleine conversation téléphonique avec son épouse percute une jeune femme qu’il blesse grièvement. Il contacte les secours qui lui suggèrent d’amener la demoiselle sévèrement atteinte à l’hôpital le plus proche. Le lieu est désert et les voix reçues par son téléphone portable bien étranges. Ces trois premiers segments sont de haute volée. L’environnement choisi accroit l’isolement et la désespérance des protagonistes, invariablement perdus dans des étendes désertiques, là où nul technologie ne peut les sauver (ni GPS ni téléphone portable ne viennent à la rescousse) et où les rares habitations dissimulent de sombres secrets et des individus peu recommandables. Le suspense est effectif, l’humour (noir) présent, et les twists fonctionnent sans surenchérie dans les surprises gratuites. Le gore ne manque pas, lui non plus, en particulier dans ce « accident » particulièrement sanglant qui pourrait provoquer quelques haut-le-cœur aux plus endurcis avec sa boucherie littéralement chirurgicale. Franchement dégueulasse donc jouissif !

Le point faible de l’anthologie reste le médiocre « Jailbreak », quatrième sketch sans grand intérêt (un homme veut sauver sa sœur mais cette dernière ne le désire pas) dans lequel on retrouve les défauts d’écriture et de mise en scène brouillonne de V/H/S. Rien de folichon mais la durée réduite aide à digérer ce petit coup de mou. Heureusement, ce segment nous conduit vers une conclusion de bonne tenue, sous forme de boucle, avec un « The Way In » aussi classique que réussi. Débutant comme un home-invasion brutal, le segment laisse s’infiltrer en lui un fantastique insidieux avant de définitivement perdre les protagonistes sur les routes désertées de ce Sud profond diabolique.

Sans rivaliser avec les plus grandes réussies du film à sketches, SOUTHBOUND se révèle une bonne surprise qui se suit avec plaisir, quatre segments sur cinq étant de qualité. Un bon divertissement horrifique.

Le film a été présenté au BIFFF 2016

Fred Pizzoferrato - Mai 2016