SURVIVAL OF THE DEAD
Titre: Survival of the Dead
Réalisateur: George A. Romero
Interprètes: Alan Van Sprang

 

Kenneth Welsh
Kathleen Munroe
Richard Fitzpatrick
Devon Bostick
Athena Karkanis
 
Année: 2009
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Saga majeure de l’épouvante moderne débutée en 1968 par LA NUIT DES MORTS VIVANTS, véritable pierre blanche de l’histoire du fantastique, la série dite des « morts vivants » se poursuivit en 1978 avec ZOMBIE. Ce second film fut à son tour une date charnière, d’une importance capitale pour l’horreur, puisqu’il généra une longue série de décalques, imitations et séquelles non officielles.

Au fil des années, nous vîmes ainsi débarquer sur les écrans (et plus tard sur les étagères de vidéo clubs) L’ENFER DES ZOMBIES, ZOMBIE 3, ZOMBIE IV - AFTER DEATH, etc. avant un très réussi remake signé Zack Snyder en 2004. Pour sa part, LA NUIT DES MORTS VIVANTS engendra elle aussi une descendance plus ou moins légitime (LE RETOUR DES MORTS VIVANTS et ses 4 suites mais aussi CHILDREN OF THE DEAD et FLESHEATERS), sans oublier deux remakes, le premier signé Tom Savini en 1990 et le second tourné en 3D en 2006 (NIGHT OF THE LIVING DEAD 3D). George A. Romero, de son côté, nous offrit en 1985 l’excellent JOUR DES MORTS VIVANTS, lequel connut à son tour une supposée séquelle (LE JOUR DES MORTS VIVANTS 2 : CONTAGION en 2005) et un remake sans grand retentissement commis par le has been Steve Miner en 2008.

Malgré son statut de réalisateur phare de l’horreur, George A. Romero vit malheureusement la plupart de ses projets extérieurs à la saga des morts vivants rester à l’état de synopsis au cours des années ’90, une décennie très noire pour le cinéaste qui parvint seulement à terminer LA PART DES TENEBRES, adaptation correcte mais décevante du roman homonyme de Stephen King sortie en 1993. L’échec sans appel de BRUISER en 2000 conduisit finalement Romero à revenir à ses premières amours, trop longtemps délaissées aux yeux des fans, via l’efficace et très carré LAND OF THE DEAD en 2005. Quoiqu’ayant atteint l’âge de la retraite (il est né en 1940), papy Romero semblait pourtant décidé à poursuivre sa saga, sans doute conscient que seuls ses métrages de zombies pouvaient encore intéresser les investisseurs.

LAND OF THE DEAD ayant mis un terme à cette première tétralogie, le cinéaste se lança, en 2007, dans une nouvelle saga dérivée censée raconter les événements de manière différente. Adoptant un style très expérimental et optant pour une réalisation à la première personne donnant à l’ensemble un aspect très document brut destiné à un site comme « youtube », DIARY OF THE DEAD divisa largement les fans. SURVIVAL OF THE DEAD, sans atteindre la qualité des trois premiers longs métrages de la saga, saura donc se montrer rassurant à défaut d’innovant.

Nous suivons donc une petite troupe de soldats à la recherche d’un lieu tranquille où s’établir alors que les morts marchent parmi les vivants depuis quelques semaines. Ils arrivent finalement à Plum Island, une petite île tranquille sur laquelle deux familles s’opposent depuis des générations. L’épidémie « zombies » leur donne un nouveau motif de querelles avec d’un côté les Muldoons qui désirent garder les morts en captivité dans l’espoir de les guérir un jour et de l’autre les O’Flynn, partisan d’une extermination massive. Au milieu, l’officier Sarge Crockett (joué par Alan Van Sprang reprenant un rôle mineur qu’il tenait déjà dans DIARY OF THE DEAD) et ses hommes tentent de survivre face aux morts vivants…Une situation pas vraiment éloignée de celle du JOUR DES MORTS VIVANTS dans lequel les premières tentatives de domestiquer les zombies furent présentées…et de manière plus convaincantes.

Première bonne surprise, le cinéaste abandonne le montage haché et l’image « camescope » au profit d’une mise en scène beaucoup plus traditionnelle en beau scope. Mauvaise surprise, par contre, Romero filme son SURVIVAL OF THE DEAD à la manière d’un téléfilm plan plan, proposant un spectacle très mou et sans passion. Vouloir se concentrer sur les personnages au détriment de l’action n’est certes pas une mauvaise idée mais le cinéaste aligne malheureusement les clichés, de l’adolescent courageux au militaire latin lover en passant par la lesbienne soldate et la jeune demoiselle révélant avoir une jumelle morte vivante ! L’intrigue, elle, reprend les éléments bien connus et confronte deux conceptions de la réaction à donner au réveil des zombies : l’élimination radicale et la tentative d’apprivoisement.

SURVIVAL OF THE DEAD déroule un scénario très classique s’apparentant souvent à un western, Romero délaissant presque totalement la critique sociopolitique de ses précédents essais au profit d’un divertissement nettement plus porté sur l’humour noir. Cependant, le cinéaste reste fidèle à sa méthode en s’intéressant essentiellement aux différents protagonistes, les zombies n’étant présent que comme une sorte d’ennemi indéfini exacerbant les rivalités entre les humains. SURVIVAL OF THE DEAD présente d’ailleurs les morts vivants de manière plutôt humoristique, multipliant les séquences saugrenues (celle de la pêche au zombie est assez…bizarre !) et les manières originales d’éliminer les créatures. L’aspect effrayant de la situation s’en trouve pratiquement occulté, à l’exception de quelques considérations sur la difficulté à renvoyer ses proches dans les limbes après leur résurrection.

Sans être un mauvais film, SURVIVAL OF THE DEAD ne peut surement pas prétendre concurrencer les vrais classiques que furent LA NUIT DES MORTS VIVANTS, ZOMBIES et LE JOUR DES MORTS VIVANTS. Modeste production sans beaucoup d’ambitions et plombée par des dialogues pas toujours convaincants, le métrage de Romero s’apprécie essentiellement comme une petite série B relativement efficace et suffisamment courte (à peine 90 minutes) pour ne pas lasser le spectateur. Cela dit on était en droit d’espérer un métrage plus réussi de la part de Romero qui, ici, ne s’élève jamais au-dessus d’une honnête moyenne. Bref, SURVIVAL OF THE DEAD se regarde gentiment mais s’oublie aussitôt.

 

Fred Pizzoferrato - Avril 2010