SPARTACUS ET LES DIX GLADIATEURS

Titre: Gli invincibili dieci gladiatori
Réalisateur: Nick Nostro
Interprètes: Dan Vadis

 

Helga Liné
Giovanni Di Benedetto
Giovanni Vari
Ursula Davis
Jeff Cameron
Vassili Karis
Année: 1964
Genre: Péplum
Pays: Italie / Espagne / France
Editeur
Critique:
Après qu’ils se soient rebellés dans l’arène, dix gladiateurs menés par Roccia sont bannis de la cité de Capoue et parcourent la campagne. Ils sauvent une jeune fille, Livia, attaquée par des brigands et sont accueillis par son père, le tyrannique sénateur romain Julius Varo. Trompés par celui-ci, les gladiateurs acceptent de l’aider à débarrasser le pays de Spartacus présenté par le sénateur comme un redoutable bandit.

Comme le précise Florent Fourcart (dans « Le péplum italien »), le succès du SPARTACUS de Kubrick suscita de nombreuses imitations dans la Péninsule et, durant quelques années, le « film de gladiateurs » devint un sous-genre populaire du péplum, inventant de nouvelles aventures aux plus célèbres d’entre eux et même, comme ici ,« une vie alternative à Spartacus ». Ce long-métrage constitue la pièce centrale d’une trilogie débutée avec LES DIX GLADIATEURS et conclue avec LE TRIOMPHE DES DIX MERCENAIRES.

Co-écrit par Sergio Sollima et le réalisateur Nick Nostro, ce deuxième opus alterne moments sérieux, voire violents, avec des touches humoristiques parfois proches d’un Asterix, notamment lorsque nos gladiateurs rigolards assomment, un par un, toute une décurie romaine. D’autres passages, plus dramatiques, s’interrogent sur le sens de l’existence d’un gladiateur et nous avons droit à une scène de torture originale : les rebelles, pendus par un seul bras aux branches d’un arbre, sont criblés de flèches par les Romains.



Au niveau du casting, Dan Vadis campe le héros nommé Roccia. Vadis (1938 – 1987) joua dans une dizaine de péplums avant, comme beaucoup de ses collègues musculeux, de se reconvertir dans l’espionnite (CHASSE A L’HOMME A CEYLAN) et le western (TROIS CAVALIERS POUR FORT YUMA, DIEU PARDONNE A MON PISTOLET). Pour l’anecdote on le retrouve également dans LE CORNIAUD et une poignée de films de Clint Eastwood (CA VA COGNER, BRONCO BILLY) avant qu’il ne termine sa carrière dans un hommage à ses jeunes années, LES SEPT GLADIATEURS de Bruno Mattei (d’ailleurs monteur sur ce SPARTACUS ET LES DIX GLADIATEURS, comme quoi tout se tient dans le petit monde du bis).

A ses côtés, on reconnait l’Allemande Helga Liné, grande spécialiste du cinéma populaire à la très riche carrière (KRIMINAL, HERCULE CONTRE LES TYRANS DE BABYLONE, UN MERCENAIRE RESTE A TUER pour citer quelques-uns de ses meilleurs films) et les plus physionomistes pourront peut-être reconnaitre l’acteur de western Jeff Cameron (LE COLT ÉTAIT SON DIEU) dans le rôle d’un des gladiateurs.

Quoiqu’il ait recourt à des stock-shots (très repérables) pour les séquences les plus spectaculaires, Nick Nostro offre une mise en scène efficace avec de beaux passages d’action et des duels réussis, aux poings ou à l’arme blanche, soutenu par la musique martiale entrainante de Carlo Savina. Les personnages, même caricaturaux, fonctionnent toutefois dans les limites de ce pur divertissement populaire et le film use adroitement de l’atmosphère de camaraderie qui règnent entre nos gladiateurs (lesquels, dans la tradition du péplum, rigolent beaucoup à gorge déployée).

L’intrigue, simple, reste distrayante et menée à un rythme satisfaisant, sans s’égarer dans les interminables discussions qui plombent de nombreux péplums bien trop bavards pour les amateurs d’aventures antiques.

En conclusion, cette œuvrette sympathique saura contenter les afficionados de ce style de « muscle opera » aussi suranné que plaisant. N’y cherchez pas un chef d’œuvre, sachez juste apprécier à sa juste valeur ce parfait petit film du samedi soir.

Fred Pizzoferrato - Août 2017