SPRING BREAK SHARK ATTACK (PANIQUE SUR LA CÔTE)
Titre: Spring Break Shark Attack
Réalisateur: Paul Shapiro
Interprètes: Shannon Lucio

 

Riley Smith
Justin Baldoni
Bianca Lishansky
Kathy Baker
Bryan Brown
Genevieve Howard
Année: 2005
Genre: Sharksploitation
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Qu’attendre d’un (télé)film intitulé SPRING BREAK SHARK ATTACK ? Pas grand-chose diront les plus cyniques (ou les plus réalistes). Un divertissement sans prétention répondront les optimistes. La vérité, comme souvent, se situe entre ces deux opinions.

Débutant de manière très classique par la présentation d’une galerie de personnages stéréotypés (des bimbos écervelées en quête d’un bon coup et une poignée de dragueurs des plages aux biceps saillants), l’œuvre joue, durant près d’une heure, la carte de la comédie de lycée. La seule originalité, d’ailleurs très relative, résidant dans son cadre, à savoir le fameux « spring break » si prisés des étudiants américains. Synonyme de soleil, de détente, de sexe et d’alcoolisation effrénée, ces vacances de printemps sont l’occasion de se ruer vers les plages et de s’y livrer à tous les excès. Malheureusement, dans SPRING BREAK SHARK ATTACK, de redoutables squales se mêlent aux festivités et s’en prennent à divers baigneurs.

Moralisateur à l’image des slashers des années ’80, le film de Paul Shapiro détaille les aventures de la jolie et chaste Danielle qui refuse d’écouter son père et part en cachette fêter spring break en compagnie de ses délurées copines. Sur les plages floridiennes de Seagull Beach, Danielle rencontre deux hommes pour qui son cœur balance, l’un (Shane) étant évidemment gentil et l’autre beaucoup moins. Ce-dernier, un certain J.T. étant d’ailleurs adepte du viol d’étudiantes préalablement droguées. Pendant ce temps, des requins tigres commettent l’une ou l’autre attaque contre d’imprudents baigneurs. La faute, une fois de plus, à la rapacité humaine puisqu’un récif artificiel récemment construit a perturbé l’habitat aquatique de nombreuses espèces. Le frère de Danielle, un biologiste marin, parait être la seule personne à s’en préoccuper, les hommes d’affaires locaux se félicitant surtout de l’afflux de touristes supplémentaires ainsi généré.

Largement inspiré des DENTS DE LA MER (mais anticipant également sur le futur PIRANHA 3D d’Alexandre Aja), cette modeste production déroule une intrigue linéaire et prévisible dans laquelle toutes les péripéties sont attendues. Entre les séquences verbeuses sans grand intérêt, consacrées aux états d’âme d’une bande de jeunes confrontés à divers hésitations romantiques, les requins attaquent lors de scènes qui se contentent de reproduire les moments les plus marquants du classique de Spielberg. Malheureusement, télévision oblige, le réalisateur se voit contraint de restreindre a minima le gore et l’érotisme, rendant ainsi l’entreprise timorée et décevante en dépit de prémices prometteurs. Un cinéaste plus chevronné aurait sans doute pu contourner le problème en développant un suspense effectif ou une caractérisation des protagonistes plus développées mais Paul Shapiro se contente de livrer le service minimum, excepté durant un passage relativement efficace où une nageuse accrochée à une bouée tente de rester immobile afin de ne pas attirer les squales.

Lors du climax, un brin plus mouvementé et rageur, une meute de dizaines de requins tigres affamés sèment la terreur au milieu des nageurs avant d’être attirés vers le large par un trio de jeunes courageux composé de Shane, Danielle et son frangin. A nouveau, Paul Shapiro se contente de décalquer le final des DENTS DE LA MER, d’une manière si éhontée qu’il transcende le plagiat pour tutoyer l’hommage appliqué mais néanmoins maladroit.

Des comédiens issus de la télévision (la mignonne Shaonnon Lucio, le bellâtre Justin Baldoni) et le has been Bryan Brown (COCKTAIL, le diptyque F/X) animent mollement l’entreprise en n’évitant jamais un cabotinage finalement plaisant pour les amateurs d’humour involontaire. La principale qualité de SPRING BREAK SHARK ATTACK réside cependant dans son utilisation appréciable d’effets spéciaux à l’ancienne, à savoir des stock-shots animaliers, des animatroniques et des ailerons en plastique. Sympathique en ses temps plus favorables au tout numérique.

Loin d’une grande réussite, SPRING BREAK SHARK ATTACK demeure cependant un poil plus fréquentable et divertissant que la majorité des produits similaires livrés par Nu Image et consort. Si cela ne veut sans doute pas dire grand-chose vu la médiocrité sidérante de la plupart des « sharkploitations » du vingt-et-unième siècle, SPRING BREAK SHARK ATTACK parvient, à tout le moins, à ne pas trop ennuyer le spectateur indulgent.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2014