STEEL TRAP
Titre: Steel Trap
Réalisateur: Luis Cámara
Interprètes: Georgia MacKenzie

 

Mark Wilson
Pascal Langdale
Julia Ballard
Joanna Bobin
Annabelle Wallis
 
Année: 2007
Genre: Slasher / Thriller / Epouvante
Pays: Allemagne
Editeur  
Critique:

Précédé d’une réputation correcte, STEEL TRAP est un petit slasher en provenance d’Allemagne mis en scène par un cinéaste espagnol signant là un premier long-métrage influencé par les métrages américains et italiens des décennies précédentes.

Question originalité, STEEL TRAP ne cherche pas le moins du monde à innover et ce manque d’innovation se révèle rapidement assez pénible. Le produit s’applique, en effet, à reproduire les recettes des thrillers horrifiques américains récents en les saupoudrant d’une pincée de giallo hérité des seventies.

Tout commence un soir de Saint Sylvestre, dans un immeuble où, au dernier étage, une fête bât son plein. Pourtant l’ambiance ne semble guère au rendez-vous et la soirée se traîne après les bons vœux d’usage. Peu après minuit, une demi-douzaine de personnes reçoive un message sur leur portable les enjoignant de se rendre au 27ème étage, où se déroule une autre soirée, plus privée et branchée.

Sitôt arrivé les invités constatent que l’endroit est désert mais qu’ils sont apparemment attendus : des petits cartons les affublant de surnoms peu amicaux (« sans cœur », « fourbe », « perdante », « porc »,…) sont disposés sur une table. Prenant d’abord la situation avec humour, nos jeunes gens décident de suivre les instructions laissées par leur mystérieux maître de cérémonie et participent à un jeu de piste qui va rapidement se révéler mortel.

STEEL TRAP utilise un scénario d’une rare banalité qui s’inspire fortement de nombreuses productions antérieures bien connues. L’ambiance oppressante et les pièces truffées de pièges mortels rappellent CUBE, les quelques moments saignants s’inspirent de SAW et la majorité des situations semblent provenir d’un quelconque slasher des années 80, ou même du plus récent (et nettement plus enthousiasmant) KOLOBOS. Au niveau du look du tueur, tout de noir et de cuir vêtu, l’arme blanche à la main, on pense évidemment au giallo et le cinéaste Luis Camara essaie d’ailleurs à plusieurs reprises de se rapprocher de ses modèles italiens, sans vraiment y parvenir avouons le. Enfin, si on tient à donner à ce produit des références plus littéraires il est évident que le cinéaste ne se gêne pas non plus pour piquer quelques idées au roman « Les Dix Petits Nègres ».

STEEL TRAP utilise du convenu et du déjà vu, le scénario tentant de tenir le spectateur en haleine en brouillant les pistes quant à l’identité du meurtrier. Une des rares bonnes idées, la seule un tant soit peu novatrice, consiste d’ailleurs à laisser vivre certaines personnes après leur rencontre avec le tueur, suggérant qu’il pourrait y avoir une taupe parmi les victimes potentielles. Dommage que Luis Camara ne creuse pas davantage ce climat paranoïaque et préfère user d’un twist final tellement éculé qu’il fera soupirer de dépit le spectateur le moins exigeant.

Au niveau des personnages, rien à signaler sauf que nos « morts en sursis » sont un peu plus âgés que de coutume. Exit les adolescents obsédés, place à des trentenaires guère plus intelligents. Le petit groupe comprend classiquement une présentatrice télé, un avocat, une rock star, un couple en crise et l’inévitable salope autoproclamée qui se tape l’incruste et ne tarde pas à le regretter. Les acteurs, pas très aidés par des dialogues d’une rare stupidité (« on se croirait dans un vagin » annonce un des personnages et une femme réplique subtilement « pas mon vagin en tout cas ! ») mais involontairement drôles, font ce qu’ils peuvent mais ne sauvent guère les meubles.

Si le scénario est affligeant de banalité et les personnages sans consistance, ne parlons même pas des meurtres qui sont d’une sobriété malvenue pour un métrage de ce type. En dépit d’une certaine originalité dans les mises à mort le sang ne coule pratiquement pas durant toute la projection et les rares passages plus « corsés » se déroulent quasiment entièrement hors champ. Frustrant, d’autant que STEEL TRAP se montre tout aussi avare en érotisme et ne renoue jamais avec le mélange de sexe et de sang des meilleurs slashers d’antan.

Seule la réalisation de Luis Camara parvient à élever le métrage au niveau d’un honnête produit de série : utilisant à bon escient le décor, la caméra déambule dans les couloirs obscurs et crée une certaine atmosphère angoissante, bien servie par la photographie de qualité qui tranche avec celle, routinière, des petits direct- to-DVD récents. STEEL TRAP n’est donc ni honteux ni grandiose : prévisible et sans génie, il se contente de donner au spectateur le minimum syndical en matière de frissons et de mener plus ou moins adroitement son script prévisible jusqu’à une conclusion attendue.

Mais pour les inconditionnels du slasher, l’ensemble n’est pas trop désagréable pour autant et se laisse voir d’un œil distrait. Toutefois il n’y a pas de quoi susciter l’enthousiasme, loin de là !

Fred Pizzoferrato - Novembre 2008