STAR TREK II: LA COLERE DE KHAN
Titre: Star Trek: The Wrath of Khan
Réalisateur: Nicholas Meyer
Interprètes: William Shatner

 

Leonard Nimoy
DeForest Kelley
James Doohan
George Takei
Walter Koenig
Nichelle Nichols
Année: 1982
Genre: Science-fiction
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1979 pour un budget colossal, STAR TREK LE FILM avait, en dépit de ses indéniables qualités, suscité la colère d’une partie des fans de la série télévisée. Néanmoins, le film finit par devenir rentable et, logiquement, une séquelle se devait d’être mise rapidement en place. Pour contenter les nostalgiques de la série, la Paramount décide de se rapprocher davantage de l’esprit originel du show. Par la même occasion, la compagnie réduit drastiquement le budget alloué à ce STAR TREK 2, estimé à seulement onze millions de dollars (soit moins du tiers de l’original).

Pour l’intrigue, les scénaristes, après avoir rejeté un traitement de Gene Roddenberry, vont, étrangement, se replonger dans un des plus fameux épisodes de la série télévisée originale, « Space Seed », diffusé le 16 février 1967. Dans celui-ci, l’Enterprise est confronté à une centaine de guerriers génétiquement modifiés, mené par Khan, un conquérant terrien resté plusieurs siècle en état d’animation suspendue. Au terme de l’épisode, Khan et ses hommes sont exilés sur Ceti Alpha VI.

Des années plus tard débute STAR TREK 2…

Afin de découvrir une planète susceptible d’accueillir l’ambitieux projet de terraformation « Geneis », Chekov parcourt l’univers à bord du vaisseau Reliant, commandé par le capitaine Terrell. Ils aboutissent sur Ceti Alpha V où vit Khan et une quinzaine de survivants de ses troupes, un accident les ayant contraints à l’exil sur cette planète et non sur Ceti Alpha VI. A l’aide de parasite extraterrestre capables de contrôler les cerveaux, Khan s’empare de l’équipage du Reliant et décide de s’approprier le projet Genesis. Sur sa route, Khan va trouver son vieil ennemi, l’Amiral James Tiberius Kirk…

Pour succéder au vétéran Robert Wise, la production engage Nicholas Meyer, lequel avait écrit d’amusant pastiches de Sherlock Holmes (dont l’un sera adapté par Herbert Ross sous le titre SHERLOCK HOLMES ATTAQUE L’ORIENT EXPRESS) et le scénario du très bis L’INVASION DES FEMMES ABEILLES. En 1979, Meyer dirige son premier long-métrage, le très réussi C’ETAIT DEMAIN qui mélange, de belle manière, science-fiction, aventures, humour et un brin d’horreur.

Le choix du cinéaste s’avéra approprié et le film devint le préféré des fans. Pourtant, il se permettait l’impensable, à savoir la mort du personnage emblématique de la série, le Vulcain Spock, conséquence du désir de l’acteur Leonard Nimoy (dont l’autobiographie publiée quelques années plus tôt s’intitulait ironiquement « I’m not Spock ») de s’éloigner de son rôle fétiche. Bien sûr, cette mort, émouvante et réussie, ne fut qu’une parenthèse puisque Spock ressuscita dès l’épisode suivant…mais c’est une autre histoire.

Doté d’un budget plus modeste que l’épisode précédent, STAR TREK 2 se devait de revenir aux fondamentaux, loués par les inconditionnels de la série télévisée qui se fichent de l’aspect carton pâte des décors et des costumes « pyjama » si les intrigues sont bien écrites et les personnages attachants. Deux caractéristiques que l’on retrouve dans ce deuxième volet, lequel n’a pas encore sombré dans l’humour facile (une tendance qui culminera avec STAR TREK IV) ou l’incapacité des acteurs à admettre leur âge (comme dans STAR TREK V).

Ici, les protagonistes ont atteints la cinquantaine, souffrent de leurs erreurs passées et cherchent un sens à leur existence, comme Kirk qui, après trop d’années passées sur Terre, rêve de repartir dans l’espace, là où nul homme n’est précédemment allé. L’alchimie entre Kirk et Spock est d’ailleurs palpable et a rarement aussi bien fonctionné, surtout lorsque la logique du Vulcain aboutit à son sacrifice personnel puisque le « bien commun l’emporte sur celui d’un petit groupe ».

Toutefois, l’aspect plus intimiste de l’aventure n’empêche pas quelques belles séquences spatiales, une nouvelle fois confiées aux spécialistes d’Industrial Light and Magic. STAR TREK 2 gère ainsi, très intelligemment, les différents niveaux de son intrigue, des plus intimes (les relations entre différents personnages coincés dans une sorte de « mid-life crisis ») aux plus spectaculaires, avec batailles spatiales, terraformation et création d’un nouveau monde suite à l’effet Genesis. D’où une fin ouverte qui permit à Leonard Nimoy d’enchainer rapidement sur son propre STAR TREK 3 : A LA RECHERCHE DE SPOCK.

Servi par un scénario intéressant, des interprètes au meilleur de leur forme, un vilain charismatique incarné par le cabotin mais excellent Ricardo Montalban, des effets spéciaux de grande qualité et une mise en scène inspirée, STAR TREK 2 aligne les morceaux de bravoures et les scènes devenues cultes (comme le fameux test du Kobayachi Maru) et s’impose comme un des meilleurs avatars cinématographiques de la saga.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2014