STAR TREK IV: RETOUR SUR TERRE
Titre: Star Trek IV: The Voyage Home
Réalisateur: Leonard Nimoy
Interprètes: William Shatner

 

Leonard Nimoy
DeForest Kelley
James Doohan
George Takei
Walter Koenig
Nichelle Nichols
Année: 1986
Genre: Science-fiction / Comédie
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1986, STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE fut le plus gros succès cinématographique de la franchise (du moins jusqu’au reboot de J.J. Abrams) et reste également un des plus appréciés des fans. Même des critiques réputés comme le fameux Rogert Ebert en vanta les mérites (« le meilleur et le plus amusant de la série ») et lui décerna trois étoiles et demie (sur un maximum de quatre). Pourtant, il s’agit d’une vraie déception et d’une médiocre conclusion au long arc narratif débuté par STAR TREK II : LA COLERE DE KHAN et poursuivit par STAR TREK III : A LA RECHERCHE DE SPOCK.

Après les événements liés à la création de la planète Genesis, l’équipage de l’Entreprise décide de rentrer sur Terre pour affronter les conséquences de leurs actions. A bord d’un oiseau de proie Klingon capturé et rebaptisé « Le Bounty », l’Amiral Kirk et ses amis quittent Vulcain. Pendant ce temps, une nouvelle menace risque de détruire la Terre : une sphère spatiale émet un message et s’attend à une réponse. N’en obtenant pas, le mystérieux visiteur s’apprête à anéantir notre planète. Spock découvre finalement que la sphère ne s’adresse pas aux humains mais aux baleines, une espère hélas éteinte depuis le début du vingt et unième siècle. Le seul espoir de la Terre réside dans Kirk et son équipage qui décident de remonter le temps afin de ramener un spécimen de cet animal disparu. L’équipe atterrit à San Francisco, en 1986, tandis que le centre océanographique s’apprête à relâcher, faute de budget, deux baleines, au grand désespoir de la biologiste Taylor, d’ailleurs rapidement conquise par les belles manières de l’Amiral Kirk.

Pour ce quatrième volet, Leonard Nimoy revient à la mise en scène après le sympathique STAR TREK III : A LA RECHERCHE DE SPOCK qui voyait son personnage fétiche ramener à la vie suite à son exposition à l’effet Genesis. Après trois épisodes sérieux, voire dramatiques, le cinéaste oriente STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE vers une direction nettement plus légère, peut-être initiée par le succès, l’année précédente, de RETOUR VERS LE FUTUR qui avait popularisé le thème du voyage dans le temps auprès d’un plus large public. Malheureusement, cela ne fonctionne pas vraiment dans le cas de la franchise « Star Trek ».

Vingt ans après le début de la série télévisée originelle et alors que l’univers Star trek s’apprêtait à revenir sur les petits écrans via l’excellent « Star Trek The Next Generation », ce quatrième long-métrage ne prend aucun risque et se contente d’offrir aux fans ce qu’ils demandent. Soit une série de saynètes reliées entre elles par une intrigue cornichonne qui met en valeur chacun des membres de l’équipage.

Bien sûr, Kirk et Spock ont droit au temps de présence le plus important, le premier draguant une biologiste tandis que le second se balade dans les rues californienne affublé d’une tenue très baba cool. Totalement orienté vers la comédie, STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE ne vieillit donc pas très bien, certains gags étant, trois décennies après son tournage, déjà fort datés (les références aux années ’80 par exemple) tandis que le message écologique, lourdement asséné, peine à convaincre.

Toutefois, certains passages restent amusants : les tentatives de Spock de truffer son langage châtié d’insanité « vintage », l’incompréhension de Scotty devant un ordinateur qui refuse de répondre à ses commandes vocales, les comparaisons de McCoy entre la médecine du vingtième siècle et l’Inquisition Espagnole, les déambulations de Spock dans une tenue digne d’un hippie attardé (« il a pris trop de « LDS », sa mémoire flanche » explique erronément Kirk),…Tout cela annonce, certes, les pitreries de VISITEURS et relève davantage du comique de boulevard que de l’esprit « Star Trek » mais, avec un peu d’indulgence, le spectateur peut néanmoins s’en amuser.

Les aspects science-fictionnels habituels de la saga, souvent réalistes si ce n’est proche de la hard science (qui enchantent les amateurs et désespèrent les adeptes du « sense of wonder ») sont, pour leur part, reléguer à la portion congrue. Si le premier STAR TREK donnait une véritable identité à la menace extraterrestre, celle-ci se limite, ici, à une sphère menaçante qui disparait après avoir reçu un salut de la part d’un couple de baleines. Frustrant ! Comment et pourquoi sont, par conséquent, deux mots à éviter dans cet épisode qui traite également la question du voyage dans le temps et des paradoxes temporels par-dessus la jambe : une simple excursion en hyper espace autour du soleil permet de remonter trois siècle en arrière. Il suffisait d’y penser (quoique Superman ait déjà, précédemment, utilisé un tour similaire pour inverser le flux temporel et sauver sa fiancée).

Le film, sans doute pour rassurer les aficionados, revient en outre aux fondamentaux de la série, malmené depuis STAR TREK LE FILM. Les premiers épisodes avaient, en effet, introduits divers changements plus ou moins convaincants (la mort de Spock, la destruction de l’Entreprise, la promotion de Kirk a un rôle moins actif d’Amiral, l’apparition de personnages secondaires qui firent une timide percée au sein du « canon » de la saga, etc.) et STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE balaye tout cela d’un revers de la main. D’où une scène, certes réussie et émouvante, à la fin du long-métrage qui voit Kirk, dégradé et redevenu simple capitaine suite à son insubordination, prendre les commande d’un nouvel Enterprise flambant neuf.

Prêt à aller, encore une fois, « droit devant, là où nul homme n’a jamais été ». Rassurant, amusant mais jamais innovant ou passionnant, STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE constitue la première grosse faute de goût d’une saga qui, malheureusement, s’enfonça encore davantage dans la médiocrité avec le piteux STAR TREK V : ULTIME FRONTIERE.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2014